
Jamie Dimon, PDG de JPMorgan Chase, a averti le 24 février que le comportement actuel de prêts à haut risque et l’environnement de crédit sur les marchés financiers sont très similaires à ceux de 2005 à 2007, avant la crise financière de 2008, et que le cycle de crédit finira par se détériorer à nouveau. Par ailleurs, une récente enquête auprès des clients de Bank of America montre que la bulle de l’IA devient la principale préoccupation des investisseurs, dépassant le risque traditionnel de crédit.
Fort de son expérience de gestion de JPMorgan Chase lors de la crise de 2008, Dimon souligne que la hausse des prix des actifs, l’augmentation des volumes de transactions, l’optimisme excessif du marché, ainsi que certaines institutions financières prenant des prêts à haut risque pour augmenter leurs revenus d’intérêts nets, rappellent fortement la situation avant la déclenchement de la crise de 2008.
Il cite notamment la faillite récente de Tricolor Holdings, une société de prêts automobiles, et de First Brands Group, un fournisseur de pièces automobiles, illustrant la propagation de risques cachés, qu’il compare à la découverte d’un cockroach, souvent synonyme de problèmes plus profonds. JPMorgan Chase a déjà enregistré une dépréciation de 170 millions de dollars sur le prêt accordé à Tricolor Holdings.
Prêts à haut risque en proliferation : Certaines institutions financières prennent des prêts risqués sans discernement pour maximiser leurs revenus à court terme.
Prix des actifs et volumes de transactions élevés : Le marché affiche un optimisme excessif, rappelant fortement la période 2005-2007.
Prévision d’une détérioration du cycle de crédit : Dimon est convaincu que le cycle de crédit va se détériorer à nouveau, sans pouvoir préciser quand.
Impact structurel de l’IA sur l’industrie logicielle : Les changements profonds induits par l’IA pourraient faire du secteur logiciel le prochain domaine vulnérable en matière de crédit.
Signes de contagion des défauts : La faillite de Tricolor Holdings et d’autres indique une propagation systémique des prêts à haut risque.
Dans ce contexte, une enquête récente de Bank of America révèle un changement structurel dans les préoccupations du marché. 23 % des répondants considèrent la bulle de l’IA comme leur principale inquiétude, contre seulement 9 % lors de l’enquête de décembre dernier, ce qui montre que cette question est rapidement devenue un enjeu central en quelques mois.
L’attention se concentre principalement sur le volume d’emprunts des géants du cloud comme Microsoft, Amazon, Meta et Google. Les investisseurs anticipent que ces leaders technologiques émettront pour 285 milliards de dollars de dettes cette année, soit une hausse d’environ 36 % par rapport à l’estimation de décembre dernier (210 milliards). La peur de la bulle de l’IA a officiellement remplacé celle de la bulle de crédit traditionnelle comme la principale menace pour les investisseurs du marché du crédit.
En revanche, seulement 10 % des répondants craignent que l’IA ne provoque l’élimination d’entreprises, et presque personne ne cite les conflits géopolitiques ou les erreurs de politique monétaire des banques centrales comme risques majeurs, ce qui montre une forte concentration des inquiétudes sur la surévaluation structurelle de l’IA.
Dimon indique que l’impact de l’IA poussera JPMorgan Chase à renforcer ses contrôles sur certains prêts, mais il estime que l’impact global sur les pertes de crédit sera limité, le secteur logiciel étant le plus susceptible d’être affecté en premier par cette transition.
Dimon explique que les caractéristiques du marché de 2005 à 2007 — prix élevés des actifs, optimisme excessif, généralisation des prêts à haut risque — se reproduisent aujourd’hui. Les faillites de sociétés comme Tricolor Holdings illustrent que le cycle de crédit pourrait déjà commencer à se détériorer silencieusement. Il prévoit que cette détérioration est inévitable, mais ne peut pas préciser quand elle surviendra.
L’enquête montre que les investisseurs s’inquiètent des emprunts massifs des géants du cloud comme Microsoft, Amazon, Meta et Google pour financer l’IA. Avant que les retours sur investissement de l’IA ne soient pleinement prouvés, l’émission de 285 milliards de dollars de nouvelles dettes cette année pourrait exercer une pression systémique sur le marché du crédit si ces investissements ne produisent pas les résultats escomptés.
L’automatisation permise par l’IA remet en cause directement le modèle commercial traditionnel des services logiciels, mettant en difficulté les entreprises dépendantes du développement manuel. Cette disruption structurelle tend à amplifier le risque de défauts dans le cycle de crédit, pouvant déclencher une réaction en chaîne similaire à celle de la crise des subprimes de 2008.