
Le sénateur du Delaware Spiros Mantzavinos et le représentant Bill Bush ont soumis lundi une proposition de loi : le « Delaware Bank Modernization Act » (SB 16) et la « Delaware Payment Stablecoin Act » (SB 19). La SB 19 vise à établir un cadre de licence pour les émetteurs de stablecoins et les fournisseurs de services d’actifs numériques ; la SB 16 met à jour les règles de gouvernance des banques, qui n’ont pas connu de modifications majeures depuis plus de 40 ans.
La « Delaware Payment Stablecoin Act » s’aligne fortement sur la réglementation fédérale, posant ainsi les bases du système de supervision des stablecoins dans le Delaware.
Mesures de remédiation en cas de déficit de réserve : obligation pour les émetteurs de proposer un plan de remédiation en cas de réserve insuffisante, afin de garantir la capacité de rachat.
Norme de délai obligatoire pour le rachat : définition du délai maximal d’attente pour les détenteurs souhaitant racheter leurs stablecoins.
Exigences de capital suffisant : établissement d’un seuil minimum de capital pour les émetteurs de stablecoins, afin de réduire les risques systémiques.
Obligations anti-blanchiment (AML) : obligation pour les émetteurs de respecter les normes AML, en conformité avec celles des institutions financières traditionnelles.
Si la loi est adoptée, le commissaire bancaire sera autorisé à appliquer ces règles dans le délai imparti et sera responsable de l’approbation des licences.
Ce projet de loi dans le Delaware répond à un contexte commercial urgent. L’année dernière, plusieurs entreprises technologiques et de cryptomonnaie ont quitté cet État, réputé pour ses lois favorables aux sociétés, notamment Coinbase. Après avoir exprimé son mécontentement envers la Cour d’équité du Delaware (compétente pour les litiges en droit des sociétés), Coinbase s’est officiellement réinscrite au Texas.
Le représentant Bill Bush a déclaré : « Notre législation bancaire n’a pas été mise à jour de manière significative depuis quarante ans. Pendant ce temps, les activités bancaires et les modes de transaction ont connu des changements importants. Nous devons nous assurer que notre législation reste à jour. » Le Delaware n’est pas un nouvel acteur dans la cryptomonnaie : dès 2016, l’ancien gouverneur Jack Markell avait lancé le Delaware Blockchain Initiative pour attirer les entreprises de blockchain. Ce paquet législatif peut donc être vu comme une stratégie pour réaffirmer la position de l’État dans un contexte de compétition réglementaire.
L’action législative dans le Delaware s’inscrit dans un contexte plus large d’accélération de la régulation des cryptomonnaies aux États-Unis. Le même lundi, le sénateur Bill Cassidy a annoncé son intention de faire avancer la « Modernization of Cryptocurrency Taxation Act », co-proposée avec le sénateur Lummis, visant à résoudre le problème de la double imposition des mineurs et des stakers, et à établir un seuil d’exonération fiscale minimum de 300 dollars pour les actifs numériques.
Par ailleurs, la SEC américaine a soumis au Bureau de la gestion et du budget de la Maison Blanche deux projets de règles pour examen, dont une proposition selon laquelle la majorité des actifs cryptographiques sur le marché ne devraient pas être considérés comme des titres. Si cette proposition est adoptée, la régulation principale des cryptomonnaies sera transférée à la CFTC. Le président de la CFTC, Mike Selig, a exprimé son souhait d’éviter que la cryptomonnaie ne reste dans une zone d’incertitude, en apportant « de la clarté » au marché.
Le projet de loi sur les stablecoins dans le Delaware illustre la synchronisation entre la régulation étatique et fédérale, et constitue l’une des actions législatives symboliques dans la tendance à la clarification réglementaire aux États-Unis.
Q : Quelles entités sont spécifiquement réglementées par la SB 19 dans le Delaware ?
R : La SB 19 concerne les émetteurs de stablecoins et les fournisseurs de services d’actifs numériques opérant dans le Delaware. Elle exige qu’ils obtiennent une licence, respectent des exigences de réserve, des délais de rachat, des exigences de capital et des obligations AML. La loi utilise le langage et les définitions du « GENIUS Act » fédéral pour assurer la compatibilité entre les cadres étatique et fédéral.
Q : Pourquoi la réforme de la législation bancaire du Delaware est-elle qualifiée de « première en 40 ans » ?
R : La réglementation bancaire du Delaware n’a pas été substantiellement modifiée depuis 1981. Au cours des 40 dernières années, les innovations financières telles que la banque numérique, les paiements électroniques et les actifs cryptographiques ont profondément changé le secteur, mais les définitions et le cadre réglementaire de l’État n’ont pas été ajustés. Cette réforme vise à combler cette lacune.
Q : Quel est l’état actuel de l’avancement législatif de ces deux lois ?
R : Les lois ont été officiellement déposées. La prochaine étape consiste en une examen par la commission bancaire du Sénat, puis leur discussion en séance plénière du Sénat du Delaware. Par ailleurs, une autre loi, le « Delaware Money Transmission and Virtual Currency Modernization Act », devrait être déposée dans les prochains jours, se concentrant sur la protection des consommateurs et la réglementation des licences, mais il faudra encore du temps avant qu’elle ne devienne loi.