Le 21 juillet 2026 (heure de Pékin), Apple (AAPL) a clôturé à 326,59 $, en baisse de 2,14 % sur la journée, avec une capitalisation boursière maintenue à 4 800 milliards de dollars. Quatre séances plus tôt, le 17 juillet, Apple avait atteint un record historique en séance à 334,99 $ et clôturé à 333,74 $, dépassant brièvement Nvidia pour redevenir l’entreprise cotée la plus valorisée au monde. Depuis son plus bas sur 52 semaines à 201,50 $, le titre Apple a progressé d’environ 60 % sur un an.
Le seuil des 5 000 milliards de dollars est à portée de main. Sur la base du nombre total d’actions en circulation, soit 14,687 milliards, le cours de l’action Apple doit atteindre environ 340 $. Cela implique une hausse d’environ 4 % par rapport à 326,59 $, soit près de 190 milliards de dollars de capitalisation supplémentaire.
Le débat central sur le marché : cette progression repose-t-elle sur une croissance fondamentale réelle, ou s’agit-il d’une prime alimentée par la thématique IA ? Le prochain rapport sur les résultats, attendu le 30 juillet (31 juillet, heure de Pékin) — qui sera également la dernière conférence de résultats de Tim Cook en tant que PDG — sera un moment déterminant pour valider ces dynamiques.
Croissance du chiffre d’affaires : la dynamique à deux chiffres peut-elle se maintenir ?
La direction d’Apple anticipe pour le troisième trimestre fiscal 2026 (clos fin juin) une croissance du chiffre d’affaires comprise entre 14 % et 17 % sur un an, visant environ 107 à 110 milliards de dollars. Le consensus des analystes table sur un chiffre d’affaires de 108 à 110,8 milliards de dollars, avec un BPA dilué attendu entre 1,87 $ et 1,93 $.
Bank of America Securities adopte une perspective plus optimiste : 109 milliards de dollars de chiffre d’affaires et un BPA de 1,89 $, tous deux supérieurs au consensus (108 milliards et 1,87 $). Cette prévision implique une croissance annuelle d’environ 16 %, soit le haut de la fourchette annoncée par la société.
À titre de comparaison, au trimestre précédent — deuxième trimestre fiscal 2026 (clos fin mars) — Apple a publié un chiffre d’affaires de 111,2 milliards de dollars, en hausse de 17 % sur un an, et un BPA dilué de 2,01 $, en progression de 22 %. Si le troisième trimestre maintient une croissance supérieure à 15 %, cela confirmera la solidité de la dynamique de revenus d’Apple à mi-cycle de l’iPhone 17.
Revenus de l’iPhone : gérer les cycles de renouvellement et le calendrier produit
L’iPhone demeure le principal moteur de revenus d’Apple, représentant environ 47,4 % du chiffre d’affaires net au troisième trimestre fiscal 2025. Au deuxième trimestre fiscal 2026, les revenus de l’iPhone ont atteint 56,99 milliards de dollars, soit une hausse d’environ 22 % sur un an — un record pour un trimestre clos en mars.
Cependant, le troisième trimestre présente une particularité liée au calendrier produit. La gamme d’iPhone automne 2026 sera lancée en plusieurs phases : les modèles Pro, Pro Max et pliables arriveront en septembre, tandis que les modèles de base et Air seront repoussés à mars 2027. Ce lancement échelonné pourrait entraîner des fluctuations temporaires des revenus iPhone entre les troisième et quatrième trimestres.
Bank of America prévoit une baisse séquentielle de la marge brute des produits sur les trimestres de juin et septembre, puis un rebond à 38,5 % en décembre avec l’arrivée sur le marché des iPhone haut de gamme (dont les modèles pliables). UBS anticipe une croissance des revenus iPhone d’environ 20 % sur un an au troisième trimestre.
Pour le rapport du 30 juillet, le marché surveillera non seulement les livraisons actuelles d’iPhone mais aussi les perspectives de la direction concernant le cycle produit de septembre — en particulier la stratégie de positionnement et de tarification du futur iPhone pliable.
Services : du moteur de croissance au pilier de rentabilité
L’activité services d’Apple est au cœur de la transition du groupe, passant d’un « cycle matériel » à un « écosystème matériel + logiciel + services ». Au deuxième trimestre fiscal 2026, les revenus des services ont atteint 30,976 milliards de dollars, en hausse de 16,3 % sur un an, établissant un nouveau record trimestriel depuis plus de trois ans. Au troisième trimestre fiscal 2025, les services représentaient environ 29,2 % du chiffre d’affaires net total d’Apple.
La valeur stratégique des services ne réside pas seulement dans la croissance des revenus, mais aussi dans leur structure de rentabilité. Bank of America prévoit une croissance des revenus services d’environ 14 % sur un an au troisième trimestre, avec une marge brute maintenue autour de 76,5 %, et estime que la marge brute des services pourrait à terme approcher 80 %. À titre de comparaison, la marge brute des produits devrait reculer à 36,8 % au troisième trimestre. Les services apportent la plus forte contribution incrémentale au bénéfice d’Apple.
Dans le détail, la croissance des revenus de l’App Store a ralenti, passant de 9,8 % au trimestre précédent à 3,2 %, mais la progression des revenus iCloud et des licences (notamment le partenariat de recherche avec Alphabet) devrait compenser ce ralentissement. Apple Music et Apple Pay constituent également des piliers majeurs de l’écosystème services.
Autre atout structurel : la base installée de plus de 2,5 milliards d’appareils actifs. Chaque nouvel iPhone, Mac ou iPad vendu élargit cette base, tandis que la monétisation des services ne dépend pas d’une croissance soutenue des ventes de matériel. Ce modèle de « monétisation de la base installée » confère aux flux de revenus d’Apple une prévisibilité et une résilience accrues face aux cycles économiques.
Marge brute : arbitrer entre investissements IA et pressions sur les coûts
La direction d’Apple vise pour le troisième trimestre une marge brute comprise entre 47,5 % et 48,5 %. Au trimestre précédent, la marge brute réalisée était de 49,27 %, au-dessus de la fourchette annoncée.
La marge brute subit des forces opposées. À la baisse, la hausse des coûts des composants — en particulier la mémoire, comme le souligne UBS — pèse sur la rentabilité. Le calendrier échelonné de lancement des iPhone pourrait également affecter temporairement la marge brute des produits.
À l’inverse, les services — avec plus de 76 % de marge brute — apportent un soutien structurel à la rentabilité globale. Bank of America estime que, la marge brute des services tendant vers 80 % à terme, la marge brute totale d’Apple pourrait approcher les 50 %.
Un éventuel allègement des coûts liés aux droits de douane constitue un autre facteur à surveiller. Bank of America estime que les droits de douane pourraient réduire les dépenses d’Apple d’environ 3 milliards de dollars d’ici la fin de l’année, soutenant ainsi le redressement de la marge brute.
Dépenses d’investissement IA : les avantages structurels d’un modèle allégé
Les dépenses d’infrastructure IA constituent aujourd’hui le principal poste d’investissement dans le secteur technologique, et la stratégie d’Apple contraste fortement avec celle des autres géants du secteur.
En 2025, les dépenses d’investissement d’Apple se sont élevées à 12,7 milliards de dollars. Wall Street prévoit environ 12,9 milliards pour l’exercice 2026. HSBC souligne que le capex prévu d’Apple pour 2026 ne représente que 2,5 % du chiffre d’affaires, contre 39 % pour les fournisseurs de cloud hyperscale.
La source de cette différence réside dans la stratégie IA d’Apple. Contrairement à Amazon, Alphabet, Meta et Microsoft, qui ont investi ensemble 416 milliards de dollars dans l’infrastructure IA en 2025, Apple a opté pour une approche « IA embarquée » — c’est-à-dire le déploiement de l’inférence IA directement sur les appareils, plutôt que dans le cloud. Les propres centres de données d’Apple utilisent des serveurs IA équipés de ses puces M2 Ultra, tandis que les charges de travail plus complexes s’appuient sur des puces Nvidia déployées dans Google Cloud.
Les implications financières sont claires : Apple évite le fardeau annuel de 180 à 200 milliards de dollars d’investissements dans l’infrastructure IA. Lorsque l’analyste HSBC Nicolas Cote-Colisson a relevé sa recommandation sur Apple de « conserver » à « acheter » et son objectif de cours de 260 à 366 dollars le 17 juillet, son argument central était le suivant : Apple « évite non seulement la controverse sur les capex (excessifs), mais est idéalement positionné pour exploiter sa base installée de 2,5 milliards d’appareils avec la future plateforme Apple Intelligence ».
Cette stratégie comporte, bien entendu, des risques. Les puces M2 Ultra d’Apple accusent déjà un retard pour les charges de travail IA avancées, poussant la société à envisager des acquisitions de startups spécialisées dans les puces IA pour renforcer ses capacités. Si l’adoption de l’IA embarquée par les consommateurs s’avère inférieure aux attentes, ou si les services IA cloud de la concurrence érigent des barrières d’écosystème plus solides, l’avantage d’un capex allégé pourrait se transformer en désavantage en matière de rythme d’innovation IA.
Valorisation : le point d’équilibre entre optimistes et sceptiques
La valorisation actuelle d’Apple atteint des sommets historiques. Son PER prospectif avoisine 39x, bien au-dessus de la moyenne mondiale du secteur technologique (22,2x) et de la moyenne sectorielle (23,6x). Il reste toutefois inférieur à son ratio « juste » de 44,2x — ce qui suggère une prime significative, mais non extrême.
La divergence des analystes de Wall Street est marquée. HSBC fixe un objectif de cours à 366 $ ; Bank of America Securities maintient sa recommandation « achat » avec un objectif à 380 $ ; Morgan Stanley reste « surpondérer » à 360 $. À l’inverse, KeyBanc attribue une recommandation « sous-pondérer » avec un objectif à 250 $ ; UBS reste « neutre » à 296 $. L’objectif moyen du marché se situe autour de 318–322 $, soit toujours en deçà du cours actuel.
Un repère notable provient du suivi narratif de Simply Wall St : au 21 juillet, son modèle principal estime la juste valeur d’Apple à 253,43 $, suggérant une surévaluation d’environ 28,9 %. Bien sûr, ces modèles sont très sensibles aux hypothèses de croissance — si les fonctionnalités IA stimulent effectivement les renouvellements utilisateurs et que la marge brute des services continue de progresser vers 80 %, les résultats du modèle s’ajusteront en conséquence.
Conclusion
Le rapport du 30 juillet répondra à trois questions fondamentales : l’iPhone peut-il maintenir une croissance à deux chiffres en milieu de cycle de renouvellement ? Les services peuvent-ils continuer à afficher plus de 14 % de croissance et plus de 76 % de marge brute, malgré le ralentissement de l’App Store ? Les indications de la direction sur les capex IA et le cycle produit de septembre permettront-elles de soutenir le PER actuel d’environ 39x ?
D’un point de vue fondamental, Apple dispose des atouts nécessaires pour justifier sa valorisation actuelle — la croissance de 17 % du chiffre d’affaires et de 22 % du BPA au dernier trimestre atteste de la résilience de son modèle ; les services à forte marge offrent un amortisseur de rentabilité ; et la stratégie de capex allégé dans l’IA confère à Apple une efficacité du capital supérieure à la plupart de ses pairs.
Mais le marché anticipe souvent les fondamentaux. Le rallye de 60 % sur un an intègre déjà beaucoup d’optimisme. Le rapport du 30 juillet pourrait soit catalyser le franchissement du seuil des 5 000 milliards de dollars, soit marquer un point d’inflexion pour la réévaluation du risque. Pour les investisseurs, les chiffres comptent, mais les commentaires qualitatifs de la direction sur le calendrier produit iPhone, la dynamique des services et la stratégie capex IA pourraient s’avérer plus instructifs que n’importe quel indicateur isolé.
FAQ
Q : Quelles sont les attentes du marché pour les résultats du 30 juillet d’Apple ?
Bank of America Securities anticipe un chiffre d’affaires d’environ 109 milliards de dollars et un BPA de 1,89 $, légèrement supérieurs au consensus (108 milliards et 1,87 $). La direction vise une croissance du chiffre d’affaires de 14 à 17 % sur un an.
Q : Pourquoi l’activité services d’Apple est-elle particulièrement surveillée ?
Les services (App Store, iCloud, Apple Music, Apple Pay, etc.) affichent des marges brutes supérieures à 76 %, bien plus élevées que l’activité produits (environ 36 %). Au deuxième trimestre fiscal 2026, les revenus des services ont atteint 30,976 milliards de dollars, en hausse de 16,3 % sur un an. Les services constituent le « ballast » de la croissance bénéficiaire d’Apple.
Q : En quoi la stratégie IA d’Apple diffère-t-elle de celle des autres géants technologiques ?
Apple privilégie une approche « IA embarquée », déployant l’inférence IA directement sur les appareils plutôt que dans le cloud. Le capex prévu pour 2026 ne représente que 2,5 % du chiffre d’affaires, contre 39 % pour les fournisseurs de cloud hyperscale. Cela permet à Apple d’éviter des dizaines de milliards de dollars de dépenses annuelles en infrastructure IA.
Q : Que signifierait un cours de 340 $ pour l’action Apple ?
Avec le nombre d’actions en circulation actuel (14,687 milliards), un cours de 340 $ par action correspondrait à une capitalisation de 5 000 milliards de dollars. Apple deviendrait alors la deuxième entreprise, après Nvidia, à franchir ce seuil.
Q : Quels sont les principaux risques baissiers pour Apple ?
Les principaux risques identifiés sont : une valorisation à des niveaux historiques (PER prospectif autour de 39x) ; des lancements d’iPhone échelonnés susceptibles de générer une volatilité temporaire des revenus ; la hausse des coûts de composants comme la mémoire pouvant comprimer la marge brute ; et l’incertitude liée au départ de Tim Cook de la direction générale le 1er septembre.




