Le marché haussier de l’or est sur le point de changer de tournant. Ce que Daniel Oliver, fondateur de Myrmikan Capital, a récemment souligné, c’est que la tendance de hausse fluide qui a duré depuis 2022 est en train de se transformer radicalement.



Selon son analyse, le marché de l’or passe par deux phases. La première phase correspond à une période où la tension géopolitique a incité les pays non alignés à revoir leur réserve de dollars. Les banques centrales ont continué à acheter discrètement, sans se soucier des fluctuations de prix à court terme. En conséquence, le graphique dessinait une parabole élégante.

Mais maintenant, cette hausse ordonnée commence à s’effondrer. La deuxième phase commence ici. Oliver se concentre sur la pression qui pèse sur le système de crédit américain. Ces dernières décennies, les taux d’intérêt faibles ont encouragé l’effet de levier. Les fonds ont levé massivement des capitaux, acquis des entreprises, puis les ont refinancées à moindre coût. Mais aujourd’hui, les taux d’intérêt montent, et les opportunités de refinancement se réduisent. Même les entreprises qui pouvaient facilement différer leurs dettes risquent désormais de faire face à des coûts plus élevés et à un accès limité.

Cette pression commence tout juste à se manifester. Il ne s’agit pas d’un défaut massif comme en 2008, mais d’un déploiement progressif par secteur. La Fed est dans une impasse. Réduire son bilan tout en abaissant les taux est mathématiquement contradictoire. Si le marché du crédit se fige, la Fed sera finalement obligée d’augmenter son bilan pour éviter un effondrement du système. En d’autres termes, plus d’argent sera imprimé.

Ce mouvement est la véritable raison sous-jacente du soutien au marché de l’or. Oliver voit l’or comme un actif de contrepartie face à l’expansion des passifs des banques centrales. Historiquement, le bilan des banques centrales a toujours maintenu une relation significative avec les réserves d’or. Si l’on applique cela à la balance beaucoup plus grande de la Fed aujourd’hui, il faudrait une hausse des prix de l’or pour rétablir l’équilibre.

L’argent (silver) offre une perspective différente. La majorité de la production mondiale d’argent est un sous-produit d’autres métaux, ce qui rend son offre relativement inélastique. La demande, notamment dans l’industrie et pour les énergies renouvelables, est difficile à freiner. Si l’offre et la demande sont toutes deux inélastiques, de petites variations peuvent avoir un impact considérable sur le prix. Et c’est déjà observable.

La tension structurelle dans le marché physique de l’or ne peut être ignorée. Les traders et les raffineurs utilisent généralement le marché à terme pour couvrir leurs stocks, mais la volatilité croissante oblige les banques à resserrer les exigences de marge. Les petits acteurs réduisent leurs volumes et leurs stocks, ce qui limite l’offre et peut amplifier la volatilité des prix.

Fait intéressant, l’or lui-même reste robuste, mais les actions minières sont à la traîne. Oliver évoque la comptabilité prudente et le doute des investisseurs institutionnels quant à la durabilité des prix actuels de l’or. Les grandes entreprises évaluent leurs ressources à un prix moyen sur plusieurs années, ce qui limite leurs bénéfices déclarés. Lors d’un véritable boom, les investisseurs particuliers afflueront dans ce secteur, faisant exploser les multiples de valorisation.

Sur le plan macroéconomique, la situation fiscale des États-Unis est tendue. En calculant la dette fédérale par rapport à chaque travailleur, on atteint un niveau économiquement insoutenable. En incluant les obligations à long terme, la charge devient encore plus lourde. Oliver voit une probabilité croissante d’une restructuration monétaire sous une forme ou une autre.

Ce qu’il craint aussi, c’est la direction des monnaies numériques et de la régulation financière. En période d’incertitude, les gouvernements tendent à renforcer la surveillance des flux de capitaux. L’or physique est l’un des rares actifs sans risque de contrepartie directe. La Commission européenne, par exemple, cherche à réduire le prix de l’utilisation de l’argent liquide et à suivre toutes les transactions via des monnaies numériques, ce qui est symbolique.

En conclusion, la prochaine phase de l’or sera probablement moins fluide que la précédente. La transition d’un achat discret par les banques centrales vers une période plus volatile, façonnée par la pression du crédit et les contraintes politiques, est en cours. La rapidité de cette transition ou une réévaluation brutale dépendra de l’évolution du cycle du crédit privé et de la réaction de la Fed. Quoi qu’il en soit, l’or montre déjà les pressions exercées sur le système, et cette seconde étape du marché haussier est déjà engagée.
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