Ancien employé en shorting suscite des inquiétudes sur le marché, Hyperliquid détaille 9 accusations pour défendre le credo de « transparence totale »

Récemment, la plateforme de trading décentralisée de contrats perpétuels Hyperliquid a été plongée dans une controverse suite à la faiblesse du prix de son jeton natif HYPE et à une série d’accusations techniques. Le 22 décembre, l’équipe officielle a publié une déclaration détaillée, répondant de manière systématique à 9 accusations clés concernant « un déficit de 3,62 milliards de dollars », « des transactions privilégiées internes » et « un programme backdoor », entre autres. Les clarifications principales incluent : le prétendu déficit provient de l’absence d’inclusion du USDC natif sur HyperEVM, alors que la réserve totale de la plateforme s’élève à 4,351 milliards de dollars, entièrement remboursables ; la position short sur HYPE est une action personnelle d’un ancien employé, sans lien avec l’équipe actuelle ; certains codes ne sont actifs que sur le réseau de test. Cette réponse ne constitue pas seulement une gestion de crise, mais met aussi en lumière la stratégie concurrentielle d’Hyperliquid, qui mise sur un modèle « vérifiable en chaîne en tout état de cause » face aux « ordonnanceurs centralisés ». En 2025, cette approche a généré 895 millions de dollars de frais, témoignant d’une forte attractivité et d’une résilience opérationnelle.

La tempête éclate : nuages de short et accusations techniques en double

Fin décembre 2025, le marché crypto est perturbé par deux « cailloux » : une attaque ciblée sur la confiance et une autre sur la technique. La première concerne un whale : la communauté découvre qu’une adresse de whale a ouvert une position short d’une valeur nominale de 45 millions de dollars sur le jeton HYPE, avec un profit non réalisé de 86 millions de dollars. Dans le contexte d’un recul du prix de HYPE depuis son sommet historique, la rumeur d’« utilisation de privilèges pour faire du short » se répand rapidement, ébranlant la confiance des investisseurs. La seconde accusation concerne le cœur technique : un article d’analyse nommé « Reverse Engineering Hyperliquid » dénonce, via ingénierie inverse, neuf « péchés » allant de « insolvabilité » à « backdoor en mode Dieu », et conclut de manière provocante que Hyperliquid serait une plateforme centralisée déguisée en blockchain.

Face à cette double attaque, Hyperliquid ne choisit pas le silence. La plateforme publie rapidement une déclaration officielle précise, détaillant les points de doute. Concernant l’accusation d’initié, la qualification officielle est claire : l’adresse principale de short (0x7ae4…) appartient à un ancien membre de l’équipe ayant quitté début 2024. Son activité personnelle n’engage pas l’équipe actuelle. Hyperliquid insiste sur le fait que des restrictions strictes de trading HYPE sont appliquées à tous les employés et contractants, interdisant toute transaction d’initié. Les données montrent que la position short de cet ancien employé n’est que de 25 140 dollars (short de 1 000 HYPE), une influence négligeable face à un total de contrats ouverts de 1,25 milliard de dollars. De plus, cette adresse détient encore environ 2,5 millions de HYPE achetés sur le marché spot, sans avoir été liquidée.

L’état du marché, après clarification, révèle une image complexe. D’un côté, le whale short demeure ; mais de l’autre, les données on-chain indiquent qu’au 22 décembre, 59 % des grandes positions (whales) sur Hyperliquid sont longues, et plus de 64 % des traders de contrats HYPE ont opté pour le long ces dernières 24 heures, faisant grimper le total des contrats ouverts à 1,25 milliard de dollars. Cela montre que la confiance à long terme dans la plateforme n’a pas été détruite par une seule opération de short, et que les divergences et luttes du marché persistent.

Démenti point par point : décryptage des 9 accusations et la transparence d’Hyperliquid

Si la clarification du short d’un ancien employé répond à la question « qui », alors la réfutation systématique de l’article technique répond à « quoi » et « comment » : Hyperliquid se défend sur le code et l’architecture. La réponse décompose chaque accusation, centrée sur deux questions fondamentales : la capacité de paiement est-elle suffisante ? Le système comporte-t-il des backdoors centralisés opaques ?

L’accusation la plus marquante concerne le « déficit de 3,62 milliards de dollars » : elle provient d’une différence dans la méthode d’audit. Les détracteurs ne comptabilisent que la réserve USDC sur Arbitrum, estimant qu’elle est inférieure aux dépôts utilisateurs. La réponse d’Hyperliquid révèle une évolution architecturale : la plateforme passe d’un appchain L2 dépendant d’Arbitrum à une Hyperchain L1 indépendante. En conséquence, la réserve est désormais « duale ».

Données clés de la capacité de paiement d’Hyperliquid

  • Audit de la partie accusée (uniquement Arbitrum) : environ 3,989 milliards de dollars USDC
  • Réserve native HyperEVM non comptabilisée : 362 millions + 59 millions USDC (balance HyperEVM)
  • Total de réserve annoncé par la plateforme : 3,989 + 0,362 + 0,059 = 4,351 milliards de dollars USDC
  • Solde total des utilisateurs sur HyperCore : parfaitement aligné avec 4,351 milliards de dollars USDC

Conclusion claire : le prétendu « déficit » de 3,62 milliards de dollars correspond en réalité aux actifs déjà migrés vers HyperEVM, et n’indique pas une disparition de fonds, mais une coexistence dans différents registres (pont Arbitrum et HyperEVM). La plateforme dispose donc d’une capacité de paiement complète.

Concernant d’autres doutes techniques, la réponse d’Hyperliquid peut être classée en trois catégories : 1) déni avec explication, par exemple « le mode Dieu de CoreWriter » est une interface standard entre L1 et HyperEVM ; « le protocole de prêt caché » est une fonctionnalité en pré-alpha documentée publiquement. 2) Reconnaissance avec contexte : la fonction « TestnetSetYesterdayUserVlm » dans le binaire est réservée à l’environnement de test, simulant la logique de frais, et est physiquement isolée du nœud principal. 3) Clarifications limitées sur des questions sensibles, comme le fait que « seules 8 adresses de broadcast peuvent soumettre des transactions » : l’équipe admet cette conception, mais la justifie comme une mesure temporaire contre le MEV, avec une promesse d’évolution vers un mécanisme à « plusieurs proposeurs » pour plus de décentralisation.

Cependant, la réponse officielle laisse aussi quelques zones d’ombre : par exemple, l’accusation selon laquelle « le contenu des propositions de gouvernance est introuvable en chaîne » n’a pas été directement abordée, laissant entendre que la gouvernance reste partiellement opaque pour l’utilisateur lambda. De même, la question du manque de mécanisme de retrait forcé (« capsule de sauvetage ») sur le pont cross-chain, justifiée par la sécurité lors de l’incident POPCAT, n’est pas niée. Cela implique que, pour l’instant, la sortie des fonds dépend encore largement de la coopération des validateurs.

La déclaration de trajectoire : qu’est-ce qu’Hyperliquid entend par « véritable décentralisation des échanges » ?

Ce qui est le plus significatif dans cette crise, ce n’est pas seulement la défense, mais la manière dont Hyperliquid a volontairement déplacé le débat vers l’ensemble du secteur des dérivés décentralisés, en exposant sa philosophie technique et ses atouts concurrentiels. La déclaration critique notamment ses principaux rivaux, Lighter et Astr, en les accusant de dépendre d’un « ordonnanceur centralisé ».

Hyperliquid souligne que, dans ces architectures, seul l’opérateur de l’ordonnanceur peut voir l’intégralité de l’historique des ordres et l’état des transactions, empêchant la vérification indépendante par les utilisateurs ou validateurs. Ce « black box » ouvre la porte à des manipulations (transactions en dark pool). En revanche, Hyperliquid affirme que sa méthode repose sur la vérification par tous les validateurs exécutant le même état machine, rendant tout état et toute opération transparents et vérifiables en chaîne. En résumé : « Peut-être que l’entrée de transaction reste centralisée (8 adresses broadcast), mais tout le processus et l’état final sont ouverts ; alors que chez vous, la bottleneck est à la fois à l’entrée et dans l’opacité interne. »

Ce « coup de semonce » s’inscrit dans une lutte pour la part de marché. Selon des données sectorielles récentes, le marché des contrats perpétuels décentralisés affiche un tripartisme : Lighter en tête avec environ 2323 milliards de dollars de volume, Astr en deuxième position avec 1955 milliards, Hyperliquid en troisième avec 1820 milliards. Face à une concurrence plus faible en volume, Hyperliquid mise sur la « transparence » et la « vérifiabilité » comme différenciateurs clés. La plateforme maintient aussi une position dominante en termes d’Open Interest, ce qui témoigne de son attrait pour les traders institutionnels et les grands capitaux.

En somme, cette crise est une bataille pour définir la « forme ultime » des échanges décentralisés. Hyperliquid choisit de sacrifier une partie de sa flexibilité à court terme pour maximiser la traçabilité et la résistance à la censure, en visant une transition progressive d’un « décentralisé transparent » vers un « totalement décentralisé ». Avec 895 millions de dollars de revenus en 2025 et un volume quotidien supérieur à 1,4 milliard, sa stratégie semble initialement payante.

Les répercussions et leçons de l’incident Hyperliquid

La réponse d’Hyperliquid constitue une référence en gestion de crise dans l’univers DeFi. Elle ne s’est pas contentée d’un démenti émotionnel, mais a utilisé adresses on-chain, liens vers le code et schémas d’architecture pour dissiper les FUD sur la solvabilité et les portes dérobées. La valeur totale verrouillée (TVL) reste stable autour de 41,5 milliards de dollars, preuve que la confiance n’a pas été totalement ébranlée.

Cependant, l’événement met aussi en lumière les défis communs aux protocoles DeFi évoluant vers des appchains à haute performance. Avec une architecture de plus en plus complexe, où les actifs traversent plusieurs chaînes ou couches (pont Arbitrum et HyperEVM natif), les méthodes d’audit traditionnelles, basées sur un seul contrat, deviennent obsolètes. Cela exige des analystes, auditeurs et communautés une capacité accrue à analyser les données cross-chain, ainsi qu’une transparence renforcée de la part des projets sur leurs actifs multi-chaînes.

Pour Hyperliquid, cela prouve que « l’argent est là » et que « le code est en grande partie fiable » — mais la véritable épreuve consiste à décentraliser réellement le pouvoir de soumission des transactions (les 8 adresses broadcast) et à faire évoluer la gouvernance vers une structure plus ouverte. La plateforme doit aussi continuer à améliorer la transparence et la gestion des ponts cross-chain pour rassurer ses utilisateurs.

Pour chaque acteur de l’écosystème crypto, cet incident rappelle que dans ce domaine en rapide évolution, la complexité architecturale offre à la fois des gains d’efficacité et de nouveaux défis en matière de confiance et de vérification. La maxime « Don’t Trust, Verify » reste valable, mais la vérification elle-même devient plus technique et exigeante. Comprendre en profondeur l’architecture et les hypothèses de confiance des protocoles est peut-être la clé pour éviter de se faire piéger lors de la prochaine tempête.

HYPE3,88%
ARB3,18%
ASTR5,67%
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