Miller et Horsford ont présenté le « Digital Asset Parity Act », un projet de loi qui prévoit une exonération d’impôt sur les plus-values pour les transactions de stablecoins éligibles.
Selon le texte, les transactions de stablecoins d’une valeur inférieure à 200 $ ne seraient plus soumises à l’impôt sur les plus-values. Cette disposition de « safe harbor » s’applique exclusivement aux stablecoins réglementés indexés sur le dollar et n’inclut pas les autres cryptomonnaies telles que Bitcoin ou Ethereum.
Le projet de loi propose également un compromis concernant le traitement fiscal des récompenses issues du staking et du minage, permettant aux contribuables de différer l’imposition correspondante pendant cinq ans.
01 Contexte législatif
Les représentants américains Max Miller et Steven Horsford élaborent un cadre fiscal pour les cryptomonnaies intitulé « Digital Asset Parity Act ». Les deux parlementaires siègent au sein du House Ways and Means Committee, chargé de la législation fiscale aux États-Unis.
Ce projet vise à répondre à l’incertitude fiscale persistante dans le secteur crypto, en cherchant à aligner la fiscalité des actifs numériques sur celle des valeurs mobilières traditionnelles.
Les législateurs commencent par les stablecoins, en partie parce que le Congrès a déjà adopté des textes pour les encadrer. Le projet tente de trouver un équilibre entre le système fiscal existant et l’évolution de l’industrie crypto.
02 Dispositif de safe harbor pour les stablecoins
Selon le nouveau projet, les transactions impliquant des stablecoins réglementés indexés sur le dollar, d’une valeur inférieure à 200 $, seraient exemptées d’impôt sur les plus-values.
Pour bénéficier de cette exonération, les stablecoins doivent répondre à des critères stricts : être émis par des entités agréées conformément au GENIUS Act, être entièrement garantis par des dollars américains et maintenir un prix compris dans une fourchette de 1 $ ±1 % pendant au moins 95 % des jours de cotation des douze derniers mois.
Ce « safe harbor » ne concerne que les paiements courants des consommateurs, à l’exclusion des transactions entre courtiers ou négociants, et ne s’applique pas aux autres cryptomonnaies.
Les législateurs envisagent également de fixer un plafond annuel global afin d’éviter que la mesure ne soit utilisée à des fins d’optimisation fiscale plutôt que pour faciliter les dépenses quotidiennes.
03 Compromis fiscal sur les récompenses de staking
Les dispositions du projet concernant les récompenses de staking et de minage constituent un compromis clé. À ce jour, selon les directives de l’IRS publiées sous l’administration Biden, ces récompenses sont imposées comme des revenus dès leur réception.
La sénatrice Cynthia Lummis a proposé une approche alternative, suggérant que l’imposition n’intervienne qu’au moment de la vente.
Le nouveau texte propose une voie intermédiaire : il permet aux contribuables de différer l’imposition des récompenses de staking et de minage pendant cinq ans. Au terme de cette période, ces récompenses seraient imposées comme des revenus ordinaires sur la base de leur valeur de marché.
Le projet qualifie cette mesure de « compromis nécessaire entre l’imposition immédiate et le report total jusqu’à la cession ».
04 Autres dispositions clés
Au-delà du traitement fiscal des stablecoins et des récompenses de staking, le « Digital Asset Parity Act » comporte plusieurs autres régulations importantes :
Les cryptomonnaies seraient soumises aux mêmes règles fiscales que les valeurs mobilières, notamment la « règle de vente fictive » (« wash sale rule »), qui empêche les investisseurs de déduire fiscalement des pertes en vendant un actif à perte puis en le rachetant immédiatement.
Les traders professionnels pourraient utiliser la comptabilité « mark-to-market », qui impose aux contribuables de reconnaître chaque année les gains et pertes latents sur la base de la valeur de marché de leurs titres.
Pour les dons caritatifs en actifs numériques dépassant 1 milliard de dollars de valeur de marché, le projet prévoit de supprimer l’exigence d’expertise qualifiée. Il précise également que le staking passif au niveau du protocole par les fonds d’investissement ne constitue pas une activité commerciale.
05 Impact sur le marché crypto
Si ce cadre fiscal était adopté, il pourrait transformer la manière dont les cryptomonnaies sont imposées. Pour les stablecoins, l’exonération sur les petites transactions pourrait favoriser leur utilisation pour les paiements du quotidien, en particulier pour les montants inférieurs à 200 $.
Pour les participants au staking, le report d’imposition sur cinq ans offre une plus grande flexibilité. Ils peuvent ainsi planifier leurs obligations fiscales sur une période plus longue, au lieu de faire face à une imposition immédiate l’année de la réception des récompenses.
D’après Miller, la disposition de safe harbor pour les stablecoins devrait entrer en vigueur pour les exercices fiscaux débutant après le 31 décembre 2025, tandis que les autres volets du projet pourraient avancer d’ici août 2026.
06 Recommandations pour les utilisateurs Gate
Pour les utilisateurs Gate, ce nouveau cadre fiscal aura un impact direct sur les stratégies de trading et de staking. Il convient de noter que les transactions de stablecoins inférieures à 200 $ pourraient bénéficier d’une exonération fiscale, ce qui pourrait modifier la gestion des petits paiements et transferts.
Les utilisateurs impliqués dans le staking devraient envisager comment tirer parti de l’option de report d’imposition sur cinq ans. Cela signifie que les récompenses de staking ne déclencheront pas d’imposition immédiate à la réception, mais seront imposées cinq ans plus tard.
Les utilisateurs Gate doivent continuer à déclarer toutes les transactions crypto sur les plateformes de déclaration fiscale appropriées. Même si certaines opérations pourraient bénéficier de nouvelles exonérations, il reste essentiel de tenir des registres complets des transactions.
Il est important de rappeler qu’en vertu de la réglementation fiscale actuelle, les pertes sur les transactions crypto ne peuvent pas compenser d’autres revenus, ni être reportées sur les années suivantes. Il reste à voir si ce point évoluera avec le nouveau cadre.
Rester informé des évolutions réglementaires et adapter ses stratégies fiscales en conséquence est essentiel pour rester en conformité dans l’univers crypto.
Perspectives
Ce nouveau projet de loi envoie un signal clair : les législateurs prennent au sérieux la fiscalité des cryptomonnaies. À mesure que les politiques se précisent, les États-Unis pourraient servir de modèle à d’autres pays envisageant une législation fiscale sur les crypto-actifs.
Le représentant Miller a déclaré : « La législation fiscale américaine n’a pas suivi le rythme de l’évolution des technologies financières modernes. Cette initiative bipartite apportera clarté, cohérence, équité et des règles de bon sens à la fiscalité des actifs numériques. »
Les experts de la fiscalité crypto s’accordent généralement sur le fait que la clarté des règles fiscales est essentielle à la croissance du secteur. Des règles précises peuvent réduire les coûts de conformité et attirer davantage d’investisseurs traditionnels.
Alors que les cryptomonnaies s’intègrent de plus en plus au système financier traditionnel, la standardisation et la rationalisation du traitement fiscal deviennent inévitables. Les utilisateurs individuels comme les acteurs institutionnels doivent se préparer à ces évolutions.


