L'Union européenne prépare des propositions visant à supprimer les obstacles qui empêchent les banques de transférer plus librement des fonds à travers tout le bloc, d'après un projet de rapport de la Commission européenne sur la compétitivité bancaire. L'initiative vise à renforcer la compétitivité des prêteurs européens face à de plus grands rivaux américains en s'attaquant à une faiblesse de longue date : le capital et la liquidité sont souvent bloqués au sein de filiales nationales, malgré le fait que les banques opèrent au sein d'un seul marché. Cette structure limite la capacité des groupes bancaires à allouer des ressources là où la demande est la plus forte et oblige les prêteurs à conserver des coussins de liquidité excédentaires dans des pays distincts. Les prêteurs européens estiment que le cadre actuel contraint l'offre de crédit au moment où le bloc tente de financer la transition énergétique, la défense, les infrastructures numériques et l'investissement industriel. La Fédération bancaire européenne a estimé que l'UE fait face à un déficit annuel d'investissement de 1,4 billion d'euros, un chiffre devenu central dans le débat sur la question de savoir si les règles bancaires de la région sont trop fragmentées pour soutenir ses ambitions en matière de politiques publiques.
Les projets de propositions incluent un allègement possible des exigences de capital pour les prêts hypothécaires et les prêts accordés à des entreprises non notées. Les exigences de capital influencent directement le volume de crédit que les banques peuvent distribuer et la rentabilité de certains portefeuilles de prêts qu'elles doivent maintenir. Le crédit hypothécaire constitue une activité centrale pour les banques européennes, tandis que les prêts aux entreprises non notées sont particulièrement importants pour les petites et moyennes entreprises qui dépendent fortement du financement bancaire. Assouplir le traitement du capital dans ces domaines pourrait soutenir la croissance du crédit, notamment dans des économies où les marchés de capitaux restent moins développés qu'aux États-Unis.
Des exigences de capital plus faibles peuvent améliorer la capacité de prêt et les rendements, mais elles soulèvent aussi des questions sur la résilience en cas de dégradation des conditions de crédit. Les décideurs doivent trouver un équilibre entre compétitivité et garde-fous post-crise conçus pour empêcher des systèmes bancaires insuffisamment capitalisés d'amplifier les ralentissements. Le rapport propose également de réformer la structure des dispositifs d'assurance-dépôts bancaires et de revoir les exigences de capital pour les sociétés d'investissement, s'inscrivant ainsi dans un effort plus large visant à traiter les parties inachevées de l'union bancaire européenne.
L'examen de la compétitivité bancaire intervient alors que des responsables de l'UE plaident en faveur d'une consolidation transfrontalière. Le responsable de l'anti-trust de l'UE, Teresa Ribera, a exhorté les États membres à soutenir les fusions bancaires transfrontalières, arguant qu'une intégration plus profonde est nécessaire pour achever le marché unique. La mobilité du capital et de la liquidité est au cœur de ce débat. Les fusions transfrontalières sont moins attrayantes lorsque des règles nationales obligent les banques à maintenir des coussins distincts dans chaque pays, ce qui réduit l'intérêt financier de la combinaison des bilans.
Une plus grande flexibilité pour déplacer des ressources au-delà des frontières pourrait rendre les grands groupes bancaires plus efficaces et leur offrir une meilleure échelle face aux concurrents américains. Cela pourrait aussi renforcer l'argumentaire en faveur de la consolidation sur le plan de l'investissement, en particulier parmi les banques dont les activités régionales se chevauchent. Les régulateurs nationaux peuvent hésiter à renoncer au contrôle du capital et de la liquidité détenus dans leurs systèmes bancaires domestiques. En période de tensions, les pays veulent être assurés que les filiales locales peuvent soutenir les déposants et emprunteurs nationaux. Cette tension a freiné pendant des années les réformes de l'union bancaire.
L'évaluation par la Commission européenne de la compétitivité du secteur bancaire est attendue en juillet, avec des propositions législatives susceptibles de suivre en 2027. Pour les grandes banques transfrontalières, la question concerne la capacité de prêt, la rentabilité, la logique des fusions et la capacité à financer les objectifs économiques plus larges de l'Europe. Les propositions seraient bénéfiques pour les grandes banques européennes transfrontalières si elles réduisent le capital bloqué et améliorent l'efficacité des bilans au niveau des groupes.
Le défi est politique. L'assurance-dépôts, l'allègement de capital et le mouvement de la liquidité transfrontalière touchent tous à la souveraineté nationale sur les systèmes bancaires. Les États membres peuvent s'accorder sur le fait que l'Europe a besoin de prêteurs plus solides, mais ils ne s'accordent pas toujours sur la part de contrôle qui doit passer des autorités nationales au niveau de l'UE. Si les propositions progressent sous une forme significative, les grandes banques diversifiées pourraient bénéficier d'une meilleure efficacité du capital, de retombées économiques plus fortes pour les fusions et d'une capacité de prêt accrue.
Quelles propositions l'UE prépare-t-elle pour le financement bancaire transfrontalier ?
L'Union européenne prépare des propositions visant à supprimer les obstacles qui empêchent les banques de transférer plus librement des fonds à travers tout le bloc. Le projet de rapport de la Commission européenne sur la compétitivité bancaire se concentre sur la possibilité pour les banques d'allouer du capital et de la liquidité entre les filiales nationales, actuellement souvent bloqués à l'intérieur de pays distincts. Les propositions incluent aussi un allègement possible du capital sur les prêts hypothécaires et les prêts accordés à des entreprises non notées.
Pourquoi l'UE cible-t-elle les barrières au financement bancaire transfrontalier ?
L'initiative vise à renforcer la compétitivité des prêteurs européens face à de plus grands rivaux américains. La structure actuelle limite la capacité des groupes bancaires à allouer des ressources là où la demande est la plus forte et oblige les prêteurs à détenir des coussins excédentaires dans des pays individuels. Les prêteurs européens estiment que le cadre contraint l'offre de crédit au moment où le bloc tente de financer la transition énergétique, la défense, les infrastructures numériques et l'investissement industriel. La Fédération bancaire européenne a estimé que l'UE fait face à un déficit annuel d'investissement de 1,4 billion d'euros.
Quand la Commission européenne finalisera-t-elle ces propositions bancaires ?
L'évaluation par la Commission européenne de la compétitivité du secteur bancaire est attendue en juillet, avec des propositions législatives susceptibles de suivre en 2027.
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