La Réserve fédérale annonce un achat mensuel de 40 milliards de dollars américains en obligations d’État américaines, ce que le marché interprète comme une politique d’assouplissement quantitatif. Mais en réalité, il s’agit du Plan d’Achat de Gestion des Réserves (RMP), dont le but est d’empêcher des problèmes de fonctionnement du système financier, plutôt que de stimuler l’économie. Cet article analyse les différences essentielles entre le RMP et le QE ainsi que leur impact sur le marché. Cet article est issu d’un texte de Krüger, organisé, traduit et rédigé par Techflow.
(Précédent : La Fed réduit les taux d’un point de base comme prévu ! Le graphique des points montre une baisse limitée à 1 point de base en 2026, le Bitcoin et l’Ethereum fluctuent, le marché américain en séance monte)
(Contexte supplémentaire : La machine à imprimer à nouveau en marche ! La Réserve fédérale américaine active le « Plan d’Achat de Gestion des Réserves », achetant 400 milliards de dollars de titres à court terme du 12/12 sur une période de 30 jours)
Sommaire de l’article
La Réserve fédérale américaine vient d’annoncer un achat mensuel de 40 milliards de dollars en obligations d’État, et le marché commence à crier « QE » bien que, à première vue, ce chiffre semble un signal de stimulation économique. Cependant, le mécanisme derrière cette décision raconte une autre histoire. La Fed ne cherche pas à stimuler l’économie, mais à éviter des problèmes dans le fonctionnement du système financier.
Voici une analyse de la différence structurelle entre le Plan d’Achat de Gestion des Réserves (RMP) de la Fed et le QE, ainsi que leurs impacts potentiels.
Pour définir strictement le QE et le distinguer des opérations standard du marché ouvert, il faut remplir les conditions suivantes :
Le RMP est en réalité l’héritier moderne des opérations permanentes du marché ouvert (POMO), qui étaient la procédure standard de 1920 jusqu’en 2007. Cependant, depuis 2007, la composition des dettes de la Fed a changé de façon significative, nécessitant un ajustement des opérations.
Avant 2008, la principale dette de la Fed était la monnaie physique en circulation ; les autres passifs étaient faibles et prévisibles. Avec le POMO, la Fed achetait des titres simplement pour satisfaire la demande progressive de cash physique par le public. Ces opérations étaient calibrées pour être neutres en liquidité, de petite taille, sans distorsion des prix du marché ou baisse des rendements.
Aujourd’hui, la monnaie physique ne représente qu’une petite partie des passifs de la Fed. La majorité de la dette réside dans le compte courant du Trésor (TGA) et dans les réserves bancaires, qui sont de gros comptes très volatils. En RMP, la Fed achète des obligations à court terme (T-Bills) pour tamponner ces fluctuations et « maintenir une réserve abondante en permanence ». Comme le POMO, le RMP est conçu pour être neutre en liquidité.
La décision de la Fed d’activer le RMP vise à résoudre un problème spécifique : le retrait de liquidités du TGA (Drain du TGA).
Principe opérationnel : Lors des paiements d’impôts par les particuliers et entreprises (notamment à Noël et en avril), l’argent (reservoir) quitte leurs comptes bancaires pour transférer dans le TGA de la Fed, qui se trouve hors du système bancaire commercial.
Implication : Ce transfert d’argent retire de la liquidité du système bancaire. Si la réserve baisse trop, les banques cesseront de se prêter entre elles, risquant une crise du marché des repos (Repo Market), comme en septembre 2019.
Solution : La Fed active le RMP pour compenser cette sortie de liquidité. En créant 40 milliards de dollars de réserves nouvelles, elle substitue à la liquidité qui sera bloquée dans le TGA.
Sans RMP : les paiements fiscaux resserrent l’environnement financier (impact négatif).
Avec RMP : l’effet des paiements fiscaux est neutralisé (neutre).
Sur le plan technique : oui. Si vous êtes strictement monétariste, le RMP correspond à du QE. Il remplit les trois conditions mécaniques : achat massif d’actifs via de nouvelles réserves (40 milliards de dollars par mois), avec un objectif basé sur la quantité plutôt que le prix.
Sur le plan fonctionnel : non. Le RMP vise à stabiliser, tandis que le QE vise à stimuler. Le RMP ne relaxe pas significativement l’environnement financier, mais évite un resserrement supplémentaire en période de remplissage du TGA. Comme l’économie extrait naturellement de la liquidité, le RMP doit continuer à fonctionner pour maintenir la situation.
Pour qu’un RMP devienne un QE complet, l’un des deux changements suivants doit se produire :
A. Changement de durée : si le RMP commence à acheter des obligations à long terme ou des MBS (Mortgage-Backed Securities), il devient du QE. Cela élimine le risque de taux (duration) du marché, en faisant baisser les rendements, poussant les investisseurs vers des actifs plus risqués et faisant monter leur prix.
B. Changement de quantité : si la demande naturelle de réserves ralentit (par exemple si le TGA cesse d’augmenter), mais que la Fed continue d’acheter 40 milliards de dollars par mois, le RMP devient du QE. La Fed injecte alors une liquidité supplémentaire dans le système, qui finira inévitablement par alimenter le marché des actifs financiers.
Le RMP vise à prévenir l’impact d’un retrait de liquidité durant la saison fiscale sur les prix des actifs. Bien qu’il soit techniquement neutre, il envoie un signal psychologique fort : « La protection de la Fed est activée ».
Cette annonce est favorable aux actifs à risque, en tant que « vent arrière modéré ». En s’engageant à acheter pour 400 milliards de dollars par mois, la Fed fournit en réalité un plancher de liquidité pour le système bancaire. Cela supprime le risque de crise de financement à court terme, renforçant la confiance en l’effet de levier du marché.
Il est important de noter que le RMP est un stabilisateur, non un stimulant. Comme il ne fait que remplacer la liquidité retirée par le TGA, sans augmenter la masse monétaire nette, il ne doit pas être considéré comme une politique d’assouplissement quantitatif systémique véritable.
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