Pourquoi des entreprises kazakhes doivent-elles entrer en Bourse à Hong Kong ?

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La société nationale des chemins de fer du Kazakhstan (Kazakhstan Temir Zholy, abrégé KTZ) a officiellement déposé à la Bourse de Hong Kong une demande d’inscription, avec China International Capital Corporation (CICC) comme conseil introducteur exclusif. Cette entreprise, détenue à 100 % par le fonds souverain kazakh Samruk-Kazyna, prévoit de lever des fonds pour construire la ligne ferroviaire Bakhty-Ayagoz, longue de 272 kilomètres. L’objectif est d’augmenter les capacités de fret transfrontalier vers la Chine, d’environ 50 millions de tonnes par an à 100 millions de tonnes. Le problème est le suivant : pourquoi une entreprise publique kazakhe, à des milliers de kilomètres, vient-elle s’introduire en Bourse à Hong Kong ?

La réponse est simple : parce que c’est une affaire gagnant-gagnant.

Hong Kong, une plateforme de financement idéale

Les besoins de financement de KTZ sont extrêmement élevés : construction de nouvelles lignes, modernisation des infrastructures, remboursement de la dette… chaque poste exige un capital considérable. Au début de cette année, des médias étrangers ont indiqué que la Bourse internationale d’Astana (AIX) du Kazakhstan, encore à ses débuts (en 2025, la capitalisation boursière totale des sociétés cotées locales s’élevait à 85 milliards de dollars, se classant environ au 50e rang dans le monde), ne dispose pas d’une profondeur de marché et d’une taille de fonds suffisantes pour soutenir un IPO d’une telle ampleur. Les médias étrangers ont également estimé, au début de cette année, que la levée de fonds de KTZ s’élèverait à environ 1 milliard de dollars, et que les fonds seraient utilisés pour l’expansion du réseau et une réduction potentielle de la dette.

Hong Kong, au contraire, est totalement différent. Au premier trimestre 2026, le montant total des levées de capitaux sur le marché des actions à Hong Kong a atteint 30,6 milliards de dollars, consolidant sa position de premier centre mondial de financement des introductions en Bourse. Le directeur général de la Bourse de Hong Kong, Chen Yiting, a souligné qu’à l’heure actuelle, plus de 400 entreprises ont déposé des demandes d’inscription, et que le nombre de sociétés en attente se situe à un « niveau historique élevé ». Pour des entreprises d’infrastructure comme KTZ, qui ont besoin d’un financement massif, la profondeur du marché de Hong Kong est précisément ce dont elles ont besoin.

Plus important encore, Hong Kong dispose d’un système juridique de droit commun bien établi et d’un cadre de régulation international, qui peut s’articuler sans difficulté avec le cadre juridique du Centre financier international d’Astana (AIFC) au Kazakhstan. En juin, la Bourse de Hong Kong (00388) a d’ailleurs signé un mémorandum de coopération avec l’autorité de l’AIFC et la AIX, afin de promouvoir la double cotation des actions et la cotation transfrontalière de titres de dette. Cette interconnexion institutionnelle réduit considérablement le seuil pour les entreprises kazakhes qui souhaitent s’introduire à Hong Kong.

Ainsi, KTZ, en tant qu’« opérateur clé du corridor », reliant la Chine et l’Europe via d’importantes voies terrestres de transport, présente un attrait naturel pour les investisseurs chinois. Être coté à Hong Kong signifie pouvoir toucher directement un vaste bassin de capitaux intéressé par les projets d’infrastructure de « la Ceinture et la Route ».

Hong Kong capte des commissions financières et gagne en diversification de marché

La valeur de l’introduction de KTZ pour le secteur financier de Hong Kong est également évidente. En tant que conseil introducteur exclusif, CICC percevra directement des commissions substantielles d’introduction ; l’ensemble de l’écosystème, notamment les cabinets d’avocats, les cabinets comptables, les preneurs fermes, en bénéficiera également. Au-delà des revenus immédiats de services, c’est aussi une démonstration des capacités de Hong Kong en tant que centre financier international.

D’un point de vue plus macro, le cas de KTZ a une portée de référence. Le Kazakhstan pousse activement la privatisation des entreprises publiques, couvrant plusieurs secteurs comme le pétrole, les télécommunications et l’exploitation minière. Si l’introduction de KTZ se déroule bien, elle ouvrira la porte à davantage de sociétés kazakhes, voire d’Asie centrale, pour lever des fonds à Hong Kong.

Plus profondément encore, il s’agit d’une liaison financière stratégique. Le mois dernier, lors de la visite d’une délégation menée par la Cheffe de l’exécutif, Lee Ka-chiu, au Kazakhstan, les deux parties ont signé 96 accords de coopération. L’un d’eux porte précisément sur la signature d’un mémorandum avec Samruk-Kazyna, visant à mobiliser l’expertise financière de Hong Kong pour aider à la privatisation des entreprises publiques kazakhes. La position de « centre financier international » de Hong Kong pourra ainsi être davantage consolidée.

En résumé, l’inscription en Bourse de sociétés kazakhes à Hong Kong est favorable à la fois à la Bourse de Hong Kong et à l’économie de Hong Kong, sans inconvénient. Il s’agit d’une coopération mutuellement avantageuse : le Kazakhstan obtient une plateforme de capitaux internationaux capable de répondre à ses besoins de financement massifs ; Hong Kong, de son côté, gagne des revenus de commissions, une diversification du marché et une consolidation supplémentaire de son statut de centre financier international. Après KTZ, on s’attend à ce que davantage d’entreprises publiques kazakhes suivent.

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