Trump : pression à l’extrême et auto-déclaration — la vérité des négociations sous le prisme de la rhétorique



Du dernier ultimatum de 48 heures le 21 mars, à la menace apocalyptique de « disparition de la civilisation » le 7 avril, puis à l’auto-déclaration de « cessez-le-feu de deux semaines » le 8 avril — la stratégie de négociation de Trump avec l’Iran suit toujours la même logique : provoquer la panique grâce à une pression maximale, et fabriquer la victoire grâce à une auto-déclaration. Pourtant, lorsque les déclarations selon lesquelles le « changement de régime est accompli » et que « l’Iran est déjà quasiment détruit » se heurtent sans cesse à la réalité du terrain, la fragilité de ce modèle de rhétorique se révèle au grand jour.

I. Récit des négociations : du « dialogue approfondi » au « dialogue intense »

Tout au long de la première moitié du mois d’avril, Trump envoie continuellement à l’extérieur des signaux indiquant que des négociations « progressent ». Le 5 avril, il a dit à Fox News que les États-Unis et l’Iran pourraient parvenir à un accord « demain », puis il a affirmé à la chaîne de télévision israélienne Channel 12 que l’accord pourrait être conclu mardi.

Il prétend que les États-Unis maintiennent le contact avec l’Iran par l’intermédiaire de plusieurs canaux, menés notamment par ses conseillers Steve Witkoff et son gendre Jared Kushner. Les échanges se font selon deux pistes : d’une part des contacts indirects facilités par le Pakistan, l’Égypte et la Turquie, et d’autre part des échanges directs entre l’envoyé américain et le ministre iranien des Affaires étrangères Araghzi.

Quelques heures avant la date limite du 7 avril, Trump a déclaré à Fox News que les États-Unis menaient des « négociations intenses » au sujet de la guerre en Iran, mais il a refusé de donner davantage de détails. Lorsqu’on lui a demandé l’état des négociations, il a répondu brièvement : « Je ne peux pas vous le dire, parce que nous sommes actuellement en plein dialogue intense. »

Cette posture de « rien à divulguer », en contraste avec ses annonces antérieures très médiatisées de « négociations approfondies », rend difficile de savoir si les négociations ont réellement progressé ou si elles sont dans l’impasse.

II. Pression à l’extrême : « le jour des centrales et des ponts » et « la disparition de la civilisation »

Tout au long de la première moitié d’avril, les propos de Trump visant à menacer n’ont cessé de s’intensifier. Le 6 avril, il a publié sur « Truth Social » un post très percutant : « Mardi sera le jour des centrales électriques et des ponts en Iran, tout compris, tout-en-un. Rien ne peut l’égaler !!! Ouvrez ce fichu détroit, espèce de bande de tarés, sinon vous vivrez en enfer — vous verrez bien ! Loué soit Allah. »

Il a ensuite proféré une nouvelle menace devant les journalistes à la Maison-Blanche : « Ils n’auront plus de ponts, plus de centrales électriques, rien du tout. Je n’irai pas plus loin, parce qu’il y a pire que ces deux choses-là. »

À la veille de la date limite du 7 avril, Trump a lancé la menace la plus extrême : « Ce soir, toute la civilisation disparaîtra, et il n’y aura jamais de retour en arrière. » Il a ajouté : « Je ne veux pas que quelque chose comme ça arrive, mais il se peut que ça arrive… Peut-être quelques miracles révolutionnaires, qui sait ? Ce soir, nous révélerons la réponse. »

III. Auto-déclaration : « l’Iran a déjà quasiment été détruit »

En parallèle des menaces, Trump ne cesse d’annoncer des « victoires ». Le 7 avril, sur les réseaux sociaux, il a affirmé que « l’Iran a déjà quasiment été détruit. La partie difficile est derrière nous. Allez chercher votre pétrole, vous. »

Il a également insisté sur le fait que le « changement de régime » en Iran avait été réalisé, et il a affirmé que, désormais, la direction iranienne avec laquelle les États-Unis négocient « est plus compréhensive, plus raisonnable ». Mais il a aussi déclaré que l’Iran « refuse catégoriquement de se rendre, toutefois ils finiront bien par céder — s’ils ne cèdent pas, alors ils n’auront rien du tout ».

Cependant, quand un journaliste lui a demandé : « Étant donné que vous avez dit à de nombreuses reprises que la puissance militaire iranienne a été détruite, pourquoi la guerre se poursuit-elle encore ? », Trump a reconnu que l’Iran « a encore quelques missiles, encore quelques drones. Ils ont eu de la chance, ils ont abattu un (avion des forces américaines). »

Cette réponse met en lumière une contradiction fondamentale : si l’Iran « a déjà quasiment été détruit », pourquoi des pilotes américains seraient-ils abattus ? Et pourquoi, malgré un cessez-le-feu de deux semaines, les conditions « l’Iran ouvre le détroit d’Hormuz » restent-elles toujours assorties ?

IV. Les propos de Vance déclenchent des spéculations sur l’arme nucléaire

Le 7 avril, le vice-président américain Vance, lors d’une visite en Hongrie, a tenu une série de déclarations remarquées. Il a dit : « Nous avons stocké dans notre “boîte à outils” quelques outils, même si jusqu’à présent nous n’avons pas encore décidé de les utiliser. Mais le président des États-Unis a le droit de décider s’il faut les mobiliser. Si la partie iranienne ne change pas sa ligne de conduite, alors le président sera obligé de décider de les utiliser. »

Cette formulation, qui fait écho à la menace de Trump selon laquelle « toute la civilisation disparaîtra » publiée le même jour, a rapidement suscité des spéculations en ligne, selon lesquelles Vance laissait entendre que les États-Unis pourraient recourir à l’arme nucléaire. Par la suite, la Maison-Blanche a publié en urgence un message sur les réseaux sociaux pour clarifier : « Dans ces propos, le vice-président ne contient littéralement absolument rien qui “laisse entendre” cela. »

Mais cette clarification n’a pas totalement dissipé les doutes — dans un contexte de pression maximale, des mots volontairement flous constituent eux-mêmes un outil de pression.

V. Les faucons extrémistes : Trump plus radical que ses ministres

Selon plusieurs responsables informés, sur la politique à l’égard de l’Iran, la position actuelle de Trump serait même plus dure que celle de ses membres du cabinet. Un responsable l’a dit sans détour : « À la place du président, le secrétaire à la Défense Hegseth ou le secrétaire d’État Rubio semblent plus modérés. En ce moment, le président est d’une agressivité extrême. »

Il est rapporté que ses alliés les plus durs — dont le Premier ministre israélien Netanyahu, les dirigeants saoudiens et des Émirats arabes unis, ainsi que le sénateur Lindsey Graham — lui auraient demandé de ne pas faire de concessions sur ses exigences centrales. Ils estiment qu’aucun accord de cessez-le-feu ne devrait être signé à moins que l’Iran accepte de rouvrir le détroit d’Hormuz et de remettre tout son uranium hautement enrichi.

Parallèlement, l’équipe de négociation américaine, menée par le vice-président Vance, le conseiller Witkoff et Kushner, pencherait plutôt vers la conclusion d’un accord. Ce désaccord interne reflète l’incohérence même de la politique américaine envers l’Iran.

Conclusion : la stratégie de négociation de Trump avec l’Iran présente une forme de « modèle Trump » très distinct : utiliser une pression à l’extrême pour forcer l’autre camp à céder, tout en verrouillant, sur le plan de l’opinion publique, une « victoire » grâce à l’auto-déclaration. Cependant, lorsque « l’Iran a déjà quasiment été détruit » et « l’Iran a encore quelques missiles » apparaissent dans la même conversation, et lorsque la menace de « disparition de la civilisation » et la déclaration de « cessez-le-feu de deux semaines » s’inversent en quelques heures — ce modèle peut peut-être fonctionner sur les réseaux sociaux, mais sa fragilité se révèle sans équivoque dans le monde réel, là où il faut affronter la réalité du champ de bataille et les chiffres des pertes. Deux semaines plus tard, lorsque l’échéance du cessez-le-feu expirera de nouveau, cette lutte entre rhétorique et réalité risque fort de se poursuivre encore longtemps.
#Gate廣場四月發帖挑戰
Voir l'original
post-image
post-image
post-image
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • 2
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire
MasterChuTheOldDemonMasterChuvip
· Il y a 2h
Il suffit de foncer 👊
Voir l'originalRépondre0
Ryakpandavip
· Il y a 9h
Il suffit de foncer 👊
Voir l'originalRépondre0
  • Épingler