
Selon Coinfomania, le 25 mai, la Federal Deposit Insurance Corporation (FDIC) a publié une proposition de règles exigeant que les émetteurs de stablecoins autorisés et réglementés par la FDIC (PPSI) établissent, conformément aux normes de conformité de la Bank Secrecy Act (BSA) et de l’Office of Foreign Assets Control (OFAC), un cadre complet de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (AML/CFT) ; la date limite de consultation publique est fixée au 9 juin.
Liste des exigences de conformité déjà confirmées dans la proposition de règles de la FDIC
D’après la proposition de règles de la FDIC, les PPSI réglementés doivent mettre en place l’infrastructure AML suivante :
Volet AML/CFT : comprenant des systèmes de surveillance des transactions et des obligations de reporting alignées sur la Bank Secrecy Act
Conformité aux sanctions OFAC : établir et maintenir des procédures de filtrage des sanctions efficaces
Identification des clients (CIP) et diligence raisonnable (CDD) : équivalentes aux normes des institutions bancaires traditionnelles
Déclaration d’activités suspectes : soumettre les rapports pertinents à FinCEN
Capacités techniques : disposer des capacités techniques pour masquer, geler et refuser certaines transactions spécifiques ou illégales
Rapport annuel de certification : soumettre une certification de conformité aux autorités de régulation
Interdiction des intérêts/du rendement : la proposition prévoit généralement l’interdiction de verser des intérêts ou des rendements liés aux stablecoins
Différences clés entre le GENIUS Act et le CLARITY Act
On observe une confusion fréquente sur les deux projets de loi dans le marché. Voici l’état actuel déjà confirmé :
GENIUS Act ( « Stablecoin National Innovation Guidance Act » ) : signé en tant que loi le 18 juillet 2025 ; il se concentre sur le cadre fédéral de régulation des stablecoins de paiement ; la FDIC, FinCEN et OFAC finalisent actuellement les détails de mise en œuvre avant l’échéance de juillet 2026.
CLARITY Act ( « Digital Asset Market Clarity Act » ) : en cours d’examen au niveau de l’ensemble du Sénat aux États-Unis (la commission bancaire du Sénat l’a approuvé le 14 mai 2026 par 15:9) ; il vise la structure plus large des marchés d’actifs numériques (frontières de juridiction SEC/CFTC, règles pour DeFi, etc.) ; si le texte n’est pas adopté par un vote de l’ensemble du Sénat avant la clôture des sessions du Congrès en août 2026, les législateurs avertissent d’un report possible jusqu’en 2030.
Questions fréquentes
Quels sont les critères d’identification de la « Publicly Permitted Stablecoin Issuance Entity » (PPSI) dans le GENIUS Act ?
Les PPSI définies par le GENIUS Act désignent les émetteurs de stablecoins de paiement qui déposent une demande et obtiennent une autorisation au sein d’un cadre de régulation approuvé par le gouvernement fédéral ou par l’État. Au niveau fédéral, une PPSI peut être une filiale d’une banque nationale (régulée par l’OCC), une filiale d’une banque membre du Système de Réserve fédérale (régulée par la Fed), ou une filiale d’une banque assurée non membre et d’une association d’épargne d’État (régulée par la FDIC). Des institutions de charte d’État non bancaires peuvent également demander la qualification PPSI si elles répondent à des critères équivalents. Le GENIUS Act considère explicitement les PPSI comme des « institutions financières » au sens de la Bank Secrecy Act, ce qui constitue la base juridique pour les intégrer à un cadre de conformité AML de niveau bancaire.
Pourquoi le rôle de supervision de FinCEN dans le GENIUS Act est-il plus mis en avant que celui de la FDIC dans la banque traditionnelle ?
Dans la régulation des banques traditionnelles, la FDIC joue généralement à la fois le rôle de superviseur prudentiel et celui d’exécutant des exigences de la Bank Secrecy Act (BSA), en évaluant la conformité AML des institutions qu’elle supervise. En revanche, le GENIUS Act prévoit une répartition différente : la FDIC est responsable des exigences prudentielles (réserves, capital, rachat), tandis que le rôle d’exécution principal supervisé par la BSA est confié au Trésor via FinCEN. Il s’agit d’un écart important par rapport au cadre de régulation traditionnel des banques. La proposition récente de la FDIC consolide le système de conformité en renvoyant à des exigences de FinCEN (plutôt que de les concevoir elle-même), ce qui reflète la volonté du GENIUS Act d’établir, pour la régulation des stablecoins, une structure de coopération tripartite distincte de celle des banques traditionnelles (FinCEN + OFAC + l’autorité fédérale de régulation principale).
Quelle est l’incidence de la disposition « interdiction de payer des intérêts ou un rendement sur les stablecoins de paiement » sur les stablecoins à rendement dans DeFi ?
La clause d’interdiction des intérêts/du rendement du GENIUS Act vise principalement les PPSI réglementées qui versent directement des intérêts aux détenteurs sur les stablecoins de paiement qu’elles émettent. La logique de conception de cette règle est de distinguer les stablecoins de paiement des « dépôts » (comptes bancaires), afin d’éviter que les stablecoins soient qualifiés juridiquement de dépôts (ce qui nécessiterait une assurance des dépôts par la FDIC). Dans DeFi, pour les stablecoins à rendement (par exemple, les gains via des accords de prêt ou l’extraction de liquidité), la qualification réglementaire reste pour l’instant incertaine : si ces mécanismes permettent aux détenteurs de stablecoins d’obtenir un rendement sous la forme même du stablecoin, cela pourrait relever des limites de conformité prévues par le GENIUS Act. Le CLARITY Act vise plus directement ces questions de frontière DeFi, mais le texte reste en cours de procédure législative.