Nouriel Roubini, le professeur de l’Université de New York connu sous le nom de « Dr. Doom » pour avoir prédit la crise financière mondiale de 2008, a averti le 15 juillet (heure locale) que l’inflation demeure le principal facteur de risque pour les marchés financiers et que les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ans pourraient s’approcher de 8%. Dans une interview accordée à Business Insider, Roubini a prédit que l’indice des prix à la consommation (CPI) pourrait atteindre 5 à 6% en raison de facteurs structurels, notamment des conflits géopolitiques, de la déglobalisation et de la hausse des dépenses publiques. Cette analyse intervient alors que les marchés financiers font face à des pressions inflationnistes persistantes, et la projection de Roubini sur les rendements correspondrait à des niveaux jamais observés depuis 1994, si elle se concrétise.
Roubini prévoit une inflation du CPI en hausse à 5–6%
Roubini a estimé que l’inflation du CPI pourrait grimper à 5–6% sous l’effet de facteurs structurels, dépassant nettement la lecture du CPI de juin, à 3,5%. D’après Business Insider, l’économiste a identifié plusieurs forces susceptibles de faire monter sensiblement les prix à la consommation au-delà des niveaux actuels. Sa prévision s’écarte fortement de la trajectoire d’inflation actuelle et suggère une pression durable à la hausse sur les niveaux de prix.
Les tensions géopolitiques et la déglobalisation alimentent les tensions sur les prix
Roubini a désigné les tensions géopolitiques comme principal facteur d’inflation, soulignant que la guerre entre les États-Unis et l’Iran a fait grimper les prix internationaux du pétrole et des matières premières depuis mars, et que ces hausses de coûts pourraient ensuite se répercuter sur les prix à la consommation. Il a pointé la déglobalisation comme un autre facteur inflationniste, déclarant que « il y a une réaction contre la libre circulation des biens, des services, des capitaux, de la main-d’œuvre, des données, de l’information et de la technologie, et ces frictions créent un certain degré d’inflation ». Roubini a cité les politiques de droits de douane de Donald Trump comme exemple de cette tendance.
Le professeur a également analysé la manière dont les déficits budgétaires et l’augmentation de la dette nationale accroissent les pressions inflationnistes, en expliquant que la hausse des dépenses publiques, combinée à des taux d’intérêt élevés, fait grimper les coûts liés aux intérêts et alourdit le fardeau budgétaire. Le changement climatique a été identifié comme un catalyseur inflationniste supplémentaire susceptible de perturber les approvisionnements alimentaires et d’augmenter les primes d’assurance.
Les rendements des obligations du Trésor US à 10 ans pourraient s’approcher de 8%
Roubini a prévu que si l’inflation atteignait 5–6%, les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ans pourraient s’approcher de 8%, contre un niveau actuel d’environ 4,6%. Si cela se concrétise, cela représenterait le niveau le plus élevé depuis 1994. Il a déclaré : « Il y a juste quelques années, les rendements à 10 ans étaient au niveau de 1%, mais aujourd’hui, ils ont déjà dépassé 4,5%, et ils vont augmenter progressivement encore, en raison de divers facteurs de risque. »
Roubini a noté que l’augmentation des émissions d’obligations du Trésor pourrait aussi pousser les taux à long terme plus haut, en expliquant qu’à mesure que les déficits budgétaires s’élargissent, le Trésor américain n’a d’autre choix que d’augmenter les émissions d’obligations, et si la demande correspondante ne se matérialise pas, les rendements pourraient encore grimper.
La hausse des rendements obligataires menace l’attrait du marché boursier
Roubini a prédit que si les rendements à 10 ans montaient jusqu’à 8%, cela réduirait l’attrait relatif des actions et provoquerait un choc significatif sur le marché boursier. Son analyse met en évidence les risques interconnectés entre les marchés à revenu fixe et les marchés de capitaux propres, alors que les pressions inflationnistes persistent.
FAQ
Quel niveau d’inflation Nouriel Roubini a-t-il prévu dans son interview du 15 juillet ?
Nouriel Roubini a prévu que l’inflation du CPI pourrait atteindre 5–6% en raison de facteurs structurels, notamment des conflits géopolitiques, de la déglobalisation et de la hausse des dépenses publiques, dépassant nettement la lecture du CPI de juin, à 3,5%.
À quel point les rendements des obligations du Trésor US à 10 ans pourraient-ils monter selon Roubini ?
Roubini a prévu que les rendements des obligations du Trésor US à 10 ans pourraient s’approcher de 8% si l’inflation augmente à 5–6%, contre un niveau actuel d’environ 4,6%. Cela représenterait le niveau le plus élevé depuis 1994 si cela se concrétisait.
Quels facteurs Roubini a-t-il identifiés comme à l’origine des pressions inflationnistes ?
Roubini a identifié les tensions géopolitiques (notamment l’impact de la guerre États-Unis-Iran sur les prix du pétrole et des matières premières depuis mars), la déglobalisation, les déficits budgétaires du gouvernement et l’augmentation de la dette nationale, ainsi que le changement climatique comme facteurs structurels principaux à l’origine des pressions inflationnistes.