Un tribunal fédéral du Delaware a rejeté, le 29 mai 2026, une action pour contrefaçon de brevet visant JPMorgan Chase, en concluant que le brevet blockchain contesté était invalide au regard du droit américain des brevets. Le juge Gregory B. Williams, de la United States District Court for the District of Delaware, a estimé que le brevet 413 déposé par la société fintech australienne Identitii Limited ne satisfaisait pas aux exigences d’éligibilité au brevet telles qu’interprétées par l’article 101, conformément à la doctrine Alice. La décision a dégagé JPMorgan Chase des allégations de contrefaçon et a cité le protocole blockchain de Ripple comme infrastructure établie, mettant en évidence la reconnaissance par le juge des réseaux blockchain arrivés à maturité dans les cadres financiers et juridiques.
Identitii Limited a accusé JPMorgan Chase de porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle liés à un brevet de technologie financière basée sur la blockchain. Le brevet 413 décrit une méthode permettant de relier des enregistrements de données enrichies à des jetons financiers fonctionnant sur des réseaux blockchain.
Le tribunal estime que le brevet ne présentait pas d’innovation technique nouvelle
Le tribunal a conclu que le brevet ne satisfaisait pas aux exigences d’éligibilité au brevet au titre de l’article 101 du droit américain des brevets, telles qu’interprétées par la doctrine Alice. Ce critère juridique sert à déterminer si un brevet décrit une idée abstraite mise en œuvre au moyen d’une technologie informatique conventionnelle.
D’après les constatations du tribunal, la technologie décrite dans le brevet reposait principalement sur des composants commerciaux et technologiques existants plutôt que d’introduire une avancée technique unique. La décision a indiqué que l’invention revendiquée pouvait fonctionner à l’aide d’une infrastructure blockchain déjà disponible et ne démontrait pas le type d’innovation nécessaire pour bénéficier d’une protection par brevet.
Le tribunal a estimé que le brevet contesté était fondé sur des technologies établies et n’a pas présenté d’apport technique suffisamment nouveau pour justifier une protection au titre de la propriété intellectuelle.
Le protocole Ripple cité comme infrastructure blockchain établie
La documentation officielle de l’affaire a fait référence à Ripple lors de l’évaluation des revendications du brevet. Les archives judiciaires indiquaient que le brevet lui-même reconnaissait que le système décrit pouvait fonctionner sur l’infrastructure, le protocole et la passerelle de Ripple, ainsi que sur d’autres écosystèmes blockchain.
Le tribunal a jugé ce point important pour apprécier si l’invention constituait une technologie propriétaire. Comme le système pouvait être mis en œuvre sur des réseaux blockchain existants sans nécessiter une infrastructure exclusive, le tribunal a conclu que le brevet ne présentait pas la distinctivité nécessaire pour satisfaire aux normes d’éligibilité au brevet.
La décision a, de fait, reconnu le protocole de Ripple comme une infrastructure blockchain arrivée à maturité pouvant servir de base à des déploiements financiers et technologiques. Bien que la décision n’ait pas impliqué directement Ripple en tant que partie au litige, sa prise en compte dans le raisonnement du tribunal a mis en évidence une acceptation croissante des réseaux blockchain dans les cadres financiers et juridiques traditionnels.
La décision fixe un seuil élevé pour l’éligibilité des brevets blockchain
Des analystes juridiques ont suggéré que la décision renforce un seuil élevé d’éligibilité au brevet lorsque les revendications reposent principalement sur des technologies existantes et sur une infrastructure blockchain largement disponible. Le jugement pourrait créer des difficultés supplémentaires pour les organisations cherchant à obtenir des brevets couvrant des processus blockchain génériques sans démontrer une innovation technique significative.
Pour JPMorgan Chase, l’issue écarte un enjeu juridique majeur et confirme que la banque n’encourra pas de responsabilité au titre du brevet contesté. La décision renforce en outre le rôle de la doctrine Alice comme norme clé pour évaluer les demandes de brevets liées aux logiciels et à la blockchain.
À ce stade, Identitii Limited n’a pas indiqué publiquement si elle entend faire appel. L’affaire illustre comment les tribunaux continuent d’examiner les brevets technologiques pour déterminer s’ils représentent une innovation réelle ou s’ils appliquent des concepts établis via des systèmes numériques conventionnels.
Questions fréquemment posées
Que le tribunal du Delaware a-t-il décidé le 29 mai 2026 au sujet de JPMorgan Chase ?
La United States District Court for the District of Delaware a rejeté une action pour contrefaçon de brevet déposée par Identitii Limited contre JPMorgan Chase. Le juge Gregory B. Williams a estimé que le brevet 413 contesté était invalide au titre de l’article 101 du droit américain des brevets, tel qu’interprété par la doctrine Alice, écartant les allégations de contrefaçon visant JPMorgan Chase.
Pourquoi le tribunal a-t-il invalidé le brevet blockchain d’Identitii Limited ?
Le tribunal a conclu que le brevet ne satisfaisait pas aux exigences d’éligibilité, car il reposait principalement sur des composants commerciaux et technologiques existants plutôt que d’introduire une avancée technique unique. L’invention revendiquée pouvait fonctionner avec une infrastructure blockchain déjà disponible et ne démontrait pas le type d’innovation nécessaire pour bénéficier de la protection par brevet.
Comment le protocole Ripple a-t-il été cité dans la décision du tribunal ?
Les archives judiciaires indiquaient que le brevet lui-même reconnaissait que le système décrit pouvait fonctionner sur l’infrastructure, le protocole et la passerelle de Ripple, ainsi que sur d’autres écosystèmes blockchain. Le tribunal a vu là une preuve que le brevet manquait de distinctivité nécessaire pour satisfaire aux normes d’éligibilité au brevet, reconnaissant de fait le protocole de Ripple comme une infrastructure blockchain arrivée à maturité.