Récemment, la société américaine de gestion d’actifs F/m Investments a déposé une demande d’exemption novatrice auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC) des États-Unis, visant à enregistrer une partie des actions de son ETF sur les bons du Trésor américain à 3 mois, d’une valeur d’environ 6,3 milliards de dollars, sur un registre blockchain à autorisation. Si elle est approuvée, cette initiative constituerait un test décisif pour la tokenisation des actifs financiers traditionnels au sein du cadre réglementaire existant, hautement encadré—établissant ainsi un modèle axé sur la conformité pour l’ensemble du secteur.
01 Fondements de la demande
Le cœur de la demande de F/m Investments est d’obtenir une exemption de la SEC afin de mener une expérimentation technique—sans modifier aucun aspect de la structure ni du fonctionnement de son produit phare, le F/m US Treasury 3 Month Bill ETF.
Cet ETF, négocié sous le symbole TBIL, gère environ 6,3 milliards de dollars d’actifs. La demande précise que la tokenisation n’altérera ni les objectifs d’investissement, ni la composition du portefeuille, ni les modalités de négociation, ni les droits sur les frais de gestion de l’ETF.
La seule modification concerne la manière dont une partie de la propriété des actions est enregistrée—passant des systèmes traditionnels d’inscription en compte à un registre blockchain à autorisation.
02 Double garantie
Contrairement aux émissions classiques d’actifs crypto, l’approche de F/m Investments vise à concilier conformité et innovation. Ces « actions tokenisées » sur la blockchain conserveront le même identifiant CUSIP, les mêmes droits économiques, droits de vote et structure de frais que les actions originelles.
Cela signifie que l’expérimentation s’inscrit entièrement dans le cadre réglementaire éprouvé des valeurs mobilières, établi par l’Investment Company Act de 1940 et la règle 6c-11, en vigueur depuis 85 ans.
Les investisseurs continueront de bénéficier de toutes les protections traditionnelles des fonds, notamment la supervision d’un conseil indépendant, la publication quotidienne d’informations, la conservation par des tiers et des audits. Alexander Morris, PDG de F/m Investments, a souligné que l’enjeu consiste à permettre la tokenisation au sein du cadre réglementaire existant—et non en dehors de celui-ci.
03 Facteurs de transformation du marché
L’initiative de F/m Investments n’est pas un cas isolé ; elle reflète une transformation profonde qui touche l’infrastructure financière mondiale. L’investissement continu du géant BlackRock dans la technologie blockchain, ainsi que la projection du Boston Consulting Group selon laquelle les actifs tokenisés atteindront 16 000 milliards de dollars d’ici 2030, vont tous dans le même sens.
Les données montrent que la taille totale du marché des bons du Trésor américains tokenisés a récemment atteint 957 millions de dollars, illustrant l’intérêt marqué des institutions. Il ne s’agit pas seulement d’une évolution technologique, mais d’une véritable révolution de l’efficacité. La blockchain peut considérablement raccourcir les cycles de règlement, réduire les coûts de rapprochement et les risques opérationnels, et faciliter l’intégration et la négociation des actifs sur des plateformes telles que Gate.
04 La réalité de la tokenisation
Pour bien comprendre cette demande, il est essentiel de distinguer les « actions tokenisées » des « cryptomonnaies ». Les actifs sous-jacents des actions tokenisées sont des valeurs mobilières traditionnelles, strictement réglementées par l’Investment Company Act de 1940, avec des caractéristiques juridiques et des protections pour les investisseurs inchangées.
Ici, la technologie sert simplement d’outil plus efficace et transparent pour enregistrer la propriété. Ce modèle « anciens actifs, nouveaux registres » diffère fondamentalement de la création d’un nouvel actif numérique à partir de zéro.
L’approche de F/m s’apparente à la construction d’une nouvelle autoroute numérique (le registre blockchain) pour la même voiture (les actions de l’ETF), tandis que la preuve de propriété, les règles de circulation et les droits des passagers restent totalement inchangés.
05 Évolution du paysage sectoriel
Cette demande intervient à un moment clé, marqué par une intensification de la concurrence et de la collaboration au sein du secteur. D’un côté, les grandes plateformes d’échange annoncent leurs propres projets de tokenisation. De l’autre, des initiatives comme Ondo Finance étendent activement leurs offres d’actions et d’ETF tokenisés sur plusieurs blockchains, dont Solana.
Parallèlement, le cadre législatif évolue aux États-Unis. Le Sénat, via le Agriculture Committee, examine de nouveaux projets de loi sur la structure des marchés crypto, et le président Trump a exprimé sa volonté de signer prochainement une législation en ce sens. Ensemble, ces avancées posent les bases politiques et de marché pour faire passer la tokenisation des actifs traditionnels du stade expérimental à une adoption généralisée.
06 Opportunités selon Gate
Pour Gate et ses utilisateurs, la tokenisation conforme des actifs financiers traditionnels ouvre des perspectives élargies. Cela permettra d’accroître considérablement la diversité et la profondeur des actifs négociables sur la plateforme, notamment ceux liés aux Real World Assets (RWA).
Plus important encore, les voies de conformité initiées par des institutions réglementées telles que F/m apportent certitude et sécurité au secteur, favorisant l’arrivée d’investisseurs et de capitaux issus de la finance traditionnelle.
En tant que plateforme de référence reliant innovation et tradition, Gate continuera de suivre de près ces évolutions et restera engagé dans la sélection et l’offre d’actifs numériques de nouvelle génération, porteurs de transformation, au sein d’un cadre sécurisé et conforme—aidant ainsi ses utilisateurs à saisir les opportunités de création de valeur de demain.
Perspectives
Si la SEC approuve la demande de F/m, un scénario hybride inédit pourrait bientôt voir le jour : les actions du même ETF pourraient être négociées via des courtiers traditionnels tels que Charles Schwab, ou circuler sous forme de jetons sur des plateformes d’actifs numériques compatibles comme Gate.
Cela signifie que les capitaux institutionnels pourraient circuler de façon fluide et conforme entre les processus de règlement traditionnels et numériques—réalisant pleinement le principe « une classe d’actions, deux univers de circulation ».
Alexander Morris décrit leur rôle comme « construire une passerelle qui allie innovation technologique et protection des investisseurs », plutôt que de rester spectateur. Quelle que soit la décision finale de la SEC, la porte vers un monde convergent est désormais officiellement ouverte.


