Renault prévoit de réduire ses effectifs mondiaux d’ingénierie jusqu’à 20 % au cours des deux prochaines années, ce qui toucherait environ 2 200 postes sur un total de plus de 11 000 ingénieurs dans le monde. La mesure reflète l’intensification de la concurrence des constructeurs automobiles chinois en Europe et un changement stratégique plus large visant à accélérer le développement des véhicules et à réduire les coûts de production. Les responsables par pays détermineront l’ampleur précise des réductions dans leurs régions respectives, a confirmé un porte-parole de l’entreprise.
La réduction des effectifs fait partie du plan de Renault visant à rivaliser avec les concurrents chinois sur « l’innovation, les coûts et la vitesse », plutôt que uniquement par des coupes budgétaires, selon des informations relatives à la stratégie de l’entreprise. Le PDG François Provost, qui a pris ses fonctions en juillet, a fait de la réduction des coûts un élément central de la restructuration opérationnelle. Le plan est directement lié à l’objectif de Renault de réduire les cycles de développement des véhicules à deux ans — une compression significative par rapport aux calendriers traditionnels de l’automobile. Le travail de l’entreprise sur le nouveau modèle Twingo illustre cette accélération : le temps de développement est passé à 21 mois après que Renault a associé des ingénieurs chinois à son centre de recherche et développement à Shanghai.
Paradoxalement, alors que Renault réduit des postes d’ingénierie à l’échelle mondiale, il augmente sa capacité de recherche et développement en Chine. Le centre de R&D de Shanghai emploie actuellement environ 200 ingénieurs matériels, avec des projets d’embauche supplémentaires d’ingénieurs logiciels dans la ville. Fait notable : cette équipe basée à Shanghai relève directement du siège français de Renault plutôt que des opérations de Renault Chine, structurant l’unité comme faisant partie de la stratégie mondiale de R&D du groupe plutôt que comme une filiale régionale. Cette organisation permet à Renault de tirer parti des capacités avancées de recherche sur les véhicules électriques en Chine et des ressources de la chaîne d’approvisionnement pour le développement mondial de produits.
Renault s’est fixé un objectif ambitieux de réduire de 40 % les coûts de production des véhicules électriques d’ici 2030. Un groupe d’ingénierie basé en Chine développe actuellement le premier modèle 100 % électrique de Renault conçu en Chine ; d’après des informations des médias chinois citées par des sources du secteur, les premières phases de fabrication et de ventes se concentreront sur les marchés européens plutôt que sur le marché intérieur chinois, où Renault n’a actuellement pas de présence significative. Cette approche permet à Renault de bénéficier de l’expertise chinoise en matière de développement de VÉ et de coûts de fabrication plus bas sans nécessiter une entrée sur le marché intérieur chinois, très concurrentiel.
La stratégie de Renault traduit un changement plus large au sein des grands constructeurs automobiles mondiaux. Plutôt que de déplacer des usines entières, les principaux fabricants créent désormais des équipes d’ingénierie au sein des pôles de concurrents afin d’accéder à l’expertise locale et d’accélérer les cycles de développement. Selon des informations de l’industrie, BMW et Mercedes-Benz développent elles aussi des véhicules électriques en Chine pour les marchés mondiaux, en suivant un modèle similaire consistant à s’appuyer sur des capacités de R&D régionales pour des portefeuilles de produits à l’échelle mondiale.
Le représentant syndical Laurent Giblot a exprimé des inquiétudes quant au fait que le plan pourrait supprimer des centaines de postes d’ingénierie et de soutien en France en particulier, ce qui pourrait compromettre l’objectif déclaré de Renault de produire 36 modèles d’ici 2030. Les tensions entre la réduction des effectifs et les objectifs ambitieux de production de modèles reflètent le défi de maintenir les capacités de production tout en améliorant l’efficacité du développement.
Q : Pourquoi Renault coupe-t-il des emplois d’ingénierie s’il prévoit de produire 36 modèles d’ici 2030 ?
Renault vise à atteindre une productivité plus élevée par ingénieur en accélérant les cycles de développement à deux ans et en s’appuyant sur des partenariats mondiaux en R&D, en particulier en Chine. L’entreprise réaffecte des ressources plutôt que de réduire simplement la capacité d’ingénierie totale ; toutefois, les syndicats affirment que le plan pourrait mettre sous pression les opérations basées en France.
Q : Comment Renault réduit-il le temps de développement des véhicules à deux ans ?
Renault s’associe à des ingénieurs chinois dans son centre de R&D de Shanghai et adopte des méthodologies de développement plus rapides. Le modèle Twingo de l’entreprise sert d’exemple : le temps de développement est passé de calendriers traditionnels à 21 mois grâce à la collaboration avec des équipes d’ingénierie chinoises.
Q : Comment Renault prévoit-il de réduire les coûts de production des VÉ de 40 % d’ici 2030 ?
Renault développe des véhicules électriques en Chine en utilisant des talents d’ingénierie locaux et des ressources de la chaîne d’approvisionnement, puis produit pour des marchés mondiaux, y compris l’Europe. Cette approche permet à l’entreprise d’accéder à des capacités de développement et de production à moindre coût sans exiger une entrée sur le marché intérieur chinois.