Les tensions entre les États-Unis et l’Iran font grimper le pétrole : quelles conséquences pour XOM, l’inflation et le Bitcoin ?

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Mis à jour: 10/07/2026 05:33

La fumée qui s’élève au-dessus du détroit d’Ormuz rebat les cartes de l’échelle mondiale de valorisation des actifs.

Début juillet 2026, les tensions entre les États-Unis et l’Iran se sont fortement intensifiées. Le 7 juillet, les États-Unis ont annoncé le rétablissement des sanctions pétrolières contre l’Iran. Le lendemain, lors du sommet de l’OTAN, le président Trump a déclaré le protocole d’accord américano-iranien « nul et non avenu » et ordonné une nouvelle série de frappes contre l’Iran. Selon le Commandement central américain, ces frappes ont visé environ 90 sites militaires. En riposte, l’Iran a lancé des attaques de missiles et de drones contre des installations américaines à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et en Jordanie. Cette escalade survient moins d’un mois après la signature d’un protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran le 18 juin, qui avait marqué un passage de la confrontation au dialogue.

Pourtant, contrairement aux prévisions des modèles classiques de risque géopolitique, les prix internationaux du pétrole n’ont pas flambé. Au 10 juillet, le cours du WTI à terme s’est établi à 72,08 $ le baril, en baisse de 1,44 $ ou 1,96 %. Le Brent a clôturé à 76,30 $ le baril, en recul de 1,72 $ ou 2,2 %. Cette concomitance entre l’escalade géopolitique et la baisse des prix du pétrole — phénomène de marché contre-intuitif — constitue le paradoxe central que nous allons analyser aujourd’hui. En examinant la transmission des tensions géopolitiques sur la valorisation des actions énergétiques, nous verrons pourquoi ExxonMobil est devenu le point de mire des flux de capitaux, puis nous discuterons de l’impact potentiel de la tendance des prix du pétrole sur l’inflation, la politique de la Réserve fédérale et les actifs à risque comme le Bitcoin.

Pourquoi les conflits géopolitiques profitent-ils aux actions énergétiques ? — La transmission du « prime de risque » à la « réalisation des profits »

En période de risque géopolitique, les valeurs énergétiques figurent souvent parmi les rares secteurs susceptibles d’en bénéficier. Toutefois, leurs gains ne proviennent pas du « conflit en lui-même », mais d’une chaîne de transmission sectorielle vérifiable :

Montée des tensions géopolitiques → Craintes sur l’approvisionnement pétrolier → Hausse des prix internationaux du pétrole → Amélioration des perspectives de résultats pour les entreprises du secteur → Afflux de capitaux vers les actions énergétiques.

Cette logique s’est pleinement vérifiée au premier semestre 2026. Début mars, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz ont brièvement propulsé le Brent à 118 $ le baril. Bien que la hausse se soit rapidement inversée, toute la chaîne de valeur énergétique a connu un véritable « grand huit ».

Ce qui distingue cette nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, c’est que le marché considère l’affrontement comme une « escalade contenue ». Guosen Futures souligne que des médiateurs œuvrent pour éviter que cette flambée ne dégénère en conflit généralisé, et le marché s’attend à un retour des deux parties à la table des négociations après la montée des tensions. Cette anticipation a fait baisser le WTI de 2,33 % à 71,81 $ le baril le 10 juillet.

Cependant, « escalade contenue » ne signifie pas « absence d’impact ». Goldman Sachs relève que si le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz devait à nouveau être perturbé en raison de tensions accrues, la reprise de l’offre pétrolière du Moyen-Orient pourrait être compromise. Selon les estimations de Goldman, la production de brut du Golfe persique en juin restait inférieure d’environ 10,5 millions de barils par jour à son niveau d’avant-guerre. Durant les dix premiers jours après la réouverture du détroit, les exportations de brut du Golfe persique ont retrouvé plus de 80 % de leur niveau d’avant-conflit, mais la récente recrudescence des attaques contre les pétroliers fait planer de nouvelles incertitudes.

Du côté des flux de capitaux, l’appétit du marché pour le secteur énergétique repart à la hausse. Le 8 juillet, le secteur pétrole et pétrochimie a enregistré le plus fort afflux net de capitaux sur les actions A chinoises, avec un achat net de 124 millions de yuans sur la journée. Aux États-Unis, les valeurs énergétiques ont progressé en préouverture le 8 juillet : Shell a gagné plus de 4 %, TotalEnergies plus de 3 %, tandis qu’ExxonMobil et Chevron affichaient également des hausses. Ces chiffres montrent que, malgré la pression à court terme sur les prix du pétrole, les perspectives bénéficiaires à moyen terme pour les actions énergétiques s’améliorent.

Pourquoi ExxonMobil est-il au centre de l’attention ? — Le triple « levier pétrole » d’un géant mondial de l’énergie

En tant que l’une des plus grandes compagnies énergétiques intégrées au monde, ExxonMobil (XOM) redevient un acteur central pour les investisseurs dans ce contexte de montée des risques géopolitiques. Trois raisons principales expliquent cette focalisation :

Premièrement, une structure d’activité très sensible aux prix du pétrole. ExxonMobil opère sur toute la chaîne, de la production amont de pétrole et de gaz au raffinage et au négoce mondial. La rentabilité de son segment amont est étroitement corrélée au prix du brut : chaque hausse de 1 $ par baril peut accroître le bénéfice annualisé de plusieurs centaines de millions de dollars. Le Brent a progressé d’environ 23 % d’un trimestre à l’autre au T2 2026, ce qui a directement dopé les profits de l’amont chez ExxonMobil.

Deuxièmement, des prévisions de bénéfices fortement révisées à la hausse. ExxonMobil doit publier ses résultats complets du deuxième trimestre le 31 juillet. Selon le consensus compilé par LSEG, le bénéfice ajusté du groupe pour le trimestre devrait atteindre 15,7 milliards de dollars, soit environ trois fois le total du T1. D’autres prévisions de marché tablent sur un bénéfice net de 14,414 milliards de dollars au T2, en hausse de 103,52 % sur un an. L’entreprise elle-même anticipe un chiffre d’affaires amont de 9,6 milliards de dollars, le plus élevé depuis septembre 2022. Les investisseurs surveillent également le flux de trésorerie disponible, les programmes de retour aux actionnaires et la vision du management sur l’évolution des prix du pétrole.

Troisièmement, une réallocation du capital institutionnel. Côté cours de Bourse, ExxonMobil a clôturé à 141,69 $ le 7 juillet, atteint un sommet intrajournalier à 143,99 $ le 8 juillet, avant de revenir à 137,46 $ le 9 juillet. Ce même 8 juillet, le volume d’échanges a atteint 2,588 milliards de dollars, soit le 35e plus important volume de la journée sur les actions américaines. Cette forte hausse du volume traduit une réévaluation par les institutionnels de leur exposition au secteur énergétique, ExxonMobil, en tant que leader, s’imposant naturellement comme destination privilégiée des flux de capitaux.

Quel impact de la hausse du pétrole sur les marchés mondiaux ? — Des anticipations d’inflation à la revalorisation des actifs

L’impact de la hausse des prix du pétrole sur les marchés mondiaux n’est pas linéaire. Il s’opère au contraire selon une chaîne de transmission macroéconomique bien définie :

Escalade du conflit géopolitique → Hausse du brut → Anticipations d’inflation accrues → Modification des perspectives de politique monétaire de la Fed → Hausse de la volatilité sur les actifs à risque mondiaux → Effets simultanés sur l’or, le dollar, le Bitcoin et les actions américaines.

Actuellement, l’inflation annuelle américaine s’établit à 4,1 %, bien au-dessus de l’objectif de 2 % de la Réserve fédérale. Le compte rendu de la réunion de politique monétaire de juin de la Fed indique que les participants ont constaté une nouvelle hausse de l’inflation, principalement due à la persistance des effets tarifaires, aux perturbations des chaînes d’approvisionnement liées à la fermeture du détroit d’Ormuz, et à une demande d’investissement soutenue par l’IA.

La Fed est divisée sur la trajectoire future de sa politique. Certains membres anticipent un reflux de l’inflation, ouvrant la voie à des baisses de taux ; d’autres estiment que les prix resteront élevés, nécessitant de nouvelles hausses. Dans le « dot plot » de la Fed, neuf responsables soutiennent au moins une hausse de taux cette année. Selon un rapport de Deutsche Bank, l’ensemble du comité a abandonné la prévision précédente de baisse de taux, se scindant en deux camps.

Au 10 juillet, l’outil « FedWatch » du CME indique une probabilité de 74,9 % que la Fed maintienne ses taux inchangés en juillet, contre 25,1 % pour une hausse de 25 points de base. Pour septembre, la probabilité de statu quo tombe à 35,7 %, tandis que celle d’une hausse de 25 points atteint 51,1 %. Selon la plateforme de marché prédictif Kalshi, les traders estiment à environ 54 % la probabilité d’une hausse de taux d’ici la fin de l’année.

Dans ce contexte macroéconomique, les actifs à risque mondiaux subissent une nouvelle pression de revalorisation. L’or, valeur refuge classique, a progressé de 1,1 % à 4 121,67 $ l’once le 10 juillet. Les actifs à risque présentent une dynamique plus complexe, impactés à la fois directement par les chocs géopolitiques et indirectement par l’évolution des anticipations de politique monétaire.

Les actions énergétiques peuvent-elles poursuivre leur rallye ? — Deux scénarios d’analyse

La trajectoire des valeurs énergétiques dépendra largement de l’évolution de la situation entre les États-Unis et l’Iran.

Scénario 1 : Conflit prolongé ou escalade. Si le trafic dans le détroit d’Ormuz reste perturbé, les prix du pétrole devraient se maintenir à un niveau élevé, voire progresser. Goldman Sachs identifie deux risques majeurs pour les flux et les prix du brut du Golfe persique : si les négociations aboutissent dans les 60 prochains jours et que la sécurité maritime est rétablie, l’offre pourrait revenir à la normale d’ici fin juillet ; en cas d’échec des discussions et d’intensification des attaques contre les pétroliers, les flux de brut diminueront davantage. Dans un scénario de conflit prolongé, la logique d’amélioration des résultats du secteur énergétique reste valable et le secteur devrait en bénéficier. Toutefois, il convient de surveiller un éventuel effet de destruction de la demande si les prix du pétrole montent trop vite : l’US Energy Information Administration prévoit un recul de la demande mondiale de brut de 1,2 million de barils par jour en 2026.

Scénario 2 : Détente des tensions. Si les États-Unis et l’Iran reprennent les négociations et parviennent à un nouveau compromis, les prix du pétrole pourraient rapidement refluer, réduisant les gains des valeurs énergétiques et provoquant une rotation des capitaux vers les valeurs de croissance. À noter que les deux pays poursuivent encore des « négociations techniques » sur le dossier nucléaire. Un responsable américain a déclaré : « Les États-Unis restent engagés à rechercher des solutions. » Cela suggère que les canaux diplomatiques demeurent ouverts et qu’une phase de détente reste possible.

En résumé, la performance des actions énergétiques continuera de dépendre fortement de l’évolution en temps réel de la situation internationale, et toute prise de position unilatérale comporte une forte incertitude.

Quelles conséquences de la hausse du pétrole pour Bitcoin ? — Pression à court terme vs facteurs structurels à long terme

Pour les utilisateurs de Gate, la question clé est la suivante : quel est le véritable lien entre la hausse du pétrole et le Bitcoin ?

À court terme, la chaîne de transmission est relativement claire :

Hausse du pétrole → Pression accrue sur l’inflation → Révision des anticipations de taux → Baisse de l’appétit pour le risque → Pression à court terme sur les actifs à forte volatilité comme Bitcoin.

En tant qu’actif sans rendement, Bitcoin subit un coût d’opportunité plus élevé dans un environnement de taux élevés, ce qui tend à limiter l’allocation institutionnelle. Cela se reflète dans les flux des ETF Bitcoin : après huit semaines consécutives de sorties, les ETF Bitcoin spot américains ont brièvement renoué avec les entrées début juillet. Le 8 juillet, les ETF Bitcoin ont de nouveau enregistré une sortie nette de 84,9 millions de dollars. Ces flux hésitants traduisent les incertitudes persistantes des investisseurs institutionnels face au contexte macroéconomique.

Cependant, il est important de rappeler que la logique de valorisation de Bitcoin ne se limite pas à celle d’un « actif à risque ». Le 10 juillet, Bitcoin a fait preuve de résilience sous de multiples pressions — évoluant entre 63 900 $ et 64 050 $, avec un gain de 3 % à 3,5 % sur 24 heures et une capitalisation autour de 1,28 billion de dollars. Après plusieurs séances de baisse, le marché crypto a globalement rebondi, le secteur RWA progressant de 4,28 % sur 24 heures.

La trajectoire de long terme de Bitcoin dépendra de plusieurs facteurs : la persistance des flux entrants sur les ETF — les ETF Bitcoin ont enregistré trois jours consécutifs de flux positifs début juillet, pour plusieurs dizaines de millions de dollars, et la poursuite de cette tendance sera déterminante pour la confiance du marché ; l’environnement de liquidité globale — si la Fed finit par opérer un pivot accommodant en raison d’une faiblesse économique, Bitcoin bénéficiera d’une liquidité plus abondante ; la durée des risques géopolitiques — en cas de conflit persistant, la dimension « or numérique » de Bitcoin pourrait être revalorisée par le marché.

Conclusion

Le regain de tensions entre les États-Unis et l’Iran transmet la pression du marché pétrolier à l’ensemble du système mondial de valorisation des actifs. En tant que premier géant mondial de l’énergie, la trajectoire bénéficiaire et la volatilité du cours d’ExxonMobil reflètent essentiellement la valorisation par le marché de la chaîne de transmission risque géopolitique → prix du pétrole → profits des entreprises. La logique macroéconomique plus large — hausse du pétrole, impact sur l’inflation, la Fed et les actifs à risque — alimente une nouvelle vague de revalorisation globale des actifs.

Pour les investisseurs, le dilemme central réside dans le fait que, si une partie de la prime de risque géopolitique est déjà intégrée, l’incertitude autour de l’inflation et des taux d’intérêt s’accentue. La capacité des valeurs énergétiques à maintenir leur surperformance dépendra de l’évolution du conflit ; la pression à court terme et le potentiel à long terme des actifs à risque comme Bitcoin imposent de rechercher des opportunités structurelles dans un contexte macroéconomique incertain.

Tant que la fumée plane sur le détroit d’Ormuz, l’échelle mondiale de valorisation des actifs continuera d’osciller entre géopolitique et macroéconomie. Seule une compréhension claire des mécanismes de transmission permettra aux investisseurs de naviguer dans la volatilité et de trouver leur cap.

FAQ

Q : Pourquoi le conflit entre les États-Unis et l’Iran n’a-t-il pas fait flamber les prix du pétrole ?

Le marché considère cet affrontement comme une « escalade contenue », des médiateurs s’efforçant d’éviter une guerre totale et les deux parties poursuivant encore des discussions techniques sur le nucléaire. Par ailleurs, la production de brut de l’OPEP a augmenté de 2,2 millions de barils par jour en juin par rapport à mai, atténuant partiellement les craintes sur l’offre.

Q : Quelles sont les attentes pour les résultats du T2 d’ExxonMobil ?

Selon le consensus des analystes LSEG, le bénéfice ajusté d’ExxonMobil au T2 devrait atteindre 15,7 milliards de dollars, soit environ trois fois le total du T1. L’entreprise anticipe elle-même un chiffre d’affaires amont de 9,6 milliards de dollars, le plus élevé depuis septembre 2022. Les résultats officiels seront publiés le 31 juillet.

Q : La Fed relèvera-t-elle ses taux en juillet ?

Au 10 juillet, l’outil CME « FedWatch » indique une probabilité de 74,9 % d’un maintien des taux en juillet, contre 25,1 % pour une hausse de 25 points de base. Le marché juge donc peu probable une hausse en juillet, mais la probabilité grimpe à 51,1 % pour septembre.

Q : La hausse du pétrole est-elle positive ou négative pour Bitcoin ?

À court terme, la hausse du pétrole alimente les anticipations d’inflation, ce qui peut inciter la Fed à maintenir une politique restrictive — pesant sur les actifs à risque comme Bitcoin. À long terme, la performance de Bitcoin dépendra des flux sur les ETF, de la liquidité mondiale et de la persistance des risques géopolitiques.

Q : Quelle est l’importance du détroit d’Ormuz pour l’approvisionnement énergétique mondial ?

Le détroit d’Ormuz est l’une des voies maritimes les plus stratégiques au monde pour le transport de pétrole. Goldman Sachs estime que la production de brut du Golfe persique en juin restait inférieure d’environ 10,5 millions de barils par jour à son niveau d’avant-conflit. Les perturbations du trafic dans le détroit affectent directement l’offre mondiale, faisant monter les prix et accentuant les pressions inflationnistes.

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