Analyse du blocus du détroit d’Ormuz : actions de l’Iran, flambée des prix du pétrole et répercussions sur les marchés

Marchés
Mis à jour: 2026-03-13 08:05

Le 12 mars 2026, le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a prononcé sa première déclaration publique depuis son entrée en fonction, affirmant que le détroit d’Ormuz « doit rester fermé » et promettant de continuer à utiliser cet atout stratégique contre ses adversaires. Peu après, le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution islamique a confirmé que les forces maintiendraient le blocus. Cette position a immédiatement provoqué une onde de choc sur les marchés mondiaux de l’énergie, faisant bondir les prix internationaux du pétrole. Les contrats à terme sur le Brent ont clôturé au-dessus des 100 dollars le baril pour la Comté depuis août 2022.

À la clôture du 12 mars, les contrats à terme WTI avril du NYMEX ont grimpé de 9,72 % à 95,73 dollars le baril, tandis que les contrats Brent mai ont progressé de 9,22 % à 100,46 dollars le baril. Selon les données de la plateforme Gate, le Brent (XBRUSDT) s’est échangé pour creux à 100,41 dollars, en hausse de 0,05 % sur 24 heures ; le WTI (XTIUSDT) était coté à 95,44 dollars, en progression de 0,63 % sur la même période.

Des actions américano-israéliennes au franchissement des 100 $ : retour sur despéripéties

Le détroit d’Ormuz, situé entre Oman et l’Iran, constitue le principal point de passage mondial pour le transit du pétrole. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), environ 20 millions de barils de pétrole brut et de produits pétroliers traversent quotidiennement le détroit, soit près de 20 % de la consommation mondiale. Les principales étapes de ce blocus sont les suivantes :

  • Début mars : Les actions militaires américaines et israéliennes contre l’Iran font monter la tension au Moyen-Orient, propulsant les prix internationaux du pétrole d’environ 70 dollars le baril à près de 120 dollars en quelques jours.
  • 11 mars : L’AIE annonce que ses 32 pays membres ont convenu de libérer 400 millions de barils de réserves stratégiques. Le Département américain de l’Énergie annonce simultanément la mise sur le marché de 172 millions de barils pour pallier les pénuries.
  • 12 mars : Le nouveau Guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, publie sa première déclaration et affirme que le détroit d’Ormuz « doit rester fermé », la marine des Gardiens de la Révolution confirmant le blocus. Le même jour, deux pétroliers irakiens sont attaqués, poussant la société des ports irakiens à suspendre l’activité de tous les terminaux pétroliers nationaux.
  • Soirée du 12 mars : Nouvelle flambée des prix, le Brent franchit les 100 dollars le baril et le WTI atteint 97,19 dollars.

Perturbation de l’offre et formation des prix : analyse des données

Ampleur de la perturbation de l’offre et formation des prix

L’Agence internationale de l’énergie a indiqué dans son rapport du 12 mars que la perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a contraint les pays du Golfe à réduire leur production de brut d’au moins 10 millions de barils par jour — la plus grave interruption d’approvisionnement de l’histoire du marché pétrolier mondial. Le rapport précise également que plus de 3 millions de barils/jour de capacité de raffinage régionale ont été arrêtés, en raison des attaques et du manque de routes d’exportation viables.

Du point de vue de la formation des prix, la volatilité actuelle du pétrole s’articule autour de trois dimensions :

Fourchette de prix Logique de tarification Facteurs moteurs
80 $ - 90 $ Prime de risque de guerre Incertitude liée au conflit géopolitique, qui se résorbe rapidement si les tensions s’apaisent
90 $ - 110 $ Prix de la perturbation de l’offre Tarification basée sur l’interruption effective de l’offre ; un blocus prolongé ancre cette fourchette
110 $ - 120 $+ Tarification financière du pétrole Revalorisation mondiale des actifs pétroliers dans un contexte géopolitique bouleversé

Performances sur la plateforme Gate

Au 13 mars 2026, les données du marché de l’énergie sur Gate sont les suivantes :

Produit Dernier cours (USD) Variation 24h Volume 24h
Brent (XBRUSDT) 100,41 +0,05 % 11 374 100
WTI (XTIUSDT) 95,44 +0,63 % 17 362 700
Gaz naturel (NGUSDT) 3,237 -1,55 % 805 800

Haussiers vs baissiers : perspectives et controverses

Points de vue dominants

Agences officielles et AIE : Le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, a déclaré que le marché mondial de l’énergie se trouve à un « tournant critique ». Le rapport de l’AIE souligne que si les réserves d’urgence offrent un certain amortisseur, la stabilité à long terme dépend de la comté du conflit et de la rapidité de la réouverture des voies maritimes.

Analystes de banques d’investissement : Goldman Sachs prévoit un Brent moyen à 98 dollars le baril pour mars et avril, soit une hausse de 40 % par rapport à la moyenne de 2025. Le responsable de la recherche macroéconomique chez Deutsche Bank note que, sans signe clair d’apaisement, les prix resteront élevés, accroissant le risque de chocs de stagflation généralisée.

Instituts de recherche sectoriels : Zhong Jian, analyste principal à l advanced 52HZ Shipping Research Institute, estime que le marché a avant tout besoin d’un flux quotidien de brut stable et prévisible, et non d’une injection ponctuelle de réserves. Les « transfusions d’inventaire » ne résolvent pas le problème structurel du blocus du détroit d’Ormuz.

Points de controverse

Sur la capacité et la volonté d’escorte américaines : La secrétaire américaine à l che l’Énergie, Mme Wright, a déclaré le 12 mars que les États-Unis « ne sont pas encore prêts » à escorter les pétroliers dans le détroit d’Ormuz, mais qu’il est « très probable » qu’ils y parviennent d’ici la fin du mois. Cette déclaration laisse planer une forte incertitude.

Sur l’application du blocus par l’Iran : Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, M. Ravanchi, a affirmé que l’Iran autorise le passage de navires de certains pays, mais refuse le « droit de passage sécurisé » à ceux impliqués dans des actions hostiles, tout en niant avoir miné le détroit. Cela suggère un blocus sélectif plutôt qu’absolu.

Sur le passage des pétroliers indiens : Des sources indiennes affirment que l’Iran autoriserait les navires battant pavillon indien à transiter, mais les diplomates iraniens démentent tout accord, révélant des informations contradictoires.

Blocus sélectif et paradoxe des réserves stratégiques : faits et idées reçues

Le degré réel du blocus

La situation actuelle du détroit d’Ormuz n’est pas celle d’une fermeture totale. Plusieurs sources indiquent que le blocus est « appliqué de manière sélective » — l’Iran cible uniquement les pays impliqués dans des actions hostiles et nie avoir posé des mines. Cela montre que Téhéran adopte une ligne dure tout en laissant une marge de manœuvre à certains États (comme l’Inde) pour ne pas couper totalement sa propre manne économique, les exportations de pétrole restant vitales pour l’économie iranienne.

Le paradoxe de la libération des réserves stratégiques

La libération record de 400 millions de barils par l’AIE n’a pas apaisé les prix : ceux-ci ont au contraire grimpé après l’annonce. L’explication centrale de cette anomalie réside dans le fait que le marché s’est détourné de la logique des « stocks totaux » pour privilégier celle du « flux quotidien ». Les réserves stratégiques constituent un matelas de sécurité, mais la perturbation du détroit d’Ormuz prive le marché d’un flux quotidien de 20 millions de barils. Ce décalage renforce la prime de risque liée à l’interruption de l’offre.

Intégration des marchés crypto et des logiques macroéconomiques

L’émergence du trading de pétrole brut on-chain marque une nouvelle étape dans la convergence des marchés crypto et des actifs macro traditionnels. Les contrats pétroliers tokenisés sur la plateforme Hyperliquid enregistrent une hausse des volumes et des prises de positions à effet de levier par de grands investisseurs, illustrant l’attrait du trading 24/7 des dérivés DeFi pour les traders macro traditionnels. Toutefois, cela introduit de nouveaux risques : en cas de retournement brutal des prix ou de défaillance des oracles, les positions à fort effet de levier pourraient déclencher des crises de liquidité.

Chaîne de transmission entre énergie et marchés crypto

Impact sur la chaîne d’approvisionnement énergétique traditionnelle

Amont : Pétrole, gaz, PX et produits dérivés affichent un taux de répercussion des coûts élevé, quasi intégral.

Transformation intermédiaire : Les secteurs du polyester, du caoutchouc synthétique et assimilés présentent un taux de répercussion plus faible, les entreprises absorbant une partie des coûts en comprimant leurs marges.

Aval : Les secteurs du textile, de l’électroménager et de l’automobile peinent à répercuter la hausse des coûts en raison d’une demande finale faible, ce qui réduit la transmission des hausses.

Si le pétrole reste au-dessus de 100 dollars le baril pendant plus d’un mois, de nombreuses PME pourraient réduire ou arrêter leur production, forçant un rééquilibrage offre-demande dans toute la filière.

Voies de transmission vers le marché crypto

Transmission directe : Intensification du trading de matières premières tokenisées. Les contrats pétroliers on-chain deviennent un nouveau foyer spéculatif, détournant une partie des capitaux des crypto-actifs purs vers les actifs macro.

Transmission indirecte : Les anticipations de stagflation influencent le pricing des actifs risqués. Si la hausse durable du pétrole fait craindre une stagflation mondiale, les crypto-actifs — en tant qu’actifs risqués — pourraient subir une contraction des flux macro.

Impact structurel : Montée en gamme des plateformes de dérivés DeFi. Des plateformes comme Hyperliquid démontrent leur capacité à absorber la volatilité des actifs traditionnels, ce qui pourrait accélérer la tokenisation d’autres classes d’actifs.

Trois scénarios possibles : conflit, enlisement, détente

Scénario 1 : Détente à court terme

Si les États-Unis et l’Iran parviennent à un compromis temporaire via des canaux tiers, l’Iran pourrait autoriser le passage de pétroliers de certains pays, rouvrant partiellement le détroit d’Ormuz. Les prix du pétrole pourraient alors perdre rapidement leur « prime de perturbation de l’offre » et retomber entre 85 et 90 dollars. Les positions longues on-chain sur le brut seraient alors exposées à un risque de liquidation, et les positions à fort effet de levier à des appels de marge en cascade.

Scénario 2 : Enlisement prolongé

Si le blocus dure de 1 à 3 mois, les pays du Golfe continuent de réduire leur production de 10 millions de pipeline/jour, et le pétrole s’installe sur une nouvelle plateforme entre 95 et 110 dollars. Les pressions sur les coûts se répercutent sur la chaîne de valeur, et le risque de stagflation mondiale s’accentue. Côté crypto, les hedge funds macro poursuivent leurs flux vers les matières premières tokenisées, mais les actifs crypto traditionnels pourraient être pénalisés par l’aversion au risque.

Scénario 3 : Escalade du conflit

Si les combats s’étendent aux principaux producteurs du Moyen-Orient, que l’Iran élargit son blocus ou frappe directement des bases américaines, le pétrole pourrait franchir les 120 dollars et entrer dans la zone de la « tarification financière ». Le risque de récession mondiale serait alors accru. Les marchés crypto connaîtraient une volatilité extrême : un mouvement de fuite vers la sécurité pourrait profiter à Bitcoin à court terme, mais les risques de liquidité domineraient à moyen terme.

Conclusion

La posture intransigeante du nouveau Guide suprême iranien sur le détroit d’Ormuz replace le risque géopolitique au cœur des marchés mondiaux de l’énergie. Le déficit quotidien de 10 millions de barils contraste fortement avec la libération record de réserves stratégiques, alors que les marchés intègrent le scénario d’une « perturbation durable de l’offre ». Pour les marchés crypto, cet épisode constitue non seulement un nouveau test macro, mais aussi le signe d’un couplage croissant entre les dérivés on-chain et la logique de valorisation des actifs traditionnels. Entre faits et spéculations, face à la volatilité du pétrole sous toutes ses dimensions, les acteurs de marché doivent rester vigilants : la fermeture du détroit d’Ormuz redessine la jonction entre énergie, finance et actifs numériques.

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