Le marché boursier américain est-il en surchauffe ? Bank of America avertit : 70 % des indicateurs de marché baissier s'allument en rouge, révélant un risque macroéconomique majeur

Le rapport de la banque américaine avertit que le marché boursier américain est surchauffé, avec 70 % des indicateurs de marché baissier déclenchés. Plusieurs évaluations du S&P 500 sont coûteuses, avec un objectif de fin d’année à la baisse à 7 100 points, et la performance interne des actions technologiques atteint un niveau record depuis 2000.

Bank of America Securities a récemment publié un rapport sur le marché boursier américain, indiquant que de plus en plus d’indicateurs de marché baissier ont été activés, conseillant aux investisseurs de faire preuve de prudence face aux sommets du marché. Parmi les signaux de tendance baissière suivis par la banque, 70 % sont en alerte rouge, ce qui correspond à la moyenne historique lors des pics de marché.

Dans l’ensemble, sur 20 indicateurs d’évaluation, 17 montrent une valorisation statistiquement coûteuse du S&P 500, dont 8 dépassent les niveaux observés lors de la bulle technologique.

Malgré la pression sur le marché, l’institution souligne que tous les titres ne sont pas dépréciés, appelant les investisseurs à privilégier une sélection de titres plutôt qu’à détenir simplement un indice pondéré par la capitalisation. Actuellement, la banque maintient son objectif de fin d’année pour le S&P 500 à 7 100, en dessous du cours de clôture d’hier à 7 386,65. Le rapport rappelle aux participants du marché de rester vigilants face à la volatilité extrême des prix et de revoir leur allocation d’actifs en conséquence.

Plusieurs indicateurs macroéconomiques et de crédit de la banque américaine montrent une pression potentielle

Le modèle d’analyse de la banque américaine couvre des données de confiance des consommateurs, des prévisions de croissance économique, des évaluations de fusions-acquisitions et des tensions de crédit. Parmi eux, l’enquête de la Réserve fédérale (Fed) publiée en mai, appelée Senior Loan Officer Opinion Survey (SLOOS), indique que le crédit et la demande des consommateurs continuent de ralentir, reflétant un resserrement global des conditions financières.

De plus, les actions à forte ratio cours/bénéfice (P/E) dominent largement celles à faible ratio. Les stratégistes soulignent que cet écart extrême d’évaluation est souvent un signe de spéculation excessive sur le marché, et que les investisseurs doivent être attentifs aux risques potentiels liés aux changements dans l’économie globale et les conditions de crédit.

Performance interne des actions technologiques atteignant un sommet depuis 2000

Bien que le S&P 500 ait récemment affiché une performance robuste, l’équipe de la banque américaine pense que cela masque de fortes divergences internes du marché. Selon les données depuis 1986, la différence de rendement entre le quintile supérieur et le quintile inférieur des performances dans le secteur technologique s’est étendue à son plus haut niveau depuis février 2000.

En élargissant la portée à l’ensemble de l’indice, la différence de performance entre les 10 % de meilleures et les 10 % de pires actions au cours des trois derniers mois a également atteint son sommet depuis le début de la pandémie de COVID-19. Ce phénomène de concentration excessive indique que la structure sous-jacente de la hausse du marché pourrait être moins solide qu’elle n’en a l’air.

Solidité des fondamentaux mais défis pour les dépenses en capital

Du point de vue des fondamentaux, certaines actions technologiques restent saines en termes de levier financier et de capitalisation, mais montrent des signes de faiblesse par rapport à la période récente. Le rapport souligne que le taux de conversion des flux de trésorerie des entreprises stagne, que l’offre de dettes de qualité investment-grade et d’actions augmente, et que le rythme de rachat d’actions (Share Buybacks) commence à ralentir en proportion de la capitalisation totale.

Il est particulièrement notable que, pour les grands fournisseurs de services cloud, la part des dépenses en capital dans le flux de trésorerie d’exploitation devrait atteindre près de 100 % d’ici la fin de l’année, contre 40 % en 2023. La hausse rapide des dépenses en capital pourrait réduire la flexibilité future, ce qui constitue un point d’attention pour ces industries.

  • Cet article est reproduit avec autorisation de : « Chain News »
  • Titre original : « La BOA met en garde contre la surchauffe du marché américain ! 70 % des indicateurs de marché baissier déclenchés »
  • Auteur original : Florence
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