La Réserve fédérale souhaite-t-elle que la Chine vende ses obligations américaines plus tôt ? Pourquoi ne baisse-t-elle pas les taux, car elle sait très bien que la Chine finira par vendre ses 780 milliards de dollars d'obligations américaines. Sur le marché, seul la Fed pourrait absorber une telle somme d'obligations, donc elle attend simplement cette opportunité.


Pour faire simple, la Fed n’espère pas forcément que la Chine dévalue immédiatement ses positions, mais elle a besoin d’une raison suffisamment crédible pour remettre la main dans le marché des obligations américaines. Car les problèmes du déficit américain ne concernent plus le nombre d’acheteurs, mais la croissance continue de la dette, le refinancement de plus en plus fréquent, et chaque hausse de rendement pouvant faire grimper encore plus les intérêts de la dette. La dette fédérale américaine approche les 38,98 trillions de dollars, et le Congressional Budget Office prévoit un déficit d’environ 1,9 trillion de dollars pour l’exercice 2026, avec des intérêts nets d’environ 1 trillion de dollars.
C’est cette réalité qui explique pourquoi la Fed ne veut pas encore baisser les taux. Le 18 mars, le FOMC maintenait le taux des fonds fédéraux entre 3,5 % et 3,75 %. En apparence, il se concentre sur l’inflation, mais en réalité, il surveille surtout “que la longue échéance ne devienne pas incontrôlable, et que la situation fiscale ne se détériore pas”. Car si la Fed baisse trop tôt, le marché ne se demandera pas si l’économie atterrit en douceur, mais si les États-Unis ne peuvent continuer à refinancer leur dette croissante qu’avec des taux plus bas.
La réduction des avoirs chinois est source d’inquiétude à Washington, non pas à cause de l’ampleur qui pourrait être fatale, mais parce qu’elle ressemble à un clou qui se retire lentement. En janvier 2026, la Chine détenait pour 694,4 milliards de dollars d’obligations américaines, en baisse par rapport à 760,8 milliards en janvier 2025. Cela montre que la Chine ne vend pas de manière impulsive, mais qu’elle modifie progressivement sa structure de réserves, passant d’une concentration sur le dollar à une composition plus diversifiée, plus résistante aux sanctions et aux fluctuations.
Beaucoup pensent que si la Chine vend, personne ne rachètera ces obligations, mais c’est une vision simpliste du marché. Le Japon, le Royaume-Uni, divers fonds, les banques, les teneurs de marché de premier rang peuvent continuer à acheter ; la Réserve fédérale de New York a aussi clairement demandé aux teneurs de marché de participer en permanence aux ventes d’obligations d’État. Le vrai problème n’est pas “y a-t-il quelqu’un pour acheter en premier”, mais qui sera prêt, dans les années à venir, à absorber de façon continue, à faible rendement et faible volatilité, le déficit croissant d’émission de dette américaine. Transporter temporairement ou assumer à long terme, ce n’est pas la même chose.
C’est précisément pour cela que la Fed ne se soucie pas tant de savoir si la Chine vend ou non, mais si elle continue à vendre, cela lui facilitera “l’explication légitime” pour se retirer. La note d’application de mars 2026 est claire : la Fed continuera d’acheter des bons du Trésor, et pourra aussi acheter des obligations d’État de moins de 3 ans pour maintenir des réserves suffisantes. En termes simples, cela signifie que l’outil est déjà prêt sur la table, il ne manque qu’un moment d’intervention plus opportun.
Ainsi, ce que la Fed attend réellement, ce n’est pas que la Chine lui cause des problèmes, mais qu’elle lui fournisse une narration. Tant que la réduction externe, la pression sur les ventes aux enchères et la hausse des primes de terme apparaissent simultanément, la Fed pourra, sous prétexte de “maintenir la fonction du marché” et “d’accroître ses réserves”, élargir à nouveau son bilan. À ce moment-là, ce qu’elle achète en surface, c’est la liquidité, mais en réalité, c’est le plafond de financement du budget américain qui est soutenu. En fin de compte, la baisse ou non des taux n’est qu’une opération de façade, le vrai enjeu derrière le rideau, c’est qui stabilisera le système de 38 trillions de dollars de dette.
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