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Les “fissures” derrière le nouveau sommet du marché américain : pourquoi le marché fait la fête, mais les ministres des Finances ont peur ?
Cette semaine, l’indice S&P 500 a atteint un sommet historique de 7022 points, semblant effacer complètement l’ombre de la guerre. Mais les ministres des Finances de dix pays ne respirent pas pour autant. La théorie du lauréat du prix Nobel Friedman nous rappelle : ce que les marchés financiers réparent, c’est “l’attente”, alors que les blessures de l’économie réelle viennent tout juste de commencer à se faire sentir.
Le marché va à la vitesse de la lumière, l’économie réelle à celle d’une tortue
La bourse négocie “l’attente de l’attente”. Dès qu’on aperçoit une lueur d’espoir d’un cessez-le-feu, les fonds y entrent en une seconde pour faire monter le “dividende de la paix” dans le prix des actions. Mais la facture de l’économie réelle — pipelines détruits, routes coupées, coûts logistiques en hausse — met des mois à se refléter dans les résultats des entreprises et dans l’indice des prix à la consommation (CPI). C’est ce que Friedman souligne comme “l’effet de retard long et variable”. Aujourd’hui, la facture commence à apparaître une à une.
Les trois “fumées” des vraies factures
1. La “longue traîne” de l’inflation dissimulée
Bien que le prix du pétrole soit retombé à 94 dollars, l’ancien prix élevé de 115 dollars s’est infiltré comme un poison dans les engrais, le transport et tous les produits industriels. Les responsables de la Fed avertissent que l’inflation de base pourrait rester autour de 3 % jusqu’en 2026. Cela signifie que les taux d’intérêt resteront élevés plus longtemps — les marchés américains reposent sur des coûts de financement plus élevés qu’avant la guerre.
2. La distorsion des flux physiques
En raison de l’interruption de l’approvisionnement au Moyen-Orient, la quantité d’aviation de kérosène importée par l’Europe en avril pourrait atteindre un record historique. Le fait de devoir “chercher loin” du carburant en traversant la moitié du globe entraîne une perte d’efficacité et une hausse des coûts.
3. Le “piège de la vitre cassée” de 58 milliards de dollars
La guerre a causé environ 58 milliards de dollars de pertes aux infrastructures énergétiques. Réparer ces dégâts ne créera pas de nouvelle capacité — cela occupera simplement les ressources mondiales en équipements et en ingénierie, aggravant encore les retards et la pression inflationniste. C’est une consommation nette, et non une croissance.
Conclusion
Le nouveau sommet des marchés américains cette semaine repose sur une base de coûts de financement plus élevés qu’avant la guerre. Les comptes de l’économie réelle ne mentent jamais, ils avancent simplement plus lentement. Quand le marché fait la fête, la crainte des ministres des Finances nous rappelle que : il est facile de réparer les prix, mais beaucoup plus difficile de réparer les chaînes d’approvisionnement mondiales fracturées et les racines de l’inflation.