De l’émission de tokens par Trump à l’interdiction totale : comment le nouveau projet de loi sur la CLARITY pourrait remodeler le paysage de la réglementation des actifs numériques ?

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Key Takeaways
  • Les républicains du Sénat ont publié le projet de loi CLARITY le 22 juil. 2026, interdisant aux responsables fédéraux d’émettre des actifs numériques à des fins lucratives.
  • La divulgation de 2025 de Trump a révélé des gains en cryptomonnaies de 1,2 à 1,4 milliard de dollars, suscitant une réponse législative visant à traiter les préoccupations d’éthique.
  • L’interdiction des intérêts sur les stablecoins et les exigences de séparation des actifs des clients remodèlent le cadre réglementaire et les modèles économiques du secteur.

Le 22 juillet 2026, des sénateurs républicains américains ont officiellement publié la version la plus récente de la « CLARITY Act » (loi sur la structure des marchés d’actifs numériques). Ce projet de 616 pages interdit pour la première fois, au niveau fédéral, de manière explicite au président, au vice-président, aux membres du Congrès, aux juges fédéraux et à d’autres hauts responsables publics, ainsi qu’à leurs conjoints, d’émettre ou de parrainer des actifs numériques à des fins lucratives pendant leur mandat. Il s’agit de la première fois dans l’histoire législative américaine qu’une ligne rouge claire est tracée concernant la participation du président à des activités liées aux cryptomonnaies.

Le moment de cette action législative est particulièrement révélateur. Quelques semaines plus tôt, les déclarations financières annuelles du président Trump pour l’exercice 2025 indiquaient qu’il avait tiré environ 1,2 à 1,4 milliard de dollars de revenus d’activités liées aux cryptomonnaies. Les critiques soulignent que, d’un côté, la Maison-Blanche pousse des politiques favorables à l’industrie crypto, tandis que, de l’autre, les entreprises de sa famille en tirent des recettes substantielles, brouillant ainsi la frontière entre intérêt public et intérêt privé. La sortie du nouveau projet de texte constitue une réponse institutionnelle à cette controverse.

Pourquoi le nouveau projet sort maintenant

Le processus législatif de la « CLARITY Act » dure depuis plus d’un an. Le 17 juillet 2025, la Chambre des représentants a adopté le texte par un vote de 294 voix pour et 134 voix contre, avec le soutien transpartisan de 78 députés démocrates. Le 14 mai 2026, le comité bancaire du Sénat a fait avancer le projet par un vote de 15 voix contre 9. Toutefois, par la suite, le texte s’est enlisée lors de la phase de vote de l’ensemble du Sénat : le principal point de friction demeure la question des normes éthiques applicables aux agents publics s’agissant d’actifs numériques.

La publication du nouveau projet marque que les républicains ont désormais clairement défini leurs lignes rouges essentielles en matière de politique crypto. La clause éthique a été négociée à la Maison-Blanche avec des sénateurs républicains comme Cynthia Lummis, mais n’a pas encore obtenu l’aval officiel des démocrates. À l’approche de la période d’ajournement du Congrès en août (le 7 août étant la date limite « dure »), la fenêtre législative se rétrécit rapidement.

À quels publics le nouveau projet de texte applique-t-il l’interdiction centrale

Le cadre éthique établi par le nouveau projet couvre un périmètre assez large. Les « responsables publics ou employés » concernés par des restrictions incluent le président, le vice-président, les membres du Congrès, les juges fédéraux et d’autres hauts responsables du gouvernement ; leurs conjoints sont également inclus dans le périmètre des restrictions. Le projet ne crée pas de nouvelles définitions mais s’appuie sur les définitions fédérales existantes en matière d’éthique.

Pendant leur mandat, les personnes couvertes ne peuvent pas « émettre ou parrainer des actifs numériques » « pour obtenir une rémunération ». La définition de « l’émission » inclut la création, le minage, le lancement ou le contrôle de la vente initiale ou de la distribution d’actifs numériques. La définition de « parrain » est encore plus large : financer, organiser ou cautionner publiquement des jetons entre dans ce cadre, y compris l’utilisation, dans la création ou la promotion concernée, du nom, de l’image ou de la fonction officielle d’une personne.

Il est à noter que ce n’est pas une interdiction totale de détenir des cryptomonnaies. Le texte autorise clairement les personnes concernées à continuer à détenir des actifs numériques en tant qu’investissement, à condition de respecter les exigences existantes en matière de divulgation et de conflits d’intérêts. Par ailleurs, la vente d’actifs de cryptomonnaies dépassant 1 000 dollars doit faire l’objet d’une divulgation.

Pourquoi l’interdiction est assortie d’une clause de “coucher du soleil”

L’une des conceptions les plus controversées du nouveau projet est la « clause de coucher du soleil » (sunset clause) attachée à l’interdiction morale : les restrictions concernées s’éteindront automatiquement à midi le 20 janvier 2029. Cette date correspond exactement à la fin du second mandat de Trump.

Cette conception temporaire suscite de fortes contestations de la part des démocrates. Sept sénateurs démocrates ont publié une déclaration conjointe le 22 juillet, s’opposant au texte actuel du projet, en estimant que le texte comporte des lacunes en matière de « normes éthiques des élus », de « protection des consommateurs », de « finance illégale », de « conflits d’intérêts » et d’« intégrité du marché ». Les démocrates critiquent le fait que cette restriction soit « temporaire » et non durable : l’interdiction expirera en 2029, au lieu d’être une mesure institutionnelle permanente.

Une autre controverse majeure porte sur l’attribution du pouvoir d’application. Le nouveau projet confie le pouvoir d’exécution au ministère de la Justice des États-Unis, plutôt qu’aux procureurs généraux de chaque État. Les démocrates insistent sur le fait que les procureurs généraux des États devraient pouvoir appliquer des restrictions éthiques aux responsables fédéraux ; les républicains, eux, soutiennent que le ministre de la Justice doit être l’instance suprême chargée de l’exécution. Cette divergence constitue un principal obstacle aux négociations entre les deux partis.

Comment le nouveau projet reconfigure la structure des revenus des stablecoins

Outre les dispositions éthiques, les dispositions relatives aux revenus des stablecoins constituent également un élément majeur du nouveau projet. Le projet interdit de verser des intérêts ou des récompenses sur les soldes de stablecoins de paiement laissés inactifs, mais autorise des récompenses liées à des activités réelles comme le trading ou le staking.

L’impact de cette disposition sur l’industrie ne doit pas être sous-estimé. À l’heure actuelle, des produits USDC et USDT portant intérêt constituent une source importante de revenus sous-jacents pour de nombreux protocoles DeFi et CeFi. Une fois la règle mise en œuvre, les modèles commerciaux reposant sur « l’intérêt servi sur les avoirs » feront face à un resserrement structurel des revenus.

La position du secteur bancaire sur cette disposition mérite également d’être surveillée. L’American Bankers Association et des organisations bancaires de 76 États ont exercé une pression conjointe sur le Sénat, estimant que si cette clause n’est pas durcie, des dépôts bancaires pourraient s’évaporer de 1,3 billion de dollars. Les entreprises crypto ripostent en affirmant que l’interdiction faite à des tiers de verser des intérêts sur des stablecoins constituerait un comportement anticoncurrentiel. C’est une bataille entre la banque traditionnelle et l’industrie crypto, portant sur l’orientation des flux de capitaux à l’échelle de plusieurs billions.

Quelles protections le nouveau projet accorde aux développeurs non dépositaires et aux actifs des clients

Tout en renforçant la régulation, le nouveau projet inclut aussi des dispositions de protection en faveur de groupes spécifiques de l’industrie. Le texte conserve intégralement l’esprit central du « Blockchain Regulatory Certainty Act » (BRCA) : il précise que les développeurs de logiciels non dépositaires et les fournisseurs d’infrastructures blockchain ne seront pas considérés comme des institutions de transmission de monnaie simplement parce qu’ils maintiennent un réseau décentralisé. Par ailleurs, le « Keep Your Coins Act » est également intégré dans son intégralité, afin de garantir le droit absolu des individus à s’auto-conserver les actifs crypto.

Concernant la protection des actifs des clients, le projet exige que, en cas de faillite d’une plateforme de trading ou d’un dépositaire, une séparation renforcée des actifs des clients soit mise en place, afin de garantir que les actifs des clients ne fassent pas partie de la masse de faillite. Cette disposition répond directement aux leçons douloureuses du passé, lorsque des plateformes de trading se sont effondrées et que les fonds des clients ont été mélangés aux actifs de l’entreprise.

En outre, le nouveau projet ajoute de nouvelles sections d’application de la loi concernant les crimes liés aux cryptomonnaies : il renforce les financements d’enquête au niveau des États et des collectivités locales et exige que les émetteurs de stablecoins gèlent, saisissent, détruisent ou réémettent des jetons conformément à la loi. Le projet étend aussi les exigences anti-blanchiment de la « Bank Secrecy Act » à des courtiers en actifs numériques, des négociants et des bourses.

Quelle est la probabilité d’adoption du nouveau projet ?

Les données du marché prédictif Polymarket indiquent que la probabilité que la « CLARITY Act » devienne une loi d’ici la fin 2026 est passée du pic de 82 % du 19 février de cette année à environ 42 %. L’ancien président de la CFTC, Christopher Giancarlo, a déclaré lors d’un sommet de l’Est que la probabilité d’adoption est inférieure à 50 %.

Le défi de la réalité législative réside dans le nombre de voix. Au Sénat, les républicains disposent de seulement 53 sièges ; le projet a besoin de 60 voix pour franchir l’obstacle de la longue filibuster/débats interminables. Lors du vote au comité bancaire, les deux sénateurs démocrates Gallego et Alsobrooks qui avaient soutenu le projet ont publiquement signé des déclarations s’opposant au texte actuel, ce qui signifie que les républicains devront encore gagner au moins 8 voix démocrates. La mort du sénateur Lindsey Graham et l’absence de Mitch McConnell pour raisons de santé affaiblissent encore davantage l’avantage réel des républicains en voix.

Le temps constitue aussi une variable impitoyable. Le Sénat doit ajourner ses travaux le 7 août, laissant moins de deux semaines au processus législatif. Si le projet n’est pas adopté avant l’ajournement d’août, la prochaine fenêtre législative pourrait devoir attendre 2027, période où l’influence des élections de mi-mandat rendrait encore plus difficile pour les deux partis de parvenir à un accord.

Comment le nouveau projet pourrait-il impacter l’écosystème des actifs numériques

Qu’elle soit finalement adoptée en 2026 ou non, la simple publication du nouveau projet a déjà envoyé un signal clair : les États-Unis tentent de mettre en place un cadre de régulation des actifs numériques plus explicite. L’objectif central du texte est de tracer une frontière claire entre les « valeurs mobilières » relevant de la SEC et les « commodities » relevant de la CFTC, selon le niveau de décentralisation des réseaux d’actifs numériques.

Du point de vue de l’impact sur l’industrie, le nouveau projet frappe le plus directement la trajectoire des « monnaies politiques ». Une fois l’interdiction de création de tokens par le président mise en œuvre, les voies permettant aux responsables publics d’émettre des actifs numériques en exploitant leur influence liée à leurs fonctions seront totalement bloquées. Les plateformes d’échange crypto seront également interdites de lister des actifs émis ou parrainés par des responsables fédéraux couverts.

Observé à une échelle plus large, des acteurs comme a16z Crypto continuent de faire pression pour que la « CLARITY Act » soit adoptée, estimant qu’elle supprime les barrières à l’entrée et fournit une voie claire pour une participation conforme de la finance traditionnelle. L’augmentation de la clarté réglementaire pourrait lever les obstacles à l’entrée des capitaux institutionnels, tandis que des dispositions comme l’interdiction des revenus sur les stablecoins pourraient remodeler la logique sous-jacente de certains modèles économiques.

À court terme, l’incertitude législative elle-même constitue un risque pour le marché. Mais à long terme, une loi pleinement débattue, combinant rigueur réglementaire et protection de l’industrie, pourrait avoir plus de force de survie institutionnelle qu’un texte adopté dans la précipitation.

Questions fréquentes (FAQ)

Q : Le nouveau projet de la CLARITY Act interdit à qui d’émettre des actifs numériques ?

R : Le nouveau projet interdit au président, au vice-président, aux membres du Congrès, aux juges fédéraux et à d’autres hauts responsables publics, ainsi qu’à leurs conjoints, d’émettre ou de parrainer des actifs numériques à des fins lucratives pendant leur mandat.

Q : Cette interdiction est-elle permanente ?

R : Non. L’interdiction est assortie d’une clause de coucher du soleil et expirera automatiquement à midi le 20 janvier 2029.

Q : Le nouveau projet interdit-il aux responsables de détenir des cryptomonnaies ?

R : Non. Le texte autorise clairement les personnes concernées à continuer à détenir des actifs numériques en tant qu’investissement, tout en exigeant le respect des exigences existantes en matière de divulgation et de conflits d’intérêts.

Q : Quelles dispositions le nouveau projet prévoit-il concernant les revenus des stablecoins ?

R : Le projet interdit de verser des intérêts ou des récompenses sur les soldes inactifs de stablecoins de paiement, mais autorise des récompenses liées à des activités réelles comme le trading ou le staking.

Q : Quelles protections le nouveau projet prévoit-il pour les développeurs non dépositaires ?

R : Le projet précise que les développeurs de logiciels non dépositaires et les fournisseurs d’infrastructures blockchain ne seront pas considérés comme des institutions de transmission de monnaie uniquement parce qu’ils maintiennent un réseau décentralisé.

Q : Quelle est la probabilité que le projet soit adopté en 2026 ?

R : D’après le marché prédictif Polymarket, la probabilité d’adoption est d’environ 42 %. L’ancien président de la CFTC Giancarlo estime que la probabilité d’adoption est inférieure à 50 %. Le projet doit obtenir le soutien de 60 voix au Sénat avant l’ajournement du 7 août.

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PiNewsvip
· Il y a 25m
Certitude HODL💎
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