La présente mesure vise à clarifier la régulation des actifs crypto, des offres de tokens, des plateformes de trading, des intermédiaires, des services de conservation et de la finance décentralisée (DeFi), en définissant comme objectif central [la répartition des responsabilités entre la Securities and Exchange Commission (SEC) et la Commodity Futures Trading Commission (CFTC).](https://www.gate.com/fr/learn/articles/how-the-clarity-act-reshapes-crypto-regulation-understanding-the-jurisdictional-boundaries-between-the-sec-and-cftc)
Pour les traders particuliers avertis, les équipes de projets crypto, les exchanges, les dépositaires, les investisseurs institutionnels, les opérateurs fintech et tous les acteurs soumis à la réglementation américaine sur les actifs numériques, cette distinction est essentielle, car la législation financière existante n’a pas été conçue pour des réseaux blockchain dont les tokens peuvent évoluer dans leur fonction. Un token peut servir initialement à financer un développement, être ensuite utilisé dans un réseau opérationnel, puis être échangé indépendamment de l’équipe d’origine, compliquant la détermination du régime juridique applicable au token, à la transaction de levée de fonds ou au trading secondaire, entre droit des valeurs mobilières et droit des matières premières.
Cet article suit l’évolution du projet de loi et analyse les questions pratiques liées à la structure de marché, à la classification des actifs, aux compétences de la SEC et de la CFTC, aux règles applicables aux exchanges et intermédiaires, aux offres de tokens, à la conservation, au traitement de la DeFi, aux stablecoins, à la protection des investisseurs et aux implications pour la conformité, l’accès au marché et la participation institutionnelle sur le marché crypto américain. Le CLARITY Act cherche à lever ces incertitudes en dissociant le traitement juridique du token de la transaction d’offre, tout en introduisant des obligations de transparence, d’enregistrement, de protection des avoirs clients, de lutte contre le blanchiment et des règles spécifiques pour les développeurs de logiciels et les services DeFi.
Au 23 juillet 2026, le CLARITY Act n’est pas en vigueur. La Chambre des représentants a adopté le texte H.R. 3633 par 294 voix contre 134 le 17 juillet 2025. Le comité bancaire du Sénat a avancé une version révisée par 15 voix contre 9 le 14 mai 2026, en vue d’un examen en séance plénière. De nouveaux amendements étaient encore en négociation en juillet 2026, si bien que les dispositions finales restaient à déterminer.

## Qu’est-ce que le CLARITY Act et pourquoi une régulation des actifs numériques est-elle nécessaire aux États-Unis ?
Le CLARITY Act est un texte structurant le marché, et non une législation centrée sur une cryptomonnaie, un exchange ou un type de token particulier. Il vise à établir des règles pour l’émission, le trading, l’intermédiation et la supervision des actifs numériques dans le système financier américain.
Le cadre actuel repose sur le droit des valeurs mobilières, le droit des matières premières, la réglementation bancaire, les exigences de transmission de fonds, les règles sur les sanctions et les obligations anti-blanchiment, qui s’appliquent différemment selon les activités. Les projets crypto rencontrent donc des difficultés à déterminer si un token de réseau est une valeur mobilière, une matière première ou une autre catégorie d’actif.
Cette incertitude a poussé les régulateurs et les tribunaux à trancher les questions de classification par la voie de l’application et du contentieux. Les partisans du CLARITY Act estiment que des définitions légales et des procédures d’enregistrement permettraient aux entreprises et investisseurs d’identifier les règles applicables avant le lancement ou le trading d’un actif. Les opposants considèrent que de nouvelles catégories ou exemptions pourraient réduire les protections offertes par le droit des valeurs mobilières.
La version 2026 du comité bancaire du Sénat vise à instaurer un régime de transparence adapté à certains tokens de réseau, tout en maintenant les pouvoirs anti-fraude et la régulation des valeurs mobilières pour les actifs et transactions qui restent des titres financiers.
## Quel est le statut actuel du CLARITY Act ?
Le CLARITY Act reste un projet de loi et n’a pas encore force obligatoire. La Chambre a adopté sa version en juillet 2025, mais le Sénat a développé sa propre approche révisée au lieu d’adopter le texte de la Chambre sans modification.
Le comité bancaire du Sénat a approuvé son texte de substitution en mai 2026. Celui-ci traite de la régulation des valeurs mobilières, de la transparence sur les tokens, de la banque, de la criminalité financière, de la protection des investisseurs, de la DeFi et d’autres sujets connexes. Parallèlement, le comité sénatorial de l’agriculture a fait avancer le Digital Commodity Intermediaries Act, axé sur la compétence de la CFTC concernant les marchés spot de matières premières numériques et les intermédiaires.
| Étape législative | Statut |
| --- | --- |
| 29 mai 2025 | Dépôt de H.R. 3633 à la Chambre |
| 17 juillet 2025 | Adoption à la Chambre (294–134) |
| 29 janvier 2026 | Avancée du texte compagnon sur les matières premières numériques au comité sénatorial de l’agriculture |
| 14 mai 2026 | Avancée du texte révisé du CLARITY Act au comité bancaire du Sénat (15–9) |
| Juillet 2026 | Négociations concentrées sur les dispositions éthiques et la recherche d’un soutien bipartite |
| Statut actuel | Non promulgué ; action du Sénat et procédure bicamérale encore requises |
Pour que le projet devienne loi, le Sénat devrait approuver le texte, la Chambre et le Sénat devraient concilier les éventuelles différences, puis le texte final devrait être promulgué par le président. Les autorités de régulation devront ensuite publier les règles d’application, l’entrée en vigueur des dispositions n’étant donc pas immédiate.
## Comment le CLARITY Act répartirait-il les compétences entre SEC et CFTC ?
Le CLARITY Act maintient en général la compétence de la SEC sur les valeurs mobilières, les contrats d’investissement, les offres de titres et certaines transactions de levée de fonds par token, la SEC conservant la régulation des contrats d’investissement selon le texte. Il accorderait à la CFTC une compétence plus claire sur les marchés spot de matières premières numériques et les intermédiaires facilitant ces transactions, la **CFTC** supervisant les matières premières numériques selon la proposition.
La version du comité bancaire du Sénat introduit la notion d’« ancillary asset » pour certains tokens de réseau dont la valeur dépend encore des efforts entrepreneuriaux ou managériaux d’un initiateur. Certaines offres et ventes impliquant ces **investment contract assets** resteraient soumises à la **surveillance de la SEC** via des règles de transparence et de revente, tandis que les tokens eux-mêmes pourraient être traités comme des matières premières pour les transactions de marché secondaire.
Le cadre du comité de l’agriculture du Sénat autoriserait la CFTC à enregistrer et superviser les exchanges, brokers et dealers de matières premières numériques. Il établirait également des procédures de cotation, de protection des avoirs clients, de surveillance des marchés et de lutte contre la manipulation.
| Domaine réglementaire | Rôle de la SEC | Rôle de la CFTC |
| --- | --- | --- |
| Valeurs mobilières et contrats d’investissement | Régulateur principal | Hors de son mandat sur les valeurs mobilières |
| Transactions de levée de fonds par token | Supervise les offres et la transparence | Peut réguler l’activité ultérieure sur le marché des matières premières |
| Ancillary assets | Reçoit les disclosures et applique les restrictions de revente | Supervise le trading spot éligible |
| Marchés spot de matières premières numériques | Rôle limité ou coordonné | Régulateur principal du marché selon la proposition |
| Plateformes de trading | Régule les plateformes de valeurs mobilières | Enregistre les exchanges de matières premières numériques |
| Brokers et dealers | Supervise les intermédiaires en valeurs mobilières | Supervise les intermédiaires en matières premières numériques |
| Fraude et manipulation | Conserve l’application du droit des valeurs mobilières | Conserve l’application du droit des marchés de matières premières |
La répartition n’attribuerait pas chaque token de façon permanente à une agence. La classification dépendrait des droits juridiques de l’actif, de la structure de l’offre, du développement du réseau, de l’implication de l’émetteur et de l’activité régulée, ce qui pourrait laisser certaines questions de **compétence réglementaire** partagées entre la SEC et la CFTC.
## Comment les matières premières numériques, les titres numériques et les ancillary assets seraient-ils classés ?
Le projet distingue l’actif lui-même du contrat ou de la transaction par lesquels il est vendu, et le CLARITY Act classe les actifs numériques en trois catégories dans ce cadre. Un token pourrait être proposé via un contrat d’investissement lors d’une levée de fonds initiale sans rester nécessairement une valeur mobilière à l’avenir.
Un ancillary asset selon le texte du Sénat est un token de réseau dont la valeur dépend des efforts entrepreneuriaux ou managériaux continus d’un initiateur. L’initiateur devrait fournir des disclosures initiaux et semestriels sur les informations clés du projet, les risques, le développement, la propriété et d’autres éléments.
Les titres numériques incluraient toujours les tokens qui sont eux-mêmes des valeurs mobilières ou représentent des droits financiers classiques tels que des actions, de la dette, une participation aux profits ou des créances sur une entreprise. Le CLARITY Act ne supprime pas le droit des valeurs mobilières ; il tente de créer une voie distincte pour les actifs de réseau, tout en distinguant les investment contract assets des titres numériques et des matières premières numériques dans l’application du cadre général.
L’approche du Sénat vise donc moins à attribuer une étiquette permanente à chaque token qu’à réguler l’offre, le rôle continu de l’initiateur et le marché sur lequel le token s’échange, avec un test de blockchain mature permettant d’adapter la classification à l’évolution du réseau.
## Comment déterminer si une blockchain est suffisamment décentralisée ?
La version de la Chambre reposait sur la notion de « mature blockchain system », reflétée dans le test de maturité du texte. Cette approche tenait compte de facteurs comme la concentration des tokens, le contrôle de la gouvernance, le code open source, l’indépendance opérationnelle et l’influence décisive d’une personne ou d’un groupe.
Le texte du Sénat accorde plus d’importance à la poursuite des efforts entrepreneuriaux ou managériaux essentiels de l’initiateur. Un initiateur ou un intermédiaire peut demander la fin des obligations de disclosure, la SEC pouvant contester cette demande en fonction des éléments fournis.
Le principe sous-jacent est que la régulation peut évoluer avec le réseau. Un projet initialement dépendant d’une équipe centrale peut nécessiter des disclosures renforcés, tandis qu’un réseau fonctionnant ensuite sans cette équipe pourrait être traité comme un protocole décentralisé ou un système de matière première décentralisé.
La décentralisation ne serait pas mesurée uniquement par le nombre de nœuds ou d’adresses de portefeuille. Les autorités pourraient examiner les votes de gouvernance, les clés de mise à jour, le contrôle de la trésorerie, la concentration des tokens, les pouvoirs d’urgence, le contrôle du front-end, les liens entre entités affiliées, la présence d’un contrôle centralisé et la répartition du pouvoir de vote.
## Quelles règles pour exchanges, brokers, dealers et dépositaires crypto ?
Les exchanges, brokers et dealers de matières premières numériques desservant le marché américain devraient généralement s’enregistrer auprès de la CFTC selon le cadre proposé. Les plateformes enregistrées pourraient alors lister des matières premières numériques éligibles au niveau national. L’enregistrement impliquerait des obligations de protection des avoirs clients, de tenue de registres, de conduite des affaires, de gestion des conflits d’intérêts, de surveillance de marché, de cybersécurité, de résilience opérationnelle et de reporting.
La proposition du comité bancaire du Sénat appliquerait également les exigences du Bank Secrecy Act aux brokers, dealers et exchanges d’actifs numériques concernés, incluant des programmes anti-blanchiment, l’identification des clients, le respect des sanctions, la surveillance des activités suspectes et le reporting.
La ségrégation des avoirs clients serait une exigence centrale de protection des investisseurs. Les plateformes devraient distinguer les actifs des clients de ceux de l’entreprise, limitant le risque que les fonds utilisateurs soient intégrés à la masse de la société ou utilisés pour régler les créanciers en cas d’insolvabilité.
Des catégories d’enregistrement plus claires pourraient réduire l’incertitude pour les entreprises conformes, mais augmenteraient aussi les coûts d’exploitation. Ces coûts de conformité pourraient avantager les exchanges majeurs face aux plateformes plus petites, qui supporteraient un poids juridique, technologique, capitalistique et de conservation plus lourd, alors que les institutions financières établies pourraient accéder plus facilement au marché une fois les règles fédérales adoptées.
## Quel impact sur les offres de tokens et la levée de fonds des projets ?
La proposition du Sénat crée une exemption de levée de fonds sur mesure, souvent appelée Regulation Crypto. Elle vise à offrir aux projets de réseau éligibles une voie intermédiaire entre un enregistrement public complet et une vente de tokens non régulée.
Les projets utilisant cette voie devraient néanmoins soumettre des disclosures à la SEC, ces exigences visant spécifiquement les émetteurs de tokens utilisant ce régime, et respecter des restrictions de revente, des dispositions anti-contournement et des règles de responsabilité. Les documents officiels prévoient un reporting initial et semestriel pour les transactions sur ancillary assets éligibles.
Ce modèle pourrait offrir aux projets crypto américains un cadre plus prévisible pour financer le développement de leur réseau. Une équipe pourrait lever du capital dans un cadre spécialisé tout en fournissant aux investisseurs des informations sur la technologie, la distribution des tokens, la gouvernance, les risques et le rôle continu de l’initiateur.
L’exemption ne protégerait pas la fraude, les fausses déclarations, le délit d’initié, la manipulation de marché ou les structures visant à contourner les limites d’offre, et elle ne primerait pas sur le droit fédéral des valeurs mobilières en cas d’offre trompeuse ou frauduleuse. La sécurité juridique serait donc conditionnée au respect formel de la conformité et aux obligations de disclosure continue.
## Quel impact sur la DeFi et les développeurs non custodial ?
Le projet vise à distinguer le développement logiciel de l’intermédiation financière. Les développeurs qui publient, maintiennent ou contribuent à des logiciels sans contrôler les fonds des clients pourraient être protégés contre le risque d’être automatiquement considérés comme des intermédiaires financiers régulés. Les protections DeFi incluent également une disposition du Blockchain Regulatory Certainty Act.
La majorité du comité bancaire du Sénat décrit son approche comme régulant le contrôle plutôt que le code. Elle affirme que le texte protège le développement logiciel légal et l’auto-conservation, tout en fixant des règles claires pour distinguer la publication de code de l’intermédiation régulée, et permet aux autorités de superviser les intermédiaires centralisés qui interagissent avec des systèmes DeFi ou exercent un contrôle effectif sur les utilisateurs ou les transactions.
Un service se présentant comme décentralisé pourrait néanmoins être régulé si un opérateur identifiable contrôle le front-end, le processus de mise à jour, les avoirs clients, les frais, l’approbation des transactions ou d’autres fonctions essentielles. La question juridique dépendrait donc du contrôle effectif, et non de l’utilisation de smart contracts.
Les dispositions DeFi restent controversées. Les membres minoritaires du comité bancaire du Sénat estiment que certaines exemptions pourraient permettre à des prestataires de services rentables, à des mixers ou à d’autres acteurs influents d’échapper aux obligations de lutte contre la criminalité financière, et que le traitement incertain de certains prestataires pourrait présenter des risques. La majorité considère que le texte cible les comportements illicites sans assimiler la publication indépendante de code à une activité de transmission de fonds régulée.
## Quelle approche pour les stablecoins, les récompenses et les paiements ?
Le CLARITY Act est avant tout une proposition de structure de marché, et non un cadre complet d’émission de stablecoins. Tandis qu’une législation plus large sur les stablecoins reste distincte, le clarity act traite de l’utilisation des stablecoins sur les marchés, avec des règles pour les plateformes de trading d’actifs numériques et les intermédiaires.
Cependant, le CLARITY Act affecterait l’utilisation des stablecoins par les plateformes de trading, les intermédiaires, les services DeFi et les marchés régulés d’actifs numériques. Ses dispositions anti-blanchiment, sur les sanctions, la conservation et la conduite de marché pourraient s’appliquer aux entreprises traitant des transactions en stablecoins.
Les récompenses associées aux stablecoins ont également fait l’objet de débats. Le texte interdirait le rendement passif sur stablecoin tout en autorisant des incitations liées à l’activité transactionnelle, reflétant la manière dont les acteurs du secteur présentent le besoin actuel de clarté réglementaire sur les récompenses.
Comme le texte du Sénat continue d’évoluer, les restrictions sur les récompenses en stablecoins ne doivent pas être considérées comme définitives. Les règles applicables dépendraient du texte adopté et de la réglementation ultérieure.
## Quelles protections pour les investisseurs ?
Le dispositif de protection des investisseurs comprend des obligations de disclosure, des restrictions sur la revente par les initiés, la protection des avoirs clients, l’éducation financière, la lutte contre la fraude et la surveillance de marché pour la protection des consommateurs. Les initiateurs devraient divulguer des informations permettant aux utilisateurs de comprendre le développement du réseau, sa structure de contrôle, l’économie du token et les risques matériels.
Les restrictions de revente visent à limiter la capacité des initiés et des personnes affiliées à vendre rapidement d’importantes positions ou à profiter d’informations non publiques. Les dispositions anti-contournement permettraient aux régulateurs de contester les montages destinés à échapper aux exigences légales.
Les intermédiaires enregistrés seraient également soumis à des obligations de protection des avoirs clients, de tenue de registres, de gestion des risques et de reporting. Les pouvoirs anti-fraude de la SEC et de la CFTC, ainsi que leur autorité contre la manipulation, resteraient mobilisables même si le token sous-jacent est traité comme une matière première.
Certains détracteurs estiment que le régime des ancillary assets pourrait sortir certaines offres du cadre complet de disclosure des valeurs mobilières pour les placer dans un cadre plus léger, ce qui pourrait affaiblir la protection des investisseurs. Les partisans soutiennent que le dispositif préserve les règles essentielles de disclosure et de responsabilité tout en les adaptant aux réseaux blockchain.
## Quelles conséquences pour utilisateurs, entreprises crypto et investisseurs institutionnels ?
Pour les utilisateurs particuliers et autres acteurs du marché, le texte pourrait faciliter la distinction entre plateformes régulées au niveau fédéral et services non enregistrés, en visant à réduire l’incertitude réglementaire et à favoriser l’adoption institutionnelle sur un marché crypto estimé à 2,32 trillions de dollars. Les clients pourraient bénéficier de disclosures standardisées, de règles de ségrégation des actifs renforcées, de mécanismes de réclamation plus clairs et d’avertissements sur la fraude plus cohérents.
Ces protections pourraient s’accompagner d’une vérification d’identité plus stricte, d’une surveillance des transactions, d’un contrôle des sanctions et d’une déclaration fiscale élargie à l’ensemble de l’activité crypto. Une plus grande clarté réglementaire ne signifierait donc pas moins de conformité pour les utilisateurs.
Pour les projets de tokens, le texte pourrait offrir une voie spécialisée pour la levée de fonds et le développement du réseau. Les équipes bénéficieraient d’un cadre plus clair pour l’émission et le trading secondaire, mais devraient aussi respecter des disclosures périodiques, des restrictions pour initiés et des obligations formelles de conformité.
Pour les exchanges et dépositaires, l’enregistrement fédéral pourrait réduire l’incertitude tout en augmentant les coûts de capital, de surveillance, de conservation, de cybersécurité et de reporting. Les entreprises dotées de systèmes de conformité robustes pourraient être mieux positionnées que les concurrents plus petits ou offshore. Des règles plus claires pourraient aussi inciter les institutions financières traditionnelles, y compris les banques et les coopératives de crédit, à s’impliquer davantage.
Les investisseurs institutionnels pourraient bénéficier d’une classification des actifs plus claire, de normes de conservation, d’une surveillance de marché et d’une responsabilité juridique accrue. L’investissement de 400 millions de dollars de Citadel Securities dans Crypto.com en juillet 2026 illustre l’intérêt croissant. L’augmentation de l’exposition institutionnelle dépendra toutefois de la liquidité, du traitement comptable, des règles de capital, de la qualité des actifs et du rendement ajusté au risque, mais la certitude réglementaire peut contribuer à attirer du capital institutionnel.
## Quelles sont les principales critiques et questions en suspens ?
Un point de désaccord majeur porte sur la question de savoir si le texte affaiblit la protection offerte par le droit des valeurs mobilières. Les partisans soutiennent que les valeurs mobilières restent des valeurs mobilières et que les offres d’ancillary assets resteraient soumises aux disclosures et contrôles de revente de la SEC. Les opposants considèrent que certaines transactions de levée de fonds pourraient faire l’objet d’une surveillance moins complète que les offres de valeurs mobilières comparables et pourraient entrer en conflit avec la réglementation existante en déplaçant l’activité vers un régime plus léger.
[Un second point concerne la DeFi et la criminalité financière.](https://www.gate.com/fr/learn/articles/the-clarity-act-and-defi-is-decentralized-finance-entering-a-clearer-regulatory-era) La majorité affirme que le texte applique les exigences AML et sanctions aux intermédiaires centralisés tout en protégeant le développement logiciel légitime. Les membres minoritaires et les forces de l’ordre considèrent que certaines définitions et exclusions pourraient laisser des mixers, prestataires de services ou participants influents de la DeFi hors de toute supervision efficace.
Un troisième enjeu concerne les conflits d’intérêts potentiels impliquant des responsables publics et des investissements en cryptomonnaies. De nouvelles dispositions éthiques publiées en juillet 2026 ont suscité des critiques de la part des membres minoritaires du comité bancaire du Sénat, qui estiment que les restrictions proposées comportent des lacunes d’application et de couverture. Ces critiques relèvent d’un débat politique actif, non de conclusions juridiques établies.
Les comités bancaires et agricoles du Sénat supervisent différentes parties du système financier, leurs propositions devant donc être coordonnées avec les régulateurs fédéraux. Tout texte du Sénat divergent de la version de la Chambre devrait ensuite être harmonisé avant adoption.
## Résumé
Le CLARITY Act représente une initiative d’envergure visant à refondre la régulation des actifs numériques et l’industrie crypto en créant une structure de marché américaine complète pour les actifs numériques. Son objectif central est de clarifier la répartition des compétences entre la SEC et la CFTC, tout en fixant des règles pour la levée de fonds par tokens, le trading des matières premières numériques, les intermédiaires, la conservation, la DeFi et la protection des investisseurs.
Le texte distingue un token de la transaction d’offre. Le cadre donnerait à la SEC la surveillance des valeurs mobilières et des levées de fonds sur ancillary assets éligibles, tout en élargissant la compétence de la CFTC sur les matières premières numériques, les marchés spot et les intermédiaires enregistrés.
La législation pourrait renforcer la sécurité juridique pour les projets et institutions financières, mais introduirait également des obligations de disclosure, d’enregistrement, de protection des avoirs clients, de lutte contre le blanchiment et de conduite de marché, avec de nouvelles règles susceptibles d’impacter les marchés crypto et les activités numériques au sens large. Le traitement des ancillary assets, de la DeFi, des récompenses en stablecoins et des conflits politiques demeure débattu.
Au 23 juillet 2026, le CLARITY Act n’est pas en vigueur. Il a été adopté par la Chambre et avancé au comité bancaire du Sénat, ce qui traduit une dynamique bipartite, mais son adoption dépend encore d’une action complémentaire du Sénat, d’une harmonisation des textes, de l’approbation présidentielle et de la mise en œuvre par les agences.
## FAQ
### En quoi le CLARITY Act diffère-t-il du GENIUS Act ?
Le CLARITY Act porte sur la classification des actifs numériques, les marchés de trading, les intermédiaires et la compétence SEC-CFTC. Le GENIUS Act se concentre principalement sur les émetteurs de stablecoins de paiement, les réserves, le rachat et la délivrance de licences.
### Le CLARITY Act classerait-il le bitcoin comme une valeur mobilière ?
Le texte n’a pas pour objectif principal de reclasser le bitcoin comme valeur mobilière. Les positions actuelles de la SEC considèrent la majorité des tokens comme des valeurs mobilières selon le droit existant, même si le bitcoin est généralement analysé différemment. Les questions de classification les plus complexes concernent les tokens de réseau, les transactions de levée de fonds, les ancillary assets et l’activité sur le marché secondaire.
### Tous les tokens seraient-ils régulés par la CFTC ?
Non. Les tokens constituant des valeurs mobilières ou représentant des droits sur actions, dette, profits ou autres intérêts de valeurs mobilières traditionnelles resteraient sous la compétence de la SEC. L’autorité de la CFTC couvrirait principalement les matières premières numériques éligibles et leurs marchés.
### La loi pourrait-elle concerner des plateformes crypto hors des États-Unis ?
Oui. Une plateforme offshore desservant des utilisateurs américains ou accédant au système financier américain pourrait être soumise à des exigences d’enregistrement, de sanctions, d’AML ou d’accès au marché, selon ses activités.
### Le CLARITY Act interdirait-il les portefeuilles non custodial ?
Le cadre actuel du Sénat n’interdit pas l’auto-conservation. Il prévoit des protections pour les utilisateurs détenant eux-mêmes leurs actifs et pour les développeurs qui ne contrôlent pas les fonds des clients, tout en maintenant la lutte contre la fraude et les activités illicites.
### Quand le CLARITY Act pourrait-il entrer en vigueur ?
Il n’y a pas de date d’entrée en vigueur confirmée, le calendrier dépendant aussi des négociations en cours sur les dispositions éthiques et le soutien bipartite. La proposition doit achever le processus législatif, et de nombreuses exigences opérationnelles dépendraient de la réglementation ultérieure de la SEC, de la CFTC et du Trésor, tandis que les élections de mi-mandat pourraient également influencer le calendrier.
2026-07-23 03:25:42