Le Fonds monétaire international (FMI) a récemment publié une déclaration confirmant que le gouvernement salvadorien s’est engagé, au niveau des politiques publiques, à ne plus augmenter activement ses avoirs en Bitcoin et poursuit la mise en œuvre de son plan de retrait progressif du portefeuille Chivo.
Les négociations concernant la cession du portefeuille gouvernemental Chivo ont enregistré des « avancées significatives ». Selon les exigences du FMI, le Salvador devra s’y conformer pleinement d’ici la fin de l’année 2025 au plus tard.
01 Avancement de l’accord
Le 23 décembre, le FMI a publié sa dernière déclaration, confirmant que les discussions avec le Salvador sur l’avenir du portefeuille Bitcoin géré par l’État, Chivo, ont connu des « avancées significatives ».
Le cœur de ces discussions porte sur la cession ou le retrait progressif du portefeuille Chivo, dans le cadre de la deuxième revue de l’accord de facilité de crédit élargie de 1,4 milliard de dollars conclu entre le Salvador et le FMI.
Le FMI a souligné que le gouvernement salvadorien s’est engagé, au niveau des politiques publiques, à ne plus acquérir activement de Bitcoin. Cela signifie qu’au moins sur le plan officiel, le Salvador s’engage à limiter les activités du secteur public sur le marché du Bitcoin.
Cette évolution marque une étape importante dans les longues négociations entre le FMI et le Salvador. Depuis l’adoption du Bitcoin comme monnaie légale en septembre 2021, le FMI a à plusieurs reprises mis en garde contre les risques financiers associés à cette politique.
02 Position du Salvador sur le Bitcoin
Malgré la pression du FMI, la position officielle du Salvador sur le Bitcoin demeure quelque peu ambivalente.
D’après les données du Bureau national du Bitcoin du Salvador, au 22 décembre, les avoirs en Bitcoin du pays atteignaient 7 509 BTC. Ce chiffre contraste fortement avec l’affirmation du FMI selon laquelle le gouvernement ne « renforcerait plus activement » ses réserves.
Au dernier cours du Bitcoin, d’environ 87 547 $, les réserves totales du Salvador en Bitcoin dépassent désormais 656 millions de dollars.
L’administration du président Nayib Bukele semble chercher un équilibre entre l’accord passé avec le FMI et la poursuite des acquisitions de Bitcoin. Bukele a déclaré publiquement : « Si nous ne nous sommes pas arrêtés lorsque le monde nous a rejetés et que la plupart des ‘utilisateurs de Bitcoin’ nous ont abandonnés, nous n’allons pas nous arrêter maintenant — et nous ne nous arrêterons pas à l’avenir. »
03 Le dilemme du portefeuille Chivo et les perspectives
Lancé en septembre 2021 comme portefeuille Bitcoin officiel du Salvador, Chivo a suscité la controverse dès son lancement.
Dans son dernier rapport d’examen, le FMI a souligné que le portefeuille Chivo a empêché le Salvador d’atteindre les objectifs de non-accumulation de Bitcoin fixés dans l’accord avec le FMI. Le rapport précise : « Les fluctuations des dépôts libellés en Bitcoin des clients de Chivo, combinées à une gestion de la liquidité qui n’a pas permis d’absorber ces variations, ont entraîné de légers manquements aux conditions. »
Les exigences du FMI sont claires : des mesures correctives doivent être prises avant toute cession envisagée de Chivo, notamment la mise en place de coussins de sécurité suffisants pour limiter les risques de non-conformité à l’avenir.
Dans le cadre de l’accord de prêt avec le FMI, le Salvador a accepté de se retirer progressivement de la gestion du portefeuille Chivo d’ici la fin juillet de cette année.
04 Les préoccupations du FMI et la réalité économique du Salvador
Les inquiétudes du FMI concernant la politique Bitcoin du Salvador portent sur plusieurs aspects clés. L’institution craint que la volatilité du cours du Bitcoin ne fasse peser des risques sur les finances publiques et a constamment plaidé pour une limitation de l’implication gouvernementale.
Dans un rapport publié en novembre, la délégation du FMI a noté que le statut de monnaie légale du Bitcoin a favorisé l’usage des crypto-actifs, y compris les obligations tokenisées, et pourrait encourager l’adoption du Bitcoin.
Dans ce contexte, les risques pour l’intégrité et la stabilité financières, la soutenabilité budgétaire et la protection des consommateurs demeurent. Le FMI estime qu’une plus grande transparence sur les transactions gouvernementales en Bitcoin et la situation financière du portefeuille étatique Chivo reste essentielle.
Néanmoins, le FMI a reconnu la bonne performance économique du Salvador, avec une croissance du PIB attendue proche de 4 %, des objectifs budgétaires respectés, des réserves en hausse et une diminution de l’endettement intérieur.
05 Répercussions sur le marché des cryptomonnaies
L’avancée des négociations entre le Salvador et le FMI, ainsi que les informations sur la possible cession du portefeuille Chivo, ont eu un impact subtil sur le marché mondial des cryptomonnaies.
Cet épisode met en lumière les défis concrets auxquels sont confrontés les États souverains dans l’adoption des cryptomonnaies, notamment lorsqu’il s’agit de coordonner avec les institutions financières traditionnelles.
Les observateurs du marché soulignent que l’expérience salvadorienne pourrait servir de référence à d’autres pays envisageant d’adopter les cryptomonnaies. D’un côté, elle démontre le potentiel d’innovation financière porté par la technologie crypto, mais elle rappelle aussi la nécessité de respecter les normes internationales et les conditions d’octroi de prêts.
Pour des plateformes comme Gate, ces évolutions fournissent des enseignements précieux. Elles montrent que, malgré la pression internationale, l’intérêt national et l’investissement dans les cryptomonnaies restent soutenus.
06 Enseignements du premier cas mondial d’adoption du Bitcoin comme monnaie légale
En tant que premier pays à avoir fait du Bitcoin une monnaie légale, les ajustements de politique du Salvador ont des répercussions majeures sur l’écosystème mondial des cryptomonnaies.
Bien que l’adoption locale soit inférieure aux attentes officielles, cette expérience a profondément influencé la manière dont d’autres nations abordent les monnaies numériques.
Le recul des politiques sous la pression du FMI pourrait servir de modèle : tirer parti de la technologie crypto pour innover financièrement, tout en respectant les normes internationales et les exigences des bailleurs de fonds.
Stacey Herbert, directrice du Bureau national du Bitcoin du Salvador, a déclaré : « Même si le portefeuille Chivo est vendu ou retiré, d’autres applications crypto du secteur privé pourront continuer à opérer localement. »
Ce changement marque un passage d’« initiatives entièrement pilotées par l’État » à un modèle « porté par le secteur privé », avec un retrait progressif de l’État.
Chronologie des avoirs en Bitcoin et des politiques au Salvador
Résumé des principales étapes et évolutions de la politique Bitcoin et des avoirs du Salvador, sur la base des données publiques :
| Date | Avoirs en Bitcoin | Principaux changements de politique |
|---|---|---|
| Sep 2021 | Achat initial | Le Bitcoin devient monnaie légale ; lancement du portefeuille Chivo |
| Fév 2025 | ~6 239 BTC | Accord de prêt de 1,4 milliard de dollars conclu avec le FMI |
| Mai 2025 | 6 190 BTC | Le FMI exige l’arrêt des achats publics de Bitcoin, fermeture de l’accès à Chivo |
| Juil 2025 | ~5 980,77 BTC | Accord sur le retrait progressif de la gestion du portefeuille Chivo |
| 22 déc. 2025 | 7 509 BTC | Le FMI confirme des « avancées significatives » dans les négociations sur la vente de Chivo |
Perspectives
Le Bureau du Bitcoin du Salvador continue de publier quotidiennement les données d’achats, indiquant que le pays détient désormais plus de 7 509 BTC.
Au cours de 87 547 dollars par Bitcoin, cet actif numérique est valorisé à plus de 656 millions de dollars, ce qui en fait une composante majeure des finances nationales.
Le bras de fer entre le Salvador et le FMI est loin d’être terminé. La tentative de ce pays d’Amérique centrale de concilier cadres financiers traditionnels et ambitions crypto constitue un cas d’étude unique pour les observateurs internationaux. À l’approche de l’échéance finale de conformité à la fin 2025, la capacité des deux parties à trouver un modèle de coexistence durable déterminera l’issue de cette expérience nationale autour du Bitcoin.


