Polymarket a supprimé un marché de paris lié au sauvetage de militaires américains en Iran, après une vive vague de réactions et de critiques de la part de parlementaires ce week-end.
Le marché permettait aux utilisateurs d’enchérir sur le moment où les États-Unis confirmeraient le sauvetage de deux aviateurs après qu’un avion de chasse F-15E a été abattu au-dessus de l’Iran. Les membres de l’équipage ont depuis été secourus.
Le représentant Seth Moulton, un démocrate du Massachusetts, a critiqué l’inscription dans une publication sur X, la qualifiant de « dégoûtante » et soutenant qu’elle réduisait un effort de sauvetage militaire à une transaction financière.
Moulton a adopté une ligne dure à l’égard des marchés de prédiction : il a récemment interdit à son personnel d’utiliser des plateformes comme Polymarket et Kalshi, par crainte que des incitations financières puissent influencer des décisions politiques.
Un porte-parole de Polymarket a déclaré que l’inscription ne répondait pas à ses normes d’intégrité et a été supprimée peu après sa mise en ligne. La société a ajouté qu’elle examine la façon dont le marché a passé les garde-fous internes.
L’incident survient alors que les marchés de prédiction font face à une pression croissante à Washington. Un groupe de démocrates au Congrès a présenté le mois dernier une législation qui interdirait les contrats liés aux élections, à la guerre et aux actions du gouvernement.
Par ailleurs, plusieurs sénateurs ont exhorté la Commodity Futures Trading Commission à interdire les marchés associés à des décès individuels, invoquant des inquiétudes en matière de sécurité nationale.
Les régulateurs affirment aussi leur autorité sur le secteur. La CFTC a indiqué cette semaine qu’elle avait déposé des poursuites contre trois États au sujet d’efforts qu’elle estime visant à contourner la surveillance fédérale des marchés de prédiction.
L’examen du secteur s’est étendu au-delà de la politique. La NFL a demandé aux opérateurs d’éviter de proposer des contrats qu’elle juge répréhensibles ou susceptibles d’être manipulés, y compris des paris liés à des décisions d’arbitrage ou à des événements connus à l’avance.
Pour autant, le marché continue de s’étendre. Kalshi a obtenu le mois dernier une licence pour offrir du trading sur marge aux investisseurs institutionnels, tandis que de nouveaux acteurs entrent sur le marché. Parmi eux figure JPMorgan, dont le PDG, Jamie Dimon, a laissé entendre qu’il cherchait à se joindre à la bataille.