Le 12 février 2026, Standard Chartered a procédé à sa deuxième révision majeure de ses prévisions de prix pour le Bitcoin (BTC) en seulement trois mois, abaissant son objectif de fin d’année 2026 de 150 000 $ à 100 000 $ — soit une réduction de 33 %. Plus notable encore, Geoff Kendrick, responsable de la recherche sur les actifs numériques de la banque, a lancé un avertissement clair : avant que le Bitcoin n’entame une nouvelle phase haussière, il pourrait encore reculer jusqu’à 50 000 $, voire passer brièvement sous ce seuil psychologique clé.
Il s’agit de la deuxième « réduction d’objectif » de Standard Chartered depuis décembre dernier, date à laquelle la banque avait déjà abaissé sa prévision de 300 000 $ à 150 000 $. En tant que l’une des premières grandes banques traditionnelles à intégrer le Bitcoin dans son cadre de prévisions macroéconomiques, ces révisions successives de Standard Chartered envoient un signal fort au marché : si les institutions demeurent engagées sur le long terme dans les allocations crypto, les vents contraires macroéconomiques à court et moyen terme, ainsi que les sorties de capitaux, ont dépassé les attentes optimistes précédentes.
Détails de l’ajustement de l’objectif de prix : d’« ultra-agressif » à « prudemment optimiste »
Selon le rapport complet relayé par Bloomberg, la dernière révision de Standard Chartered concerne deux actifs majeurs :
- Bitcoin (BTC) : objectif de fin 2026 abaissé de 150 000 $ à 100 000 $
- Ethereum (ETH) : objectif de fin 2026 abaissé de 7 500 $ à 4 000 $
Parallèlement, Standard Chartered a présenté des scénarios de stress à la baisse : le Bitcoin pourrait reculer jusqu’à environ 50 000 $ avant de rebondir, tandis que l’Ethereum pourrait descendre jusqu’à 1 400 $.
Cette prévision ne constitue pas une opinion isolée. Depuis que le BTC a atteint son plus haut historique de 126 080 $ en octobre 2025, le marché traverse une profonde correction depuis près de quatre mois. L’équipe d’analyse de Standard Chartered estime que la phase actuelle de purge n’est pas terminée et qu’une « dernière vague de ventes paniques » pourrait encore survenir à court terme.
Analyse des pressions : sorties d’ETF et « resserrement de liquidité » macroéconomique, un double effet
Une question clé anime le marché : pourquoi Standard Chartered a-t-elle abaissé ses prévisions à deux reprises en moins d’un trimestre ? Les principales pressions proviennent de deux facteurs : les sorties des ETF Bitcoin et la revalorisation des anticipations de taux d’intérêt au niveau macroéconomique.
L’achat d’ETF Bitcoin s’essouffle, le coût moyen d’acquisition sous pression
Le rapport souligne que depuis octobre 2025, les ETF Bitcoin au comptant américains ont enregistré près de 8 milliards de dollars de sorties cumulées, les avoirs en ETF ayant diminué d’environ 100 000 BTC par rapport à leur pic. Plus important encore, le coût moyen d’acquisition pour les investisseurs en ETF se situe désormais autour de 90 000 $ — ce qui signifie que beaucoup affichent des pertes latentes aux prix actuels proches de 66 000 $.
Geoff Kendrick écrit dans le rapport : « Le ralentissement des achats d’ETF affaiblit non seulement la demande marginale, mais pourrait aussi déclencher des ventes stop-loss chez certains investisseurs. Si le BTC passe sous les 65 000 $, le prochain support se situe directement au seuil psychologique des 50 000 $. »
Soutien macroéconomique retardé, les anticipations de baisse de taux « s’estompent »
Contrairement aux cycles précédents, cette correction du marché ne s’accompagne pas de signaux clairs d’assouplissement monétaire. La Réserve fédérale a maintenu une position restrictive début 2026, repoussant les attentes de baisse de taux au second semestre de l’année. L’équipe macroéconomique de Standard Chartered note que tant que Kevin Warsh n’aura pas officiellement pris la présidence de la Fed, l’incertitude sur la politique monétaire continuera de limiter la valorisation des actifs à risque.
Analyse du marché
Au 13 février 2026, selon les données de marché Gate, le Bitcoin (BTC) s’échange à 66 580,7 $, avec un volume d’échanges sur 24 h de 768,22 M$ et une variation sur 24 h de -1,19 %. Le sentiment global du marché demeure « haussier », mais la dynamique à court terme s’est nettement ralentie.
| Indicateur | Donnée |
|---|---|
| Prix actuel | 66 580,7 $ |
| Volume 24h | 768,22 M$ |
| Capitalisation | 1,31 T$ |
| Dominance du marché | 55,42 % |
| Plus bas 24h | 65 111 $ |
| Plus haut 24h | 68 419,7 $ |
| Plus haut historique | 126 080 $ |
D’un point de vue technique, le seuil des 65 000 $ constitue un support psychologique clé, défendu à plusieurs reprises par les acheteurs. Toutefois, les volumes ne progressent pas de manière significative et la vigueur des récents rebonds est nettement inférieure à celle observée lors des trois premiers trimestres de 2025. Cela rejoint l’observation de Standard Chartered : « la dynamique haussière dépend des achats d’ETF, or ceux-ci n’ont pas encore repris. »
Perspectives à moyen et long terme : Standard Chartered vise toujours 500 000 $ d’ici 2030
Il est important de souligner que cette révision à la baisse de Standard Chartered ne concerne que les prévisions pour 2026 et ne remet pas en cause l’objectif de 500 000 $ pour 2030. Selon la banque, la problématique centrale du marché actuel réside dans un décalage de cycles :
- Court terme : liquidité macroéconomique resserrée + sorties d’ETF + sentiment des investisseurs affaibli
- Long terme : adoption croissante + rigidité de l’offre + allocations institutionnelles structurellement plus élevées
Geoff Kendrick insiste sur le fait que ce repli diffère fondamentalement du « crypto winter » de 2022 : aucune plateforme d’échange majeure ni acteur du prêt n’a connu de faillite, et la correction du marché reste relativement ordonnée — un signe de maturité du secteur.
Par ailleurs, l’activité on-chain ne s’est pas contractée en même temps que les prix. Le suivi de Standard Chartered montre que le nombre de transactions quotidiennes et d’adresses actives sur le réseau principal Bitcoin demeure proche des sommets historiques, la résilience de la couche applicative contribuant à amortir la volatilité des prix.
Ethereum également sous pression : 1 400 $ pourrait constituer une zone clé d’accumulation
Pour l’Ethereum (ETH), Standard Chartered a abaissé son objectif de fin 2026 de 7 500 $ à 4 000 $, tout en avertissant que le risque baissier à court terme pourrait s’étendre jusqu’à 1 400 $.
Selon les données de marché Gate, au 13 février 2026, l’ETH s’échange à 1 947,19 $, avec un volume sur 24 h de 205,33 M$ et une variation sur 24 h de -0,61 %. Depuis son plus haut historique de 4 946,05 $, l’ETH a retracé de plus de 60 %, et le sentiment du marché est « neutre ».
Standard Chartered estime que les difficultés d’Ethereum proviennent principalement d’un vide narratif temporaire. Par rapport à 2024-2025, le marché manque actuellement de catalyseurs évidents tels que l’EIP-1559, la mise à jour Shanghai ou le déploiement massif de solutions Layer 2. La zone des 1 400 $ correspond à un important nœud de volume lors du dernier cycle haussier/baissier ; si l’ETH revient sur ce niveau, cela pourrait attirer de nouveau des capitaux à long terme.
Conclusion : la prudence s’impose, mais le pessimisme n’est pas de mise
Les réductions successives des objectifs de Standard Chartered ont sans conteste refroidi le sentiment du marché. Mais il est important de distinguer : il s’agit d’un ajustement des attentes à court terme, et non d’un renoncement à la perspective de long terme.
De 300 000 $ à 150 000 $, puis à 100 000 $, Standard Chartered intègre essentiellement des hypothèses plus conservatrices pour tenir compte de variables macroéconomiques imprévues. L’objectif de 100 000 $ pour fin 2026 représente encore une progression d’environ 50 % par rapport au prix actuel de 66 580,7 $. L’avertissement sur un retour à 50 000 $ doit être vu comme un scénario de risque sous contrainte, plutôt que comme une prévision centrale.
Pour les investisseurs, plutôt que de se focaliser sur la question « jusqu’où la baisse peut-elle aller », il est plus pertinent de reconnaître que le marché traverse une phase de réajustement des attentes. L’inversion des flux ETF et l’apparition de signaux plus clairs de la Fed seront les véritables catalyseurs du prochain mouvement d’ampleur. Comme le conclut le rapport de Standard Chartered : « Une fois que les scénarios les plus pessimistes sont pleinement intégrés dans les prix, la seule question qui reste est celle de la reconstruction de la confiance. »


