Principaux enseignements :
Les autorités européennes et américaines ont démantelé une grande infrastructure de cybercriminalité qui s’appuyait sur des routeurs domestiques infectés et des appareils IoT. Cette opération coordonnée a permis de traquer un service de proxy largement utilisé par de nombreux criminels pour dissimuler leurs traces lors d’attaques sur Internet.

Elle illustre la connexion croissante entre paiements en crypto, technologies décentralisées et enquêtes de cybersécurité internationales.
Les agences de police en Europe et aux États-Unis ont lancé une campagne coordonnée nommée Opération Lightning le 11 mars 2026. Cette opération vise à démanteler la plateforme de proxy appelée SocksEscort. Selon les enquêteurs, elle exploitait des vulnérabilités dans des routeurs domestiques.
Les autorités compétentes ont identifié que ce réseau avait accédé à plus de 369 000 appareils dans 163 pays. Ces routeurs et appareils IoT infectés ont été utilisés pour fournir des connexions proxy anonymes à des clients payants.
Lors de l’intervention, les enquêteurs ont saisi 34 noms de domaine et 23 serveurs situés dans sept pays. Parallèlement, les autorités américaines ont gelé environ 3,5 millions de dollars en cryptomonnaies liées au service.
Les responsables ont également déconnecté les modems infectés du réseau, coupant ainsi l’accès au système de proxy utilisé par les clients criminels.
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L’enquête a été lancée en juin 2025 par le Groupe d’action cybernétique conjoint (J-CAT) d’Europol. Les analystes ont découvert un botnet massif constitué d’appareils compromis, majoritairement des routeurs domestiques.
Les malfaiteurs ont identifié une vulnérabilité d’une marque de modem spécifique, découverte par les enquêteurs. Un malware installé sur ces appareils les transformait silencieusement en nœuds d’un réseau proxy mondial.
Une fois infectés, les routeurs permettaient aux criminels de faire transiter le trafic Internet via les adresses IP des utilisateurs innocents. Les propriétaires des appareils n’avaient généralement aucune idée que leur connexion Internet était utilisée pour des activités illégales.
Ce réseau de proxy a permis une gamme de crimes, notamment des opérations de ransomware, des attaques par déni de service distribué (DDoS) et la diffusion de contenus illégaux.
Les clients payaient pour obtenir des licences d’accès à cette infrastructure proxy. Les paiements étaient effectués via une plateforme permettant des transactions anonymes en cryptomonnaie.
Les autorités indiquent que le système de paiement basé sur ce proxy a également collecté plus de 5 millions d’euros en crypto, envoyés par les utilisateurs.
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Le principal acteur était Europol, qui a dirigé l’enquête. Ils ont aidé à coordonner le partage d’informations, l’inspection de malwares, la surveillance du trafic et le traçage des crypto-monnaies entre les agences partenaires. Lors de l’opération, un Poste de Commandement Virtuel a été mis en place au siège d’Europol à La Haye pour assurer une communication fluide entre les pays impliqués.
Les autorités participantes comprenaient des forces de police d’Autriche, de France, des Pays-Bas, d’Allemagne, de Hongrie, de Roumanie et des États-Unis, entre autres. Les agences américaines impliquées comprenaient le Département de la Justice, le FBI et l’IRS Criminal Investigation.