Comment la guerre en Iran pourrait-elle brûler la Réserve fédérale, et peut-elle aussi réchauffer le Bitcoin ?

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Lorsque le ciel nocturne de Téhéran est déchiré par le feu anti-aérien, et que les pétroliers du détroit d’Ormuz sont plongés dans les flammes, les marchés financiers mondiaux ont également vécu ce week-end une véritable épreuve de stress. Le 28 février, une vaste attaque aérienne menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran a non seulement coûté la vie au guide suprême iranien Khamenei, mais a aussi instantanément enflammé la mèche déjà fragile de la géopolitique mondiale.

Sixième jour de conflit, la situation ne s’est pas calmée, mais montre plutôt des tendances de long terme et d’expansion. Le président américain Trump a clairement indiqué que l’action militaire pourrait durer « bien au-delà de quatre à cinq semaines ». Derrière cette « nouvelle guerre au Moyen-Orient », une question cruciale pour les investisseurs mondiaux émerge : lorsque les États-Unis se retrouvent à nouveau plongés dans la guerre, que fera la Réserve fédérale ? Et ce « or numérique » qu’est le Bitcoin pourra-t-il renaître de ses cendres dans ce chaos ?

  1. La reprise des hostilités : du « coup d’éclat » à l’usure prolongée

● Au 3 mars, le conflit dépasse largement la « frappe limitée » initialement prévue. L’armée israélienne a annoncé avoir mobilisé environ 110 000 réservistes et lancé 2 500 projectiles contre des cibles iraniennes. De leur côté, l’Iran a juré de se venger, utilisant non seulement des missiles balistiques « Khoramshahr-4 » pour riposter aux cibles israéliennes, mais aussi en fermant le détroit d’Ormuz, le passage stratégique mondial de l’énergie, et en avertissant qu’elle attaquerait toute navire tentant de passer.

● La violence du conflit devient hors de contrôle. Le commandement central américain a reconnu la mort de six soldats américains, et trois F-15E ont été « accidentellement » abattus au Koweït. Plus inquiétant encore, le feu s’est propagé au Liban, où l’armée israélienne a lancé une opération à double front, menant de vastes raids contre des cibles du Hezbollah dans tout le pays.

● Face à l’offensive israélienne, le Premier ministre libanais a ordonné « l’interdiction immédiate » de toute activité militaire du Hezbollah et demandé la remise des armes. Cela montre la faiblesse et la lutte d’un petit pays face à la rivalité des grandes puissances. La stratégie de l’administration Trump devient de plus en plus claire : non seulement détruire la capacité de missile, la marine et les installations nucléaires iraniennes, mais aussi couper totalement le soutien de Téhéran à ses groupes armés proxy dans la région. C’est un pari risqué pour remodeler la configuration géopolitique du Moyen-Orient.

  1. Le « carrefour de la guerre » de la Fed : baisse des taux ou lutte contre l’inflation ?

Pour les responsables de la Fed à Washington, la fumée qui s’élève du désert du Moyen-Orient devient une ombre planant sur leurs modèles économiques.

● Il y a quelques jours, le président de la Fed de Minneapolis, Kashkari, affichait encore une confiance dans les perspectives économiques, anticipant une baisse des taux en 2026 grâce à une baisse de l’inflation. Mais, avec l’éclatement soudain du conflit, sa position a fait un volte-face à 180 degrés.

● « Nous devons juger combien de temps cette crise durera, quel sera son impact. S’agit-il d’une guerre d’usure à la russe ou ukrainienne, ou d’un événement à court terme comme l’attaque du Hamas contre Israël ? Différentes trajectoires auront des effets très différents sur la politique monétaire », a-t-il déclaré. La guerre a plongé les perspectives de la politique monétaire dans un « brouillard total ».

C’est le dilemme actuel de la Fed, ce que l’on peut appeler le « carrefour de la guerre » selon Arthur Hayes :

● D’un côté, le spectre de la stagflation. La guerre fait grimper les prix du pétrole. La menace de la fermeture du détroit d’Ormuz a déjà fait bondir les prix du gaz naturel en Europe de plus de 50 %, et le prix du Brent a brièvement dépassé 82 dollars le baril. Les prix de l’énergie, moteur de l’inflation, risquent de faire échouer les efforts de la Fed contre l’inflation des deux dernières années. Pour contenir l’inflation, la Fed doit maintenir des taux élevés, voire les augmenter.

● De l’autre, le risque de récession. La guerre nuit à la confiance. Les données historiques montrent que de grands conflits militaires frappent sévèrement la confiance des entreprises et des consommateurs, ralentissant la croissance économique.

○ Après le 11 septembre 2001, la Fed a rapidement abaissé ses taux pour stabiliser le marché ;

○ Pendant la guerre du Golfe en 1990, la Fed a également réduit ses taux. Pour soutenir l’économie et financer la machine de guerre à moindre coût, la Fed doit baisser les taux et imprimer de la monnaie.

● Au sein de cette lutte, des divergences apparaissent à la Fed. Le président de la Fed de New York, Williams, a déclaré le 3 mars qu’une baisse supplémentaire des taux serait justifiée si l’inflation ralentissait comme prévu, sans même mentionner la guerre en Iran. Cette évitement volontaire pourrait refléter une lutte intérieure.

● Pour les investisseurs, l’expérience historique est peut-être plus instructive : comme Hayes l’a résumé, depuis la fin de la guerre froide avec George H. W. Bush, jusqu’à George W. Bush, Obama, et maintenant Trump, lorsque « la paix américaine » exige de lourds sacrifices, la Fed finit toujours par céder face au Trésor et au Pentagone, en injectant une monnaie plus bon marché pour financer la guerre.

  1. Le baptême du feu du Bitcoin : actif refuge ou volatilité à haut risque ?

Au début du conflit, le Bitcoin s’est comporté comme un actif à haut risque plutôt que comme « or numérique ».

● Dans les heures qui ont suivi le lancement des missiles, le prix du Bitcoin et de l’Ethereum a connu une chute vertigineuse. Le BTC a chuté de 2 500 dollars en 45 minutes, passant sous la barre des 63 000 dollars, avec plus de 200 millions de dollars de positions longues liquidées. La première réaction du marché a été la panique et la recherche de liquidités, et la cryptomonnaie, avec ses transactions 24/7, est devenue la meilleure soupape pour exprimer cette panique.

● Cependant, la tendance s’est inversée peu après. Au 4 mars, le Bitcoin a rapidement rebondi au-dessus de 68 000 dollars, effaçant presque toutes ses pertes depuis le début du conflit. Ce rebond en « V » est significatif.

● D’une part, cela montre que le marché commence à réévaluer le rôle du Bitcoin dans des conflits géopolitiques extrêmes. Le CEO de VanEck a souligné qu’en période d’incertitude financière accrue, lorsque les marchés traditionnels ferment ou que la liquidité s’épuise, la cryptomonnaie devient un outil clé pour transférer des fonds transfrontaliers et chercher un refuge. La politique favorable à la cryptosphère dans certains centres financiers du Moyen-Orient en fait aussi une destination potentielle pour le flux de capitaux.

● D’autre part, la tendance du Bitcoin reste fortement liée à la liquidité macroéconomique. Si la Fed, comme l’histoire le montre, doit finalement opter pour une politique accommodante à cause de la guerre, l’afflux massif de dollars dans le marché fera monter tous les actifs libellés en dollars, y compris le Bitcoin. En résumé, la guerre est une dépense fiscale, et cette dépense se traduit par une vague monétaire. La limite maximale du Bitcoin (21 millions d’unités) en fait un outil idéal pour se couvrir contre cette surabondance monétaire.

  1. La fin de l’histoire : guerre, imprimantes à billets et or numérique

● En regardant la guerre du Golfe en 1990 ou celle d’Afghanistan en 2001, la Fed a toujours lancé un cycle de baisse des taux après le début du conflit. La logique était : utiliser des taux faibles pour compenser le risque de récession lié à la hausse des prix du pétrole, tout en fournissant un environnement monétaire souple pour financer la guerre.

● La situation actuelle est très similaire. La administration Trump doit faire face à une guerre d’usure prolongée avec l’Iran, tout en supportant une dette nationale énorme et une inflation domestique. Comme l’a dit Hayes, si la Fed refuse d’utiliser une monnaie moins chère pour financer cette « nouvelle grande œuvre nationale » (le changement de régime en Iran), cela sera considéré comme un manque de patriotisme.

● Ainsi, même si à court terme la hausse des prix du pétrole pourrait freiner les attentes de baisse des taux, à plus long terme, la durée du conflit augmentera le déficit américain, rendant inévitable une nouvelle émission monétaire par la Fed.

● Pour le Bitcoin, cela représente un catalyseur potentiel énorme. Bien que cette année, il ait sous-performé l’or, qui a augmenté de plus de 70 %, et qu’on le critique comme étant « pas encore l’or numérique » en raison de sa forte volatilité, cette volatilité même lui confère une résilience accrue en période de liquidité abondante. Si la Fed relance ses imprimantes, l’argent ne se dirigera pas vers l’or déjà à des sommets, mais vers le Bitcoin, plus sensible à la volatilité.

Les explosions au-dessus de Téhéran résonnent comme un écho brutal de la rivalité des grandes puissances, et marquent le début d’une nouvelle revalorisation des actifs mondiaux.

Dans cette guerre aux résultats incertains, les investisseurs doivent surveiller deux indicateurs : d’une part, la sécurité du passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, qui détermine le pic d’inflation à court terme ; d’autre part, la parole des responsables de la Fed, qui pourrait, à cause du coût économique de la guerre, à nouveau « faire preuve de patience » et ainsi influencer la durée de la liquidité.

Pour le Bitcoin, chaque vente panique pourrait accumuler de l’énergie pour une future narration de relâchement monétaire. Lorsque le « paix américaine » se traduira finalement par une augmentation du bilan de la Fed, ces pièces numériques extraites du sol pourraient alors briller de leur propre lumière.

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