Le « front invisible » de Gaza — des courants souterrains sous le cessez-le-feu



Sous l’ombre du blocus du détroit d’Ormuz et des combats acharnés entre Israël et le Liban, la bande de Gaza présente un tableau relativement calme, mais des courants souterrains circulent en dessous de cette tranquillité.

L’armée israélienne et le Service de sécurité nationale ont publié une déclaration conjointe le 9, affirmant que l’armée israélienne et le Shin Bet ont récemment tué un membre du Jihad islamique palestinien (Jihad) et trois membres du Mouvement de résistance islamique palestinien (Hamas). La déclaration indique que l’armée israélienne et le Shin Bet ont lancé une attaque le 5, tuant Abdel Hudairi, un membre de Jihad — Hudairi ayant participé à l’attaque contre Israël le 7 octobre 2023, et planifié une attaque contre les forces israéliennes dans le nord de Gaza. L’attaque a également causé la mort de trois membres du Hamas.

Mais l’armée israélienne et le Shin Bet ont également déclaré qu’ils opèrent toujours conformément à l’accord de cessez-le-feu israélo-palestinien, et « continueront à agir pour éliminer toute menace potentielle ». Ce mode d’opération, « éliminer les menaces dans le cadre de l’accord », reflète la stratégie israélienne de « cessez-le-feu mais sans renoncer au droit d’agir » sur la question de Gaza.

La présence militaire israélienne à Gaza n’est pas encore terminée. Selon l’accord de cessez-le-feu, Israël doit se retirer de tout le territoire de Gaza après la désarmement du Hamas. Mais après avoir conclu un cessez-le-feu avec le Hamas en octobre dernier, Israël contrôle encore plus de la moitié de la région, et le retrait à court terme semble peu probable.

Le think tank américain Quincy Institute for Responsible Statecraft a analysé que les États-Unis veulent une « victoire dont ils peuvent se vanter », tandis qu’Israël veut « l’effondrement du régime iranien ». L’un veut mettre fin, l’autre veut continuer à boire. Ces divergences stratégiques existent également sur la question de Gaza.

Le traité de cessez-le-feu à Gaza lui-même présente des défauts inhérents. Les clauses du traité sont souvent floues — par exemple, l’armée israélienne promet de « se retirer jusqu’à la ligne convenue » sans préciser la frontière, et le Hamas demande la libération de « toutes les personnes concernées », alors qu’Israël n’accepte que « certaines personnes », ce qui ouvre la voie à des différends ultérieurs. Les deux parties s’accusent mutuellement de violation, créant une chaîne de méfiance du type « celui qui agit en premier est en position de faiblesse ».

La position du Hamas est également intrigante. Certains analystes soulignent que le Hamas reste la force dominante à Gaza, « armé et avec des soldats », mais le traité de cessez-le-feu semble faire comme si cela n’était pas le cas. « Ce n’est pas qu’on a oublié de l’écrire, c’est qu’on ne veut pas l’écrire. Si on l’écrivait, cela empêcherait les négociations. Ne pas l’écrire, c’est poser une mine. » Cette « ambiguïté stratégique » remet en question la stabilité à long terme du cessez-le-feu. L’analyste palestinien Wadi Al-Awad a souligné qu’Israël n’a pas obtenu de « résultat décisif » avant de faire cesser le feu, sous la pression énorme des électeurs. Le Hamas accepte le cessez-le-feu pour respirer, pour échanger des fournitures, mais leur faire rendre les armes ? « Impossible d’y penser. ‘Mouvement de résistance’ est leur gagne-pain, leur marque, leur raison d’être. On peut parler de cessez-le-feu, mais pas de capitulation. »

Netanyahou, dans une vidéo, a affirmé que les actions d’Israël contre l’Iran et la « ligne de résistance » ont réalisé des succès majeurs, changeant de façon historique la position d’Israël au Moyen-Orient. « Israël est plus fort que jamais, et l’Iran est plus faible que jamais. » Cette confiance stratégique explique en partie pourquoi Israël continue d’opérer simultanément sur plusieurs fronts militaires à Gaza, au Liban, en Syrie, même après le cessez-le-feu.

Il est également notable que de nouveaux signes de progrès apparaissent récemment dans le processus de cessez-le-feu à Gaza. Des sources indiquent que le Hamas aurait accepté une nouvelle proposition de cessez-le-feu, conservant 98 % du plan proposé par l’envoyé américain Wittekov en mai, qui prévoyait un cessez-le-feu initial de 60 jours. Si cette information s’avère exacte, cela pourrait apporter un nouveau facteur dans la situation à Gaza. Cependant, Israël n’a pas encore répondu officiellement.

Les questions clés du traité de cessez-le-feu restent en suspens. Le Hamas doit-il désarmer ? Qui gouvernera Gaza à l’avenir ? Ces questions essentielles ne sont pas clairement abordées dans le texte de l’accord, ce qui donne l’impression que le cessez-le-feu n’est qu’un « refroidissement temporaire » plutôt qu’un désarmement. Lorsque toutes les parties considèrent ce cessez-le-feu comme une fenêtre pour réarmer plutôt qu’un début de paix, l’avenir de la paix à Gaza demeure incertain.
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