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La confrontation politique autour du discours de Milei et des réformes législatives qui définissent l'orientation du pays
Dans un climat de tension politique extrême, le gouvernement de Javier Milei pousse un paquet législatif agressif comprenant la réforme du travail et la modification du régime pénal des jeunes, tandis que l’opposition monte la voix avec des critiques dévastatrices. Le débat parlementaire qui a traversé le pays début 2025 reflète une fracture profonde entre la Casa Rosada et les secteurs critiques, incarnée notamment par les propos incendiaires du député Juan Grabois.
L’attaque frontale de Grabois contre la réforme du travail
Le leader social et député de Unión por la Patria a prononcé un discours dur contre le projet de flexibilisation du travail qui a obtenu la majorité au Sénat. Selon lui, l’initiative libertaire fait écho aux politiques économiques désastreuses du passé argentin, suscitant une comparaison qui a résonné dans les couloirs du Congrès.
« En 2001, une réforme du travail similaire à celle que le gouvernement veut mettre en œuvre aujourd’hui a été faite. Ceux qui détenaient le pouvoir l’ont perdu et ont fui en hélicoptère de façon lâche. Si nous voulons que Javier Milei termine son mandat, nous lui demandons de ne pas sortir cette réforme, car ils finiront par partir en hélicoptère comme Patricia Bullrich », a déclaré Grabois, faisant allusion à l’histoire de l’Argentine et avertissant des conséquences potentielles de telles politiques.
Le député a également visé directement les libertaires, dénonçant leurs liens avec le narcotrafic, affirmant que « l’anarcocapitalisme est du narcocapitalisme ». Il a notamment évoqué l’ancien député José Luis Espert et la députée Lorena Villaverde, tous deux critiqués dans ce sens.
La réforme du travail : quels changements pour les travailleurs ?
Le Sénat a approuvé le projet avec 42 voix pour et 30 contre, après un débat marathon de plus de 12 heures. Le ministre de la Désregulation et de la Transformation de l’État, Federico Sturzenegger, a qualifié cette journée d’« historique », la première depuis la restauration démocratique à voir une réforme d’une telle envergure devenir loi.
Les changements principaux concernent la transformation radicale du calcul des indemnités de licenciement, la flexibilisation des modalités de paiement des salaires, et l’introduction du concept de « salaire dynamique » négociable selon la performance. Le nouveau régime prévoit que les rémunérations peuvent être versées non seulement en argent, mais aussi en nature, logement ou nourriture, et ouvre la possibilité de « bonus pour mérite personnel » et productivité.
Concernant les indemnités, la proposition réduit la base de calcul en excluant des concepts comme les vacances, la prime de Noël, les pourboires ou les primes. Un plafond est instauré, ne pouvant dépasser trois fois le salaire mensuel moyen du travailleur, avec des ajustements liés à l’inflation plus une majoration de 3 % par an. Pour les grandes entreprises, les jugements pourront être réglés en six versements mensuels, tandis que pour les PME, le délai est porté à douze versements.
L’opposition monte au créneau : « Il n’y a pas de plan global »
Au-delà de Grabois, plusieurs députés de l’opposition ont exprimé leurs préoccupations concernant la réforme. Le député Jorge Taiana, également de Unión por la Patria, a critiqué la majorité en affirmant que le projet « criminalise les jeunes les plus vulnérables » sans offrir de réponse globale à la problématique. « Aucun sujet de prévention, de protection, de mesures d’attention ni de ressources nécessaires pour le personnel spécialisé n’est envisagé », a-t-il dénoncé.
Miguel Ángel Pichetto, du Encuentro Federal, a également mis en garde contre le manque d’investissement public dans l’infrastructure, l’éducation et la réparation des services. « C’est une mesure de façade qui sert à faire briller certains sénateurs et ministres », a-t-il déclaré, faisant indirectement référence à Patricia Bullrich, ex-ministre de la Sécurité et actuelle chef de la bancada officielle au Sénat.
La réforme pénale des jeunes : le second front législatif
Parallèlement au débat sur le travail, la Chambre des députés a examiné un projet visant à réduire l’âge de responsabilité pénale de 16 à 14 ans. Avec 149 voix pour et 100 contre, le régime pénal des jeunes a obtenu la majorité, provoquant une confrontation tout aussi intense dans l’hémicycle.
Les défenseurs du projet, comme Gabriel Bornoroni, chef de groupe de La Libertad Avanza, ont affirmé que « un État qui n’intervient pas est un État qui abandonne », insistant sur le fait qu’il s’agit de donner aux juges le pouvoir de garantir la protection des victimes. Cependant, des spécialistes des droits de l’enfant ont exprimé leur opposition, soulignant que la mesure ne prévoit ni politiques de réinsertion ni prévention.
Nicolás del Caño, du FIT-Unitario, a déclaré que son bloc « rejettera catégoriquement » la loi, arguant que les statistiques nationales et internationales montrent qu’elle ne résout pas le problème mais l’aggrave. La gouverneure de Buenos Aires, Axel Kicillof, a également critiqué, affirmant que « la sécurité ne s’améliore pas avec des ajustements ou des solutions magiques, mais avec un État qui investit davantage et mieux ».
Le soutien de l’opinion publique : un atout pour le gouvernement
Un élément que le gouvernement met en avant comme justification est le large soutien dans les sondages. Selon une étude de la société Opinaia, 80 % des Argentins sont d’accord avec la baisse de l’âge de responsabilité pénale : 67 points de pourcentage se déclarent « tout à fait d’accord » et 14 points « plutôt d’accord ». Ce soutien transversal atteint 95 % chez les électeurs de La Libertad Avanza et 96 % parmi ceux qui ont voté pour Provincias Unidas.
L’accord Mercosur-UE : une victoire législative supplémentaire
Dans le même contexte, la Chambre des députés a ratifié avec 203 voix pour et 32 contre l’accord Mercosur-Union européenne, qui permettra la création de la plus grande zone de libre-échange au monde. Ce traité, signé en janvier à Asunción, Paraguay, constitue une autre victoire législative pour l’exécutif dans son agenda de transformation.
La dynamique interne de la majorité : obéissance aveugle ou débat législatif ?
Un aspect révélateur de ces débats a été l’exposition de la dynamique interne au sein de La Libertad Avanza. Il a été rapporté que la secrétaire générale de la Présidence a prononcé une phrase devant les députés libertaires résumant l’approche du gouvernement : « Aux projets de l’exécutif, on les vote d’abord, puis on les lit ». Le message laisse entendre que les parlementaires sont là pour obéir plutôt que pour exercer une pensée critique ou débattre substantiellement des initiatives.
Selon des chroniques d’une rencontre entre la sœur du Président et une cinquantaine de députés de La Libertad Avanza dans un restaurant de Villa Urquiza, les convives ont applaudi cette déclaration. Le Gouvernement n’a pas démenti ces détails, qui ont été révélés par certains des participants eux-mêmes.
Confrontations parlementaires : reflet de la tension politique
Lors du débat sur la réforme pénale des jeunes, plusieurs échanges houleux ont eu lieu. Horacio Pietragalla, de Unión por la Patria, a interrompu son homologue libertaire Nicolás Mayoraz en criant « Espèce de voyou ! », ce qui a conduit à un échange immédiat entre eux. Les députées Karen Reichardt (LLA) et Myriam Bregman (opposition) ont aussi eu un affrontement sur les réseaux sociaux lorsque la première a publié une photo provocante contre la bancada de gauche.
Cristian Ritondo, du bloc Pro, a souligné dans son intervention une contradiction apparente en citant un extrait du discours de Pietragalla de façon décontextualisée. Bien que Ritondo ait interprété ces mots comme une défense de la délinquance, la députée Paula Penacca a précisé que Pietragalla citait un livre de César González, relatant son expérience de vie autour de la délinquance et de la prison, sans que cela reflète la position du bloc peroniste.
La position nuancée du Frente Renovador
Au sein de la coalition opposée de Unión por la Patria, une distinction importante a émergé. Alors que le kirchnerisme a rejeté frontalement la réforme pénale des jeunes, le Frente Renovador de Sergio Massa a choisi de prendre une position propre. Le massisme est favorable à la baisse de l’âge à 14 ans, mais critique la méthode, exigeant que la modification fasse partie d’une réforme globale du Code pénal et non d’un régime isolé. Cette position pourrait conduire à l’abstention lors du vote général, tout en soutenant l’article spécifique sur la nouvelle âge minimum.
Incidents dans la rue : répression et arrestations lors de la mobilisation contre la réforme du travail
Les débats législatifs ont trouvé un écho dans la rue. Une mobilisation massive contre la réforme du travail a donné lieu à divers incidents aux abords du Congrès. Au moins 54 des 71 personnes arrêtées ont été libérées après audition. Selon des sources officielles, 51 arrestations ont été effectuées par les forces fédérales et 20 par la Police de la Ville. Les 14 personnes toujours en détention étaient réparties entre 10 hommes au Centre d’Admission et de Détention de Suárez à Barracas et 4 femmes à la maison d’arrêt féminine de Palermo.
La stratégie gouvernementale : consolider les majorités et projeter le pouvoir
Avec ces votes, le gouvernement de Milei a consolidé sa capacité à impulser son agenda législatif. La configuration numérique à la Chambre a permis à l’exécutif de combiner le soutien de ses partenaires stratégiques (Pro, UCR, MID) avec celui de blocs comme Provincias Unidas, Innovación Federal et l’espace de Producción y Trabajo.
Patricia Bullrich, chef de la bancada officielle au Sénat, a expliqué qu’au cours des négociations sur la réforme du travail, « la CGT a été invitée aux réunions et a fait une série de propositions » et que le gouvernement « a retenu celles qui nous semblaient raisonnables ». Cette caractérisation a été rejetée par les critiques, qui soutiennent que la centrale syndicale a été marginalisée du processus décisionnel réel.
Regard vers l’avenir : le débat sur le rôle de l’État
Ce qui ressort de ces confrontations législatives, c’est une lutte fondamentale sur la conception du rôle de l’État en Argentine. Tandis que le gouvernement de Milei prône la dérégulation, la flexibilisation et une moindre intervention de l’État, les secteurs critiques avertissent que ces politiques aggravent les vulnérabilités sociales, notamment chez les travailleurs précaires et la jeunesse des quartiers populaires.
Grabois a notamment averti que le paquet de réformes reproduit des erreurs historiques ayant provoqué des crises passées. Sa critique souligne que l’anarcocapitalisme que le gouvernement promeut n’est pas une solution mais une aggravation des problèmes structurels. De leur côté, spécialistes et législateurs de l’opposition insistent sur le fait que ces réformes nécessitent un accompagnement global par des politiques éducatives, préventives et sociales.
La confrontation politique qui a marqué ces débats législatifs indique que le pays traverse un moment de définition sur le modèle de développement qu’il souhaite. Les prochaines étapes législatives, notamment le traitement au Sénat de la réforme pénale des jeunes et d’autres projets, continueront d’être des scènes de cette lutte fondamentale.