Un membre du directoire de la Banque centrale européenne, Piero Cipollone, a mis en garde vendredi contre le fait qu’un recours plus large aux stablecoins assécherait les dépôts de détail des banques commerciales. S’exprimant lors de l’assemblée annuelle de la Fédération des banques de crédit coopératif d’Italie, à Rome, Cipollone a présenté l’euro numérique comme la garantie qui maintient les prêteurs ancrés dans un marché des paiements en pleine transformation. Cette mise en garde vise un changement plus large des habitudes de paiement en Europe : les paiements mobiles dépassent déjà un paiement sur dix aux terminaux de paiement en Irlande, aux Pays-Bas et en Finlande, tandis que les banques perdent à la fois des revenus de commissions et des données de transaction au profit des plateformes mobiles. Cipollone a relié le risque pour les dépôts aux pressions existantes exercées par les systèmes de paiement numériques, qui prélèvent déjà des commissions et des données clients aux prêteurs traditionnels. Ses propos font suite à plusieurs mois de turbulences réglementaires après que Tether a contourné l’autorisation MiCA et que l’USDT a été retiré des carnets d’ordres des échanges réglementés de l’UE lorsque la période de transition du cadre s’est achevée le 1er juillet.
L’argent liquide recule au profit des cartes et des applications dans toute l’Europe. Les paiements mobiles dépassent déjà un paiement sur dix aux terminaux de paiement en Irlande, aux Pays-Bas et en Finlande. Lorsque les clients paient via des plateformes mobiles, les banques supportent des commissions plus élevées que celles que les cartes de débit génèrent et reçoivent souvent aucune information sur la transaction. Cette double perte touche à la fois les revenus et les données qui sous-tendent les décisions d’octroi de prêts.
La situation en matière d’infrastructures renforce la pression. Deux tiers des paiements par carte dans la zone euro reposent désormais sur des schémas non européens, et cette part augmente. Treize des 21 pays du bloc ne disposent d’aucun schéma national de carte. Plus de la moitié n’a aucune solution d’e-commerce domestique, ce qui laisse l’Europe dépendante de circuits de paiement qu’elle ne contrôle pas.
L’avertissement intervient après des mois de turbulences sur le marché européen des stablecoins. Tether a contourné l’autorisation MiCA et a vu l’USDT retiré des carnets d’ordres des échanges de l’UE réglementés après la clôture, le 1er juillet, de la période de transition du cadre. Les règles imposent aux stablecoins importants de détenir 60% des réserves sous forme de dépôts bancaires européens.
La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s’est interrogée sur le point de savoir si les stablecoins libellés en euro comportent des risques pour la stabilité financière. Elle a souligné que les règles de l’UE poussent déjà au moins 30% des réserves des émetteurs vers des dépôts bancaires. Cipollone a déclaré que si le recours aux stablecoins augmente à l’avenir, les banques perdraient elles aussi des dépôts de détail, ce qui ferait de la fuite des dépôts une conséquence aux côtés des commissions et des données de transaction que les plateformes mobiles siphonnent déjà auprès des prêteurs.
L’euro numérique permettrait à un client d’ouvrir un compte d’euro numérique dans sa banque et de payer dans toute la zone euro en magasin, en ligne et de personne à personne, avec ou sans connexion internet. Les avoirs ne porteraient pas d’intérêt. Des limites calibrées plafonneraient les soldes des portefeuilles, donnant peu de raisons aux utilisateurs de déplacer de grosses sommes hors du système bancaire.
Une analyse de la BCE publiée le mois d’octobre dernier a conclu que le projet ne présente aucun risque pour la liquidité des banques ni pour la stabilité financière. Ailleurs, Cipollone a décrit l’euro numérique comme une démarche collective pour l’Europe conçue pour prévenir la désintermédiation. La BCE a désigné 36 prestataires de paiement pour un pilote à lancer en septembre 2027.
Des émetteurs privés avancent sur le même terrain. Un consortium bancaire nommé Qivalis, regroupant ING, UniCredit, BNP Paribas, CaixaBank et BBVA, prépare un stablecoin euro conforme à MiCA adossé 1 pour 1, avec au moins 40% des réserves sous forme de dépôts bancaires.
Le Parlement européen a soutenu sa position de négociation la semaine dernière avec près de 70% des voix. Les discussions en trilogue ont commencé lundi. Une première émission pourrait suivre en 2029 si la législation est adoptée d’ici la fin de l’année.
De quoi Piero Cipollone a-t-il mis en garde au sujet des stablecoins vendredi ?
Un membre du directoire de la Banque centrale européenne, Piero Cipollone, a mis en garde vendredi contre le fait qu’un recours plus large aux stablecoins assécherait les dépôts de détail des banques commerciales. S’exprimant lors de l’assemblée annuelle de la Fédération des banques de crédit coopératif d’Italie, à Rome, il a présenté l’euro numérique comme la garantie qui maintient les prêteurs ancrés dans un marché des paiements en pleine transformation.
Comment le cadre MiCA influence-t-il les exigences de réserves des stablecoins ?
Le cadre MiCA exige que les stablecoins importants détiennent 60% des réserves sous forme de dépôts bancaires européens. Après la clôture de la période de transition le 1er juillet, Tether a contourné l’autorisation MiCA et a vu l’USDT retiré des carnets d’ordres des échanges de l’UE réglementés. Les règles de l’UE orientent déjà au moins 30% des réserves des émetteurs vers des dépôts bancaires.
Quand le pilote de l’euro numérique sera-t-il lancé ?
La BCE a désigné 36 prestataires de paiement pour un pilote à lancer en septembre 2027. L’euro numérique permettrait aux clients d’ouvrir des comptes auprès de leurs banques et de payer dans toute la zone euro en magasin, en ligne et de personne à personne, avec des avoirs ne portant pas d’intérêt et des limites calibrées plafonnant les soldes des portefeuilles.
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