Depuis l’émergence de ChatGPT, le marché a surtout envisagé l’IA sous l’angle des « capacités cognitives » : génération de texte, écriture de code, raisonnement logique. Cette phase vise à permettre aux machines de mieux comprendre et produire de l’information, optimisant ainsi les processus numériques. Toutefois, les recherches d’Andreessen Horowitz indiquent que l’IA entre dans une nouvelle ère : elle passe de la « compréhension du monde » à « l’impact sur le monde ».
Cette transformation s’articule en trois étapes distinctes :
En résumé, l’objectif de l’IA n’est plus simplement d’être « plus intelligente », mais de devenir « plus utile » — c’est-à-dire capable de réaliser des tâches et de produire des résultats concrets dans le monde réel.

Dans le cadre de la Physical AI, a16z structure l’écosystème en trois systèmes fondamentaux, qui, ensemble, créent une boucle de rétroaction de données fermée, au lieu de fonctionner isolément.
Système robotique : il s’agit du vecteur d’exécution de l’IA dans le monde physique. Les robots dépassent le stade de simples dispositifs mécaniques pour devenir des systèmes intégrés associant perception, prise de décision et contrôle. Par exemple, le projet de robot humanoïde de Tesla ne se limite pas à l’innovation matérielle ; il s’agit de développer des systèmes d’IA capables d’exécuter des tâches de façon fiable dans des environnements complexes.
Système de science autonome : plateformes d’expérimentation automatisées. Elles permettent à l’IA de passer de la « génération d’hypothèses » à leur « validation ». Le processus se déroule ainsi :
Cette approche en boucle fermée automatise la production de connaissances et génère un volume important de données de haute qualité, reliées de façon causale.
Ces avancées permettent à l’IA de recevoir des données plus authentiques et continues.
Le développement de l’IA se heurte désormais à une limite cachée : l’épuisement du rendement des données Internet. Si les corpus textuels et de code sont immenses, leur valeur marginale décroît. Physical AI introduit de nouvelles sources : des données issues d’interactions réelles.
On distingue ainsi deux paradigmes de données :
Données Internet
Données du monde physique
Ce changement redéfinira la trajectoire de montée en puissance de l’IA :
Sur le plan technique, la compétitivité de la Physical AI réside dans l’infrastructure, plus que dans les applications. Les composants clés sont :
À mesure que la technologie évolue, la répartition de la valeur se transforme. La valeur, auparavant concentrée sur la couche application, diminue, tandis que l’importance des couches système et infrastructure croît.
Points clés de cette transformation :
Surtout, la Physical AI transforme la donnée d’une « ressource infiniment réplicable » en un « actif qui s’accumule sur le long terme ».
Du point de vue des investisseurs, cette phase s’accompagne de caractéristiques structurelles spécifiques.
D’abord, l’intensité capitalistique s’accroît — la Physical AI se rapproche de secteurs comme :
Ce qui implique :
Ensuite, la chaîne de valeur industrielle se structure en trois niveaux :
Enfin, le rythme de développement suit un modèle en trois étapes :
À long terme, l’évolution de l’IA suit trois étapes majeures :
Cette progression met en lumière une tendance de fond : l’IA passe d’un « outil de traitement de l’information » à un « système d’exécution dans le monde réel ».
En résumé, les principaux enseignements de a16z sont les suivants :
En définitive, l’aboutissement de l’IA n’est pas seulement une compréhension approfondie du monde, mais la capacité d’agir et de générer des résultats concrets dans des environnements réels. À mesure que cette capacité s’affirme, l’IA deviendra une infrastructure fondamentale, transformant en profondeur les structures industrielles et les flux de capitaux.





