

Web5 a pour ambition d’offrir aux utilisateurs la pleine propriété de leurs données. Pour cela, les équipes de développement ont mis en place un modèle plus décentralisé qui simplifie la gestion de l’identité et le contrôle du stockage de l’information par l’utilisateur. Jack Dorsey encourage vivement le public à s’informer sur cette nouvelle étape du web, en relevant le manque de transparence de Web3 au niveau de la gouvernance et de la propriété.
Ces dernières années, de plus en plus de développeurs adoptent les principes de Web5 afin de concevoir des applications qui privilégient la confidentialité et l’autonomie de l’utilisateur. Cette dynamique traduit une préférence croissante pour des plateformes véritablement décentralisées, qui confient le contrôle de l’information à ceux qui la produisent et l’utilisent.
La transition vers Web5 constitue une avancée majeure vers un Internet plus équitable, où les intermédiaires traditionnels perdent leur prééminence dans la gestion des données personnelles. Cette approche renforce le pouvoir des individus, tout en établissant de nouveaux standards mondiaux en matière de confidentialité numérique et de souveraineté des données.
Jack Dorsey, ex-PDG de Twitter et PDG actuel de Square, dirige l’équipe Web5. Il est également fondateur de The Block, une filiale spécialisée dans la création d’une nouvelle infrastructure financière reposant sur la technologie Bitcoin.
Le rôle moteur de Dorsey dans ces projets illustre son engagement à transformer la convergence entre services numériques et financiers grâce à la technologie décentralisée. Sa vision pour Web5 : révolutionner Internet en assurant un contrôle accru et une confidentialité renforcée pour l’utilisateur grâce à l’innovation issue de la blockchain.
L’équipe Web5 rassemble désormais des développeurs et conseillers issus de divers projets blockchain, qui apportent des perspectives nouvelles et une expertise technique pointue. Cette collaboration multidisciplinaire est indispensable pour relever les défis, tant techniques que conceptuels, de la construction d’un web réellement décentralisé.
La diversité de l’équipe favorise non seulement le développement technique, mais garantit également que Web5 intègre une perspective mondiale, adaptée aux besoins et contextes d’utilisateurs de tous horizons et profils technologiques.
TBD, filiale de Block (ex-Square) et entité de Jack Dorsey dédiée à la crypto, développe activement la technologie Web5. L’entreprise propose un kit d’outils destiné aux développeurs souhaitant créer des applications internet décentralisées, en combinant fonctions web traditionnelles et technologie blockchain.
Ce kit comprend plusieurs technologies avancées pour les développeurs :
Identifiants décentralisés : identifiants sécurisés et auto-administrés — à l’image de noms d’utilisateur ou d’adresses e-mail — qui permettent à l’utilisateur de conserver un contrôle total sur son identité numérique, sans dépendre d’une autorité centrale.
Identifiants vérifiables et certificats numériques sécurisés : outils permettant de vérifier les données personnelles (nom, âge, propriété d’actifs), pour un système d’authentification robuste et résistant à la falsification.
Nœuds web décentralisés : le kit intègre des nœuds web décentralisés (DWNs), permettant un stockage de données totalement décentralisé et supprimant la dépendance aux serveurs centraux qui contrôlaient traditionnellement les informations utilisateurs.
Les développeurs peuvent accéder au kit sur le site officiel et développer des applications décentralisées via la plateforme dédiée de TBD.
TBD a récemment enrichi son kit de nouveaux modules, notamment un meilleur support de la compatibilité inter-chaînes et une intégration simplifiée avec les technologies Web2 existantes. Ces évolutions facilitent la migration des développeurs des architectures classiques vers des modèles décentralisés, réduisant la courbe d’apprentissage et accélérant l’adoption de Web5.
Les DWNs (Decentralized Web Nodes) forment la base du réseau distribué destiné aux utilisateurs Web5. Ces derniers exécutent leurs propres DWNs sur ordinateur ou appareil, ce qui permet le partage, la transmission et l’identification de l’information de manière directe et sécurisée entre utilisateurs Web5.
En hébergeant un DWN, l’utilisateur crée un espace de stockage en maillage, sans serveur central ni autorité unique. Cette organisation autorise les interactions directes entre utilisateurs, sans dépendance à des tiers comme les réseaux sociaux traditionnels — souvent motivés par des intérêts propres en matière de confidentialité ou de monétisation des données.
Parce que chaque utilisateur contrôle son propre DWN, il décide de la visibilité de ses données. Par défaut, les informations demeurent privées : l’accès doit être accordé avant tout partage. Pour les données privées, l’accès par les applications n’est possible que si les conditions d’autorisation du propriétaire sont réunies.
Web5 repose également sur les DID (Decentralized Identifiers) et les identifiants vérifiables, éléments clés pour bâtir une identité auto-souveraine. Ensemble, ils rendent possible une identité décentralisée : l’utilisateur peut s’identifier sans dépendre d’un tiers. Un DID interagit avec la blockchain publique, mais n’a pas besoin d’y être stocké, ce qui en réduit les coûts et améliore l’efficacité.
Les DID sont uniques, auto-administrés et générés par l’utilisateur, garantissant la pleine propriété de son identité. Les identifiants vérifiables attestent de différents aspects de l’identité et sont délivrés par des tiers qui certifient les compétences, la crédibilité ou la réputation du détenteur. Ensemble, ces briques constituent des « services d’identité auto-souveraine », qui confèrent à l’utilisateur la pleine propriété de son identité numérique.
Cette architecture supprime le recours à des bases de données d’identité centralisées, réduisant considérablement les risques de failles de sécurité massives et d’abus de données personnelles qui touchaient les anciens systèmes d’identification.
Web5 partage une vision proche de Web3, mais chaque modèle possède ses spécificités. Les applications Web3 reposent sur des smart contracts déployés sur des blockchains comme Ethereum ; Web3 désigne souvent des applications décentralisées dont le code s’exécute sur ces réseaux blockchain.
Web5 supporte de son côté des applications web décentralisées qui ne dépendent pas de la blockchain, mais peuvent s’interfacer avec les DWNs. Cela crée un réseau de relais pair-à-pair indépendant de toute blockchain publique, offrant une plus grande flexibilité et réduisant la dépendance à l’infrastructure blockchain.
Avec Web5, l’utilisateur garde la main sur ses données et peut les stocker dans des DWNs. Web3, à l’inverse, s’appuie sur des réseaux décentralisés ou des systèmes de fichiers distribués comme IPFS, pour distribuer et stocker les données à travers des réseaux pair-à-pair.
Une différence récente essentielle réside dans la préférence accrue des développeurs pour l’architecture Web5, qui limite la dépendance à la blockchain. Ce mouvement traduit une évolution vers des solutions décentralisées plus flexibles et centrées sur l’utilisateur, et une prise de conscience que toutes les applications n’exigent pas la complexité et le coût d’une blockchain publique.
| Fonctionnalité | Web2 | Web3 | Web5 |
|---|---|---|---|
| Contrôle des données | Centralisé | Décentralisé | Totalement décentralisé |
| Gestion de l'identité | Contrôlée par la plateforme | Contrôlée par l'utilisateur | Auto-souveraine |
| Type d'application | Applications centralisées | Applications décentralisées (DApps) | Applications web décentralisées (DWAs) |
| Infrastructure technique | Serveurs centraux | Blockchain | Réseaux pair-à-pair |
| Vie privée et sécurité | Contrôle utilisateur limité | Améliorées grâce à la décentralisation | Contrôle utilisateur total |
| Gouvernance | Par les entreprises/plateformes | Par la communauté/DAO | Gouvernance centrée utilisateur |
Les utilisateurs distinguent de plus en plus clairement ces générations du web, et de nombreuses plateformes proposent désormais des ressources pédagogiques pour mieux comprendre atouts et limites de chaque modèle. Cette éducation est essentielle à une adoption éclairée des innovations et permet aux utilisateurs de choisir leurs plateformes et services en toute connaissance de cause.
La transition de Web2 à Web5 ne s’opère pas seulement sur le plan technologique, mais traduit également un basculement philosophique sur la notion de propriété, de vie privée et de contrôle dans l’univers numérique.
Les débuts d’Internet étaient caractérisés par un hypertexte basique, avant une évolution rapide vers des technologies plus complexes. Cela a jeté les bases d’un web sophistiqué, à l’offre de contenus en ligne en perpétuelle expansion. Web2 a ensuite émergé. Darcy DiNucci a inventé le terme « Web2 » en 1999. Cette époque met l’accent sur le contenu généré par les utilisateurs, la simplicité d’utilisation, la culture participative et le partage facilité de l’information. Elle relie les internautes par les réseaux sociaux et les échanges en temps réel.
Web3 va plus loin et fédère tous types d’appareils connectés. Gavin Wood, cofondateur d’Ethereum, a introduit ce terme en 2014. Web3 permet aux utilisateurs de communiquer sans craindre pour leur vie privée ni la divulgation de leurs données sans consentement.
Web3 désigne un web décentralisé où l’utilisateur garde la pleine maîtrise de ses données. Il y découvre de nouveaux contenus et se connecte librement, sans les contraintes institutionnelles qui régissent aujourd’hui Internet. Il communique sans crainte de divulgation ou d’usage abusif de ses données sans information ni consentement.
Web5 s’annonce comme la prochaine grande évolution du web. Son objectif principal : permettre aux développeurs de créer facilement des applications web décentralisées (DWAs) utilisant des identifiants vérifiables indépendants et des nœuds web non centralisés.
De nouveaux frameworks et outils viennent d’émerger pour faciliter l’intégration fluide de ces technologies, stimulant l’innovation dans l’interaction en ligne. Cette évolution continue atteste du caractère dynamique d’Internet, en perpétuelle adaptation aux besoins des utilisateurs et à l’innovation technique.
Si l’adoption d’Internet ralentit par rapport à la décennie précédente, des millions de personnes se connectent encore chaque mois pour la première fois.
D’après DataReportal, 5,35 milliards d’individus utilisent aujourd’hui Internet, soit 66,2 % de la population mondiale. Sur la dernière année, le nombre d’internautes a crû de 1,8 %, avec 97 millions de nouveaux venus en ligne pour la première fois.
Le paysage internet évolue vers des plateformes prioritairement mobiles et décentralisées, propulsées par Web3 et Web5. Cette mutation répond aux attentes des utilisateurs, mais aussi à la nécessité de systèmes résilients, respectueux de la vie privée et accessibles à une diversité de populations partout dans le monde.
L’essor du taux de pénétration internet dans des régions jusqu’ici isolées représente à la fois une opportunité et un défi pour Web5, qui doit rester accessible et opérationnel y compris dans les zones mal desservies ou à connectivité intermittente.
Web5, prochaine étape de l’Internet, progresse régulièrement. Une communauté open source le développe depuis plus de dix ans, le rapprochant d’une adoption large. À mesure que créateurs et pionniers perfectionnent le modèle, Web5 laisse entrevoir son potentiel de transformation de l’expérience web.
Avec la montée des usages, Web5 s’apprête à devenir un pilier des interactions numériques quotidiennes. Sa promesse : résoudre les problèmes des versions antérieures du web : concentration du pouvoir, manque de confidentialité, censure et dépendance à des intermédiaires captant la valeur des échanges utilisateurs.
L’architecture Web5, centrée sur l’identité auto-souveraine et la maîtrise des données par l’utilisateur, marque un changement de paradigme des infrastructures numériques. Plutôt que d’édifier sur des plateformes centralisées pouvant modifier unilatéralement les règles, Web5 rend possibles des applications respectueuses par essence de l’autonomie utilisateur.
Web5 propose aussi un modèle économique plus durable pour développeurs et utilisateurs. En supprimant les intermédiaires superflus et en favorisant les échanges pair-à-pair directs, il réduit les coûts d’exploitation et crée de nouveaux business models profitant directement aux créateurs et prestataires, au lieu de concentrer la valeur sur des plateformes centralisées.
Concrétiser Web5 nécessitera innovation technique, évolutions réglementaires, pédagogie utilisateur et nouvelles normes sociales en matière de vie privée et de propriété des données. Avec ses bases techniques consolidées et un intérêt croissant des développeurs comme des utilisateurs, Web5 pourrait bien s’imposer comme la clé d’un Internet décentralisé, libre et véritablement centré sur l’utilisateur.
Web5 représente une nouvelle étape de l’évolution du web, qui place l’utilisateur au centre du contrôle de son identité et de ses données. Ses principaux attributs : confidentialité garantie, autonomie utilisateur, propriété décentralisée de la donnée, suppression des intermédiaires dans la gestion des informations personnelles.
Web5 combine la technologie décentralisée avec les plateformes existantes, en misant sur l’interopérabilité. Web3 ambitionne de remplacer totalement les systèmes centralisés. Web5 privilégie la coexistence et la collaboration entre systèmes, là où Web3 propose une rupture avec les structures classiques.
Web5 permet le contrôle autonome de l’identité numérique, les transactions décentralisées sans intermédiaires, la gestion sécurisée des données personnelles et le développement d’applications privilégiant la vie privée de l’utilisateur par rapport aux plateformes centralisées.
Jack Dorsey, ancien PDG de Twitter, a présenté le concept Web5 en 2022. Web5 en est encore à ses débuts et n’a pas connu d’avancée majeure. Sa forme finale et ses perspectives restent à préciser.
Web5 améliore la confidentialité grâce à des technologies décentralisées qui donnent à l’utilisateur le contrôle total de ses données sans intermédiaire, supprimant la dépendance aux plateformes centralisées et assurant la pleine propriété des informations personnelles.
Web5 s’appuie sur DID (Decentralized Identity) et VC (Verifiable Credentials) comme technologies fondamentales. Celles-ci offrent à l’utilisateur un meilleur contrôle et une plus grande confidentialité sur ses données, en supprimant les intermédiaires dans la gestion décentralisée de l’identité numérique.











