Selon les données du marché Gate, le cours du Bitcoin a brièvement chuté à 59 980,6 $ dans la matinée du 6 février 2026, marquant ainsi la première incursion sous le seuil psychologique majeur de 60 000 $ depuis novembre 2024. Dans le même temps, le cours spot de l’argent a plongé de 14,30 % en une seule journée pour atteindre 72,59 $ l’once, soit la plus forte baisse récente. Ce mouvement de vente ne se limite pas aux cryptomonnaies : l’ensemble des actifs risqués mondiaux subit la pression d’une liquidation systématique.
Aperçu du marché
Les marchés financiers mondiaux traversent une phase de vente généralisée rarement observée. De New York à Tokyo, et sur l’ensemble des classes d’actifs, des cryptomonnaies aux métaux précieux traditionnels, les actifs risqués enregistrent des baisses importantes. Ce repli synchronisé met en lumière une réalité centrale : en période de panique, la corrélation entre différentes classes d’actifs tend à s’accentuer.
Le 5 février, l’indice Nasdaq Composite a reculé de 1,59 % pour clôturer à 22 540,59, signant sa plus longue série de pertes sur trois séances depuis avril de l’année précédente. Parallèlement, le Nikkei 225 est repassé sous les 53 000 points, en baisse de 1,57 % sur la journée, tandis que les contrats à terme sur le Korea KOSPI 200 ont même déclenché une suspension automatique des échanges après un recul de 5 %.
La dégradation du sentiment de marché ne concerne pas uniquement les actions et les cryptos. Même les métaux précieux, traditionnellement perçus comme des valeurs refuges, ont essuyé des pertes marquées. Le cours de l’or a cédé 1,89 % à 4 831,79 $ l’once, tandis que l’argent a chuté de 14,30 % à 72,59 $ l’once. Cette évolution rompt avec la logique refuge habituelle, laissant penser que le marché fait face à une crise de liquidité : les investisseurs institutionnels sont contraints de liquider tous les actifs cessibles pour couvrir des pertes ailleurs.
Turbulences sur le marché du Bitcoin et des cryptomonnaies
Le Bitcoin s’est montré particulièrement vulnérable dans ce contexte de tension. Le 6 février, le cours du Bitcoin a atteint un plus bas à 59 980,6 $, avec une baisse maximale de 9,74 % sur 24 heures. C’est la première fois depuis novembre 2024 que le Bitcoin franchit non seulement le seuil des 70 000 $, mais aussi celui des 60 000 $.
D’après les données de Gate, le prix actuel du Bitcoin s’établit à 65 057,1 $, avec une capitalisation de marché d’environ 1,56 billion de dollars et une domination du marché de 56,80 %. Sur les dernières 24 heures, le Bitcoin affiche une variation de -10,34 %, et une baisse de 11,16 % sur les sept derniers jours.
L’analyste Marion Laboure de Deutsche Bank estime que cette vague de ventes persistante traduit un désintérêt croissant des investisseurs traditionnels, le sentiment global envers les actifs crypto devenant de plus en plus baissier. James Butterfill, responsable de la recherche chez CoinShares, souligne que le seuil des 70 000 $ est devenu un « niveau psychologique clé » pour le Bitcoin. Si ce seuil est franchi de façon décisive, le prix pourrait évoluer davantage vers la zone des 60 000 à 65 000 $.
L’Ethereum subit également une forte pression, son cours étant brièvement passé sous les 1 800 $ avant de rebondir autour de 1 917,3 $. Selon les données de Gate, le volume d’échanges sur 24 heures d’Ethereum atteint 971,62 millions de dollars, pour une capitalisation de 25,32 milliards de dollars et une part de marché de 10,01 %.
Métaux précieux et corrélation avec les marchés traditionnels
Un aspect marquant de ce mouvement de vente est que même les actifs refuges traditionnels n’ont pas été épargnés. Le cours de l’or a reculé de 1,89 % à 4 831,79 $ l’once, tandis que l’argent a enregistré une chute encore plus marquée de 14,30 % à 72,59 $ l’once.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomène inhabituel. D’abord, le CME Group a relevé la marge initiale requise pour ses contrats à terme COMEX 100 or, de 8 % à 9 %, et pour les contrats COMEX 5000 argent, de 15 % à 18 %. L’augmentation des exigences de marge renchérit le coût et l’accès à ces actifs, incitant les investisseurs à réduire leur exposition.
Ensuite, l’apaisement des tensions géopolitiques — comme l’accord entre les États-Unis et l’Iran pour entamer des discussions à Oman — a réduit la demande à court terme pour les valeurs refuges. Par ailleurs, le rebond du dollar américain et des rendements obligataires accentue la pression sur les métaux précieux libellés en dollars.
Il convient également de noter que les tokens adossés aux métaux précieux ont suivi la même tendance. Les tokens argent (XAGUSDT) ont reculé de 11,15 % à 72,63 $, et les tokens or (XAUTUSDT) de 2,36 % à 4 780,4 $. Cela indique que les métaux précieux, qu’ils soient physiques ou tokenisés, subissent une pression vendeuse similaire dans l’environnement actuel.
Perspectives institutionnelles et tendances du marché
Face à la situation actuelle, les institutions livrent diverses analyses et anticipations. Le dernier rapport de Bernstein suggère que le marché crypto pourrait encore traverser une phase baissière à court terme, mais prévoit une inversion de tendance d’ici 2026 — probablement au premier semestre. Selon la société, le prix du Bitcoin pourrait toucher un point bas proche du sommet du cycle précédent (autour de 60 000 $), posant ainsi les bases d’un nouveau palier de valorisation.
Tom Lee, cofondateur de Fundstrat Global Advisors, reste globalement optimiste sur les cryptomonnaies. Il considère que, malgré les corrections à court terme (notamment le transfert de capitaux spéculatifs vers les métaux précieux), le marché haussier de long terme n’en est qu’à ses débuts. Il reconnaît toutefois que la crypto traverse actuellement une phase baissière et subit une pression importante à court terme. Lee anticipe un rebond de l’ETH après la formation d’un point bas, et estime que si le ratio ETH/BTC revient à ses sommets historiques, le cours de l’Ethereum pourrait atteindre environ 12 000 $.
Certains analystes techniques surveillent des niveaux de prix clés. Pour l’Ethereum, l’analyse de Brave New Coin identifie la zone des 2 200 à 2 000 $ comme un important support hebdomadaire qui a influencé la tendance depuis 2023. Si l’Ethereum poursuit sa baisse sous cette zone, le risque de correction s’accentuerait, avec la zone des 1 800 à 1 600 $ comme prochain support majeur.
Selon les données et analyses de Gate, la prévision moyenne du prix du Bitcoin pour 2026 s’établit à 78 559,7 $, avec des fluctuations potentielles entre un plus bas de 58 134,17 $ et un plus haut de 85 630,07 $. À l’horizon 2031, le prix du Bitcoin pourrait atteindre 210 873,2 $, soit un rendement potentiel de +108,00 % par rapport aux niveaux actuels.
Pour l’Ethereum, la prévision moyenne pour 2026 est de 2 088,27 $, avec une fourchette possible entre 1 399,14 $ et 3 007,1 $. D’ici 2031, le prix de l’Ethereum pourrait grimper à 7 074,38 $, offrant un rendement potentiel de +153,00 % par rapport à aujourd’hui.
Conseils de trading et gestion du risque
La gestion du risque est particulièrement essentielle en période de forte volatilité. Les investisseurs en crypto doivent surveiller attentivement leur recours à l’effet de levier et éviter toute exposition excessive lors de mouvements de marché brusques.
Selon les données de Coinglass, au 6 février, les liquidations forcées de positions longues et courtes sur le marché crypto ont déjà dépassé 2 milliards de dollars cette semaine. Cette flambée des liquidations sur marge amplifie la volatilité et crée un effet boule de neige négatif. Pour ceux qui envisagent d’entrer sur le marché, plusieurs niveaux techniques clés sont à surveiller. Le seuil des 60 000 $ pour le Bitcoin est désormais perçu comme un support psychologique important : s’il est franchi, la prochaine zone clé se situe probablement entre 58 000 et 60 000 $. Pour l’Ethereum, il convient de porter une attention particulière à la zone de support des 2 000 à 1 800 $.
La diversification reste également primordiale. En période d’incertitude accrue, répartir ses investissements sur différentes classes d’actifs — traditionnels comme numériques — permet de réduire la volatilité globale du portefeuille. Les investisseurs doivent également surveiller les publications de données macroéconomiques, les changements de politique monétaire des banques centrales et les évolutions géopolitiques, autant de facteurs susceptibles d’influencer le sentiment de marché.
La tourmente synchronisée des marchés mondiaux est loin d’être terminée. Après la chute de plus de 5 % de l’indice Korea KOSPI, les autorités ont suspendu le trading programmé. Même les grands noms de la tech n’ont pas été épargnés : l’action Microsoft a reculé de près de 5 %, et celle d’Amazon a chuté davantage après l’annonce de dépenses d’investissement bien supérieures aux attentes du marché. Côté crypto, la baisse du Bitcoin a suivi de près celle des valeurs technologiques, soulignant son statut d’actif risqué plutôt que de valeur refuge. Les données on-chain d’Ethereum révèlent que, malgré la baisse des prix, les prêts actifs sur le réseau dépassent toujours 2,8 milliards de dollars, témoignant d’une certaine résilience de l’écosystème. À mesure que cette vague mondiale de désendettement s’estompe, le marché sera amené à réévaluer la valeur fondamentale des différents actifs. Pour les investisseurs, le principal enjeu sera de distinguer les corrections excessives dictées par l’émotion de celles qui reflètent une réévaluation fondamentale des valorisations.


