La sagesse d’Arthur Hayes revisitée : pourquoi les conflits au Moyen-Orient annoncent souvent une opportunité haussière pour le Bitcoin

Marchés
Mis à jour: 2026-03-03 12:50

3 mars 2026 : Les tensions atteignent leur paroxysme au Moyen-Orient. Alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran continue de s’intensifier, le marché des cryptomonnaies connaît une volatilité marquée. Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX, a récemment déclaré dans un article : « Plus l’implication des États-Unis en Iran se prolonge, plus la Réserve fédérale aura tendance à baisser ses taux ou à imprimer de la monnaie pour financer les dépenses de guerre, ce qui fera grimper le prix du Bitcoin. » Cette analyse établit un lien étroit entre géopolitique, politique macroéconomique et actifs cryptographiques, suscitant un débat animé sur le marché. En s’appuyant sur les données de marché de Gate, cet article vise à dépasser l’émotion et le bruit ambiant, pour proposer une analyse structurée et approfondie de cette thèse.

Guerre et assouplissement monétaire : retour sur un schéma historique

La logique centrale d’Arthur Hayes repose sur une chaîne causale claire : guerre prolongée → explosion des dépenses budgétaires → incertitude économique accrue → Réserve fédérale contrainte d’assouplir sa politique monétaire (baisse des taux / QE) → liquidités en dollars abondantes sur le marché → hausse des prix des actifs rares tels que Bitcoin.

Selon lui, il ne s’agit pas d’une simple spéculation théorique, mais d’un schéma observé depuis quarante ans. La guerre engendre non seulement des fractures géopolitiques, mais aussi des tournants majeurs en matière de politique monétaire. Lorsque les récits traditionnels de « valeur refuge » (or, dollar américain) et de « prise de risque » (Bitcoin, actions américaines) se confrontent, le véritable moteur des prix des actifs reste le bilan de la banque centrale.

1990 à aujourd’hui : chronologie des interventions militaires américaines au Moyen-Orient et des inflexions de la Fed

Rétrospectivement, les principales opérations militaires américaines au Moyen-Orient ont souvent coïncidé avec des changements de politique monétaire :

  • Guerre du Golfe de 1990 : L’administration George H.W. Bush lance l’opération Tempête du désert. La Fed abaisse ses taux à deux reprises en novembre et décembre pour contrer le ralentissement économique provoqué par la guerre.
  • Guerre d’Afghanistan 2001 (« War on Terror ») : Après les attentats du 11 septembre, le président de la Fed, Alan Greenspan, annonce une baisse d’urgence de 50 points de base, amorçant un cycle d’assouplissement monétaire sur plusieurs années.
  • Renforcement du contingent en Afghanistan en 2009 : Les taux étant déjà à zéro, la Fed fournit des financements abondants et bon marché à l’effort de guerre via le quantitative easing (QE).
  • Conflit États-Unis–Iran en 2026 (en cours) : L’administration Trump a lancé une opération militaire contre l’Iran fin janvier, et le conflit se poursuit.

Données et analyse structurelle : la réaction immédiate du marché

Au 3 mars 2026, les données de Gate indiquent que le BTC/USDT s’échange à 70 000 $, en hausse de 4,84 % sur 24 heures. Ce mouvement de prix intervient dans un contexte d’escalade continue du conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Cependant, une analyse structurelle à court terme révèle que le sentiment du marché ne se résume pas à « guerre = hausse ». Lors du déclenchement initial des hostilités fin février, le Bitcoin a brièvement chuté autour de 63 000 $. Ce phénomène rappelle certains épisodes historiques : le jour de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, le Bitcoin a plongé de plus de 9 %. Lorsque le conflit Israël-Palestine a éclaté en 2023, le Bitcoin a connu plusieurs jours de forte volatilité baissière.

Les données révèlent une structure complexe : aux premiers stades d’une guerre, le Bitcoin agit souvent comme un « actif risqué », évoluant de concert avec les actions américaines. Mais sur un horizon de plusieurs mois, à mesure que la politique de la Fed s’éclaircit, le Bitcoin commence à révéler son caractère d’« actif sensible à la liquidité » lors des cycles ultérieurs.

Décryptage du sentiment de marché : confrontation des logiques haussière et baissière

Le marché actuel est profondément divisé sur la relation entre guerre et Bitcoin, avec deux grands courants d’opinion :

  • Camp haussier (thèse de l’assouplissement selon Hayes) : Selon cette vision, plus le conflit dure, plus le coût budgétaire grimpe, offrant à la Fed une légitimité politique accrue pour assouplir sa politique monétaire. Hayes conseille lui-même aux investisseurs « d’attendre le signal » — c’est-à-dire d’augmenter leur exposition uniquement après une baisse de taux ou le lancement officiel d’un nouvel assouplissement, et non de se précipiter dès le début de la guerre.
  • Camp baissier (inflation et déplacement de la valeur refuge) : Mené par Anthony Pompliano, ce courant estime qu’en cas de flambée du pétrole au-delà de 100 $ suite à des perturbations dans le détroit d’Ormuz, un choc inflationniste majeur contraindrait la Fed à maintenir des taux « élevés plus longtemps », pesant sur la valorisation du Bitcoin. D’autres analystes soulignent que lors de crises géopolitiques extrêmes, les capitaux se replient d’abord vers l’or et les bons du Trésor américain, neutralisant temporairement le statut de « valeur refuge numérique » du Bitcoin.

Analyse du récit : « or numérique » ou « actif d’anticipation de liquidité » ?

L’argumentation d’Arthur Hayes met en lumière un basculement majeur : le Bitcoin passe d’un récit de « valeur refuge » à celui d’« actif d’anticipation de liquidité ».

Il est essentiel de distinguer faits et opinions. Le fait est que, historiquement, l’implication américaine dans les guerres du Moyen-Orient a généralement déclenché un assouplissement monétaire. Le fait est aussi que le Bitcoin a chuté lors du déclenchement du conflit actuel entre les États-Unis et l’Iran, illustrant son absence de fonction refuge à court terme.

L’opinion de Hayes, c’est que cette chute initiale importe peu ; ce qui compte, c’est qu’elle contraint la Fed à réagir dans un second temps. Sa thèse repose sur l’idée que tant que la guerre perdure, la Fed sera tôt ou tard amenée à assouplir sa politique monétaire pour compenser les pressions budgétaires et les chocs de marché. Sa logique s’appuie sur les « contraintes budgétaires de l’État » et la « dimension politique des banques centrales », et non sur des données techniques ou on-chain propres au Bitcoin.

Analyse de scénarios : plusieurs trajectoires possibles

Au vu de la situation actuelle entre les États-Unis et l’Iran, l’évolution du prix du Bitcoin pourrait suivre trois scénarios :

  • Scénario 1 : Le conflit se désamorce rapidement (neutre à baissier). Si la diplomatie l’emporte et que les hostilités cessent rapidement, le prix du pétrole recule et l’aversion au risque s’estompe. La Fed maintient sa politique actuelle de resserrement ou adopte une posture attentiste, sans nouvelle perspective d’assouplissement. Le Bitcoin pourrait perdre sa « prime de guerre » et revenir dans une fourchette de 60 000 à 65 000 $.
  • Scénario 2 : Le conflit s’enlise mais reste contenu (scénario central de Hayes, perspective haussière). Les hostilités se prolongent sur plusieurs mois, les dépenses publiques américaines explosent, les indicateurs économiques fléchissent et la volatilité des marchés financiers s’accroît. Sous la double pression politique et économique, la Fed signale des baisses de taux ou une pause dans la réduction de son bilan au second semestre 2026. Porté par les anticipations d’assouplissement, le Bitcoin pourrait dépasser ses précédents sommets et entamer un nouveau cycle haussier.
  • Scénario 3 : Le conflit dégénère en guerre régionale généralisée (volatilité extrême, forte chute puis rebond). Si les combats s’étendent au détroit d’Ormuz, l’offre de pétrole est perturbée et les prix s’envolent au-delà de 100 $. Le monde fait face à une panique de « stagflation » et tous les actifs risqués — y compris le Bitcoin — sont vendus massivement pour obtenir de la liquidité. Une fois la panique retombée, si la Fed lance un assouplissement massif pour soutenir les marchés, le Bitcoin pourrait enregistrer un rebond encore plus marqué après une forte correction.

Conclusion

L’affirmation d’Arthur Hayes selon laquelle « la guerre au Moyen-Orient est une opportunité d’achat » ne consiste pas à acheter aveuglément dès le déclenchement du conflit. Il s’agit de comprendre le mécanisme d’interconnexion « guerre–budgétaire–monétaire » et de se positionner en amont des futurs mouvements de liquidité.

Pour les investisseurs, l’enjeu n’est pas sur le front, mais dans le « dot plot » de la Fed et l’évolution de son bilan. Dans cette épreuve de résistance géopolitique de 2026, le Bitcoin a démontré une sensibilité marquée à la liquidité macroéconomique, tout en révélant sa vulnérabilité en tant qu’« actif risqué ». Avant de parier que « la guerre est haussière pour le Bitcoin », il convient d’analyser avec discernement si le scénario historique se répétera cette fois-ci. La réponse pourrait bien se trouver dans les prochains chiffres de l’inflation américaine (CPI) et les déclarations du FOMC au cours des mois à venir.

The content herein does not constitute any offer, solicitation, or recommendation. You should always seek independent professional advice before making any investment decisions. Please note that Gate may restrict or prohibit the use of all or a portion of the Services from Restricted Locations. For more information, please read the User Agreement
Liker le contenu