21 juillet 2026, Pfizer Inc. (NYSE : PFE) a clôturé à 24,75 $ par action. Ce géant mondial de la pharmacie se trouve à un moment charnière : les retombées du COVID s’estompent, les brevets sur les produits phares expirent et les nouveaux pipelines sont encore en phase de développement précoce. Dans ce contexte, la valorisation boursière de l’action PFE reflète les attentes complexes des investisseurs quant à la transformation de l’entreprise.
Comment les fondamentaux financiers soutiennent-ils la valorisation actuelle ?
Le 3 février 2026, Pfizer a publié ses résultats financiers pour l’exercice 2025, affichant un chiffre d’affaires total de 62,6 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action (BPA) de 3,22 $. Le chiffre d’affaires du quatrième trimestre s’est élevé à 17,6 milliards de dollars ; hors produits COVID, le chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 9 % sur un an. Au premier trimestre 2026, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 14,5 milliards de dollars, soit une hausse de 2 % par rapport à l’année précédente.
Pfizer a confirmé ses prévisions pour l’année 2026 : un chiffre d’affaires compris entre 59,5 et 62,5 milliards de dollars et un BPA ajusté dilué entre 2,80 $ et 3,00 $. Le point médian de cette fourchette est d’environ 1 milliard de dollars inférieur aux 62,6 milliards de 2025, principalement en raison d’une baisse anticipée de 1,5 milliard des revenus liés au COVID et d’une perte supplémentaire de 1,5 milliard liée aux expirations de brevets.
Au 21 juillet 2026, la capitalisation boursière de Pfizer s’établit à environ 141 milliards de dollars, avec un ratio cours/bénéfice (C/B) sur douze mois glissants de 18,89 et un C/B prospectif d’environ 8,71. Son ratio cours/chiffre d’affaires (C/A) est autour de 2,3x, un niveau relativement bas parmi les grands laboratoires pharmaceutiques. Cette valorisation traduit les anticipations de pressions sur les bénéfices à court terme et l’incertitude entourant la réussite de la transformation à long terme de Pfizer.
Quelle est l’ampleur de la pression liée au « patent cliff » ?
Pfizer fait face à l’un des « patent cliffs » les plus marqués parmi les grands groupes pharmaceutiques. Entre 2026 et 2030, plusieurs produits phares perdront leur exclusivité sur le marché, notamment l’anticoagulant Eliquis (co-développé avec Bristol Myers Squibb), le traitement du cancer du sein Ibrance, le traitement du cancer de la prostate Xtandi (co-développé avec Astellas) et l’immunosuppresseur Xeljanz.
Rien qu’en 2026, les expirations de brevets devraient entraîner une perte de chiffre d’affaires d’environ 1,5 milliard de dollars, un montant qui augmentera encore en 2027. Eliquis, deuxième produit le plus important de Pfizer, a généré 8 milliards de dollars de revenus en 2025. Son brevet expire à la fin de la décennie, après quoi il sera confronté à une forte concurrence des génériques.
Pour répondre à ce défi, Pfizer agit sur trois axes : premièrement, combler le manque à gagner par le lancement de nouveaux produits et l’intégration d’actifs acquis — au premier trimestre 2026, ces produits ont contribué à hauteur de 3,1 milliards de dollars, soit une progression de 22 % sur un an. Deuxièmement, l’entreprise accélère le développement de son pipeline R&D afin de créer de nouveaux moteurs de croissance à partir de 2028. Troisièmement, elle améliore son efficacité opérationnelle grâce à la maîtrise des coûts — les dépenses d’exploitation ont été réduites de 5,6 milliards de dollars entre 2024 et 2025.
Le « patent cliff » représente une pression réelle et quantifiable, mais les contre-mesures de Pfizer reposent également sur une logique solide. La question centrale reste de savoir si la montée en puissance des nouveaux produits pourra compenser le déclin des produits historiques.
Comment Pfizer comble-t-il le manque à gagner après le déclin de l’activité COVID ?
Les produits liés au COVID ont constitué un moteur de croissance majeur pour Pfizer ces dernières années, mais cet effet d’aubaine s’estompe rapidement. En 2026, les revenus liés au COVID (y compris le vaccin Comirnaty et le traitement oral Paxlovid) devraient s’établir à environ 5 milliards de dollars, contre environ 6,7 milliards en 2025. Les produits COVID représentent désormais moins de 10 % du chiffre d’affaires total, contre plus de 40 % à leur apogée.
Il est à noter que l’activité hors COVID de Pfizer fait preuve de résilience. Au premier trimestre 2026, hors produits COVID, le chiffre d’affaires a progressé de 7 %. La gamme de médicaments cardiovasculaires Vyndaqel a généré 6,4 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 17 % sur un an. Eliquis a atteint 8 milliards de dollars, en hausse de 8 %. Le vaccin contre le VRS Abrysvo a dépassé 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires lors de sa deuxième année de commercialisation.
La transition d’une activité COVID pandémique à endémique est désormais achevée. Bien que les revenus annuels tirés du COVID aient fortement diminué depuis leur pic, ces produits continuent d’apporter des flux de trésorerie stables et saisonniers. La phase la plus aiguë de l’impact du COVID sur la structure des revenus de Pfizer est passée, et le marché a largement intégré cette variable dans la valorisation.
Les pipelines obésité et oncologie peuvent-ils devenir de nouveaux moteurs de croissance ?
Pfizer oriente désormais sa stratégie vers l’obésité et l’oncologie, deux segments à forte croissance. En 2025, l’entreprise a investi environ 9 milliards de dollars dans des acquisitions, dont près de 7 milliards pour le rachat du développeur de traitements contre l’obésité Metsera et la licence d’un anticorps bispécifique PD-1/VEGF auprès du chinois 3SBio. Pfizer a également conclu un partenariat de développement en oncologie de 10,5 milliards de dollars avec Innovent, couvrant 12 projets innovants dans ce domaine.
Dans l’obésité, l’atout principal de Metsera, le bérobénatide (agoniste du récepteur GLP-1 à action ultra-longue), est entré en phase III d’essais cliniques. Lors de l’étude VESPER-3 de phase IIb, il a permis une réduction pondérale ajustée au placebo de 12,3 %. Sa spécificité réside dans un schéma posologique passant d’injections hebdomadaires à une maintenance mensuelle. Pfizer prévoit de lancer plus de 20 études sur l’obésité en 2026, dont 10 essais de phase III pour le bérobénatide, avec pour objectif une première autorisation dès 2028.
En oncologie, l’acquisition de Seagen pour 43 milliards de dollars a permis à Pfizer d’intégrer une plateforme d’anticorps conjugués (ADC) et plusieurs produits commercialisés. Padcev (cancer de la vessie) a généré 1,9 milliard de dollars en 2025, en hausse de 22 %. Lorbrena (cancer du poumon) a dépassé 1 milliard de dollars, soit une progression de 40 %. Parmi les actifs en développement avancé figurent l’atirmociclib (inhibiteur de CDK4 pour le cancer du sein) et le sigvotatug védotine (ADC pour le cancer du poumon non à petites cellules).
Pfizer vise une croissance annuelle composée du chiffre d’affaires à un chiffre élevé à partir de 2029. Cet objectif dépend du succès clinique et commercial des actifs en développement — deux facteurs incertains, mais le pipeline issu d’acquisitions et de partenariats repose sur une logique de croissance vérifiable.
Un dividende élevé constitue-t-il une marge de sécurité suffisante ?
Le dividende est un autre paramètre clé pour l’action PFE à son niveau de valorisation actuel. Le conseil d’administration de Pfizer a approuvé un dividende en numéraire de 0,43 $ par action pour le troisième trimestre 2026, avec une date de détachement fixée au 24 juillet 2026. Sur la base du cours actuel, le rendement annualisé du dividende est d’environ 6,9 % à 7,1 %.
Ce rendement figure parmi les plus élevés du S&P 500 et dépasse nettement la moyenne historique de Pfizer. Toutefois, un rendement élevé soulève également des questions quant à sa pérennité. Sur les 12 derniers mois, le taux de distribution du dividende a dépassé 130 %, ce qui signifie que les dividendes versés ont excédé le résultat net. Avec la pression du « patent cliff » et la baisse des revenus COVID, la capacité à maintenir ou à réduire le dividende est un risque que les investisseurs doivent évaluer avec attention.
Du côté positif, Pfizer dispose d’un bilan solide et d’une génération de trésorerie opérationnelle robuste, et la direction a réaffirmé à plusieurs reprises son engagement envers le dividende. Néanmoins, le risque d’une réduction du dividende est réel, en particulier à mesure que la pression liée aux expirations de brevets s’intensifie après 2027. Si un dividende élevé soutient la valorisation de PFE, il ne constitue pas pour autant un filet de sécurité sans risque.
Où se situent les divergences entre le consensus des analystes et les attentes du marché ?
Au 21 juillet 2026, 28 analystes recommandent l’achat de Pfizer, avec un objectif de cours moyen sur 12 mois de 28,79 $. Les objectifs varient de 24 $ à 35,46 $, reflétant une forte divergence de vues sur le marché.
Récemment, plusieurs institutions ont abaissé leurs recommandations ou objectifs. HSBC est passé de Achat à Conserver et a réduit son objectif de 32 $ à 28 $, invoquant des retards dans le pipeline, des revers dans l’essai de phase III du sigvotatug védotine en oncologie et des changements dans la direction. JPMorgan a abaissé son objectif de 30 $ à 28 $, tout en maintenant une recommandation Neutre. Citi conserve une recommandation Conserver avec un objectif de 27 $.
Les arguments haussiers reposent sur l’idée que le cours actuel intègre déjà l’impact négatif du « patent cliff » et du déclin du COVID, tandis que les actifs en développement — notamment le bérobénatide dans l’obésité — seraient sous-évalués. Les arguments baissiers portent sur le risque d’échec clinique, un impact plus important que prévu du « patent cliff » et la possibilité d’une réduction du dividende.
La juxtaposition de 28 recommandations d’achat et de révisions à la baisse récentes traduit un marché en pleine phase de désaccord marqué sur la valeur de PFE.
Synthèse
L’action PFE de Pfizer se situe à l’intersection complexe de cycles qui se chevauchent. À court terme, le manque à gagner lié au déclin du COVID et aux expirations de brevets est certain. À moyen terme, les avancées cliniques dans les pipelines obésité et oncologie détermineront la capacité de Pfizer à renouer avec la croissance après 2028. À long terme, le pipeline diversifié de l’entreprise — construit par acquisitions et partenariats — offre une logique de croissance vérifiable, mais les risques d’exécution demeurent importants.
Avec une capitalisation d’environ 141 milliards de dollars, un C/B statique de 18,89 et un rendement de dividende proche de 7 %, ces fondamentaux servent de socle à la valorisation de PFE. Ce niveau reflète les attentes du marché concernant la pression sur les bénéfices à court terme et une décote liée à l’incertitude de la transformation. In fine, la valeur d’investissement de PFE dépendra de la capacité de Pfizer à passer des revenus exceptionnels du COVID à une croissance tirée par l’innovation pendant la période de « patent cliff ».
Foire aux questions (FAQ)
Q1 : Quel est le cours actuel de l’action PFE ?
Au 21 juillet 2026, l’action Pfizer (PFE) s’échange à 24,75 $.
Q2 : Quelles sont les prévisions financières de Pfizer pour 2026 ?
Pfizer anticipe un chiffre d’affaires annuel 2026 compris entre 59,5 et 62,5 milliards de dollars, avec un BPA ajusté dilué entre 2,80 $ et 3,00 $.
Q3 : Quelle est l’ampleur de la pression liée au « patent cliff » pour Pfizer ?
Pfizer prévoit une perte d’environ 1,5 milliard de dollars de chiffre d’affaires liée aux expirations de brevets en 2026, avec une pression accrue en 2027 et au-delà. Des produits phares comme Eliquis, Ibrance et Xtandi perdront leur exclusivité entre 2026 et 2030.
Q4 : Quelle est la stratégie de Pfizer dans l’obésité ?
Pfizer a acquis Metsera (environ 7 milliards de dollars) pour son candidat GLP-1 à action ultra-longue, le bérobénatide, actuellement en phase III. L’entreprise prévoit 10 essais de phase III pour le bérobénatide en 2026, visant une première autorisation en 2028.
Q5 : Quel est le rendement du dividende de PFE ?
Le rendement annualisé du dividende de Pfizer est d’environ 6,9 % à 7,1 %. Le dividende du troisième trimestre 2026 s’élève à 0,43 $ par action, avec une date de détachement au 24 juillet 2026.
Q6 : Comment les analystes évaluent-ils l’action PFE ?
28 analystes recommandent l’achat de Pfizer, avec un objectif de cours moyen sur 12 mois de 28,79 $. Toutefois, des institutions comme HSBC, JPMorgan et Citi ont récemment abaissé leurs recommandations ou objectifs, traduisant une forte divergence sur le marché.




